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Photo Nom Prénom Age au décès Lieu de résidence Lieu de décès Date de décès Responsable présumé Circonstances de décès
serushyana v 26 Lyabizige Gisenyi Mahoko 10/12/1997 FPR

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Ndengeyimfura J 19 Rushubi Nyamyumba Nyamyumba/Butangi 07/01/1994

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Semarembo P 64 Nyamyumba/Butangi Nyamyumba/Butangi 07/01/1994

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BASESA Jean Damascene 43 kigali RUHENGERI-NKURI 02/08/1998 ABASIRIKARE B'INKOTANYI

Abasirikare b'inkotanyi bamwicanye n'abana be babili aribo UWAMAHORO Maurice na UWUMUGISHA Angelique.

BASESA Jean damascene yakoraga muri ELECTROGAZ ashinzwe haut travaux. kugeza ubu umuryango we uri aho gusa nta hepfo na ruguru. 

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GASANA Thaddée ?? Ruhengeri/Ville Ruhengeri/Ville 01/01/1970 Commander Cyiza, Didas Kayitare, Commander Kamiri, Commander Twahirwa Ludoviko alias Dodo .

Le 23/1/1991, il ya l'attaque de de Ruhengeri par des  militaires du FPR. "Une grande expédition militaire fut menée sur la ville de Ruhengeri (chef-lieu de la préfecture du même nom) par les unités suivantes : Lima Combined mobile Force, dirigée par le Commander Cyiza, Delta, commandée par Didas Kayitare,  Oscar, 17c mobile Force sous les ordres du Commander Kamiri.

Le commandant en chef de l'expédition était le Commander Twahirwa Ludoviko alias Dodo. Pourtant, la rumeur a attribué cette expédition à Kayitare qui s'est surnommé lntare batinya. Lunité Lima a bouclé toutes les voies de circulation donnant accès à la ville de Ruhengeri, Delta et Oscar ont attaqué le camp Muhoza, Nyamagumba  et la prison". (Abdul Ruzibiza, p.132).

 Plus d'une centaine de personnes furent tuées à cette occasion, dont :

- François BARENGAYABO : vice-président de la Cour d'Appel de RUHENGERI et ses trois fils qui ont été massacrés avec une trentaine d'autres personnes du quartier de NYAMAGUMBA dans la Ville de Ruhengeri.

- MUNYANEZA Jean Bosco : Substitut du Procureur Général près la Cour d'Appel de Ruhengeri avec et autres personnes qui étaient chez lui, tués après des tortures atroces.

- NTABALINGANIRA Léonard : Substitut du Procureur Général près la Cour d'Appel de Ruhengeri, tuée avec sa femme Bernadette Mukakimenyi et leurs enfants, dont un seul a survécu miraculeusement.

- GASANA Thaddée : Bourgmestre de la Commune Kinigi et Monsieur Elasto NTUYENABO, grand commerçant à Ruhengeri et à Kigali.

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NTUYENABO Elasto ?? Ruhengeri/Ville Ruhengeri/Ville 01/01/1970 Commander Cyiza, Didas Kayitare, Commander Kamiri, Commander Twahirwa Ludoviko alias Dodo .

Le 23/1/1991, il ya l'attaque de de Ruhengeri par des  militaires du FPR. "Une grande expédition militaire fut menée sur la ville de Ruhengeri (chef-lieu de la préfecture du même nom) par les unités suivantes : Lima Combined mobile Force, dirigée par le Commander Cyiza, Delta, commandée par Didas Kayitare,  Oscar, 17c mobile Force sous les ordres du Commander Kamiri.

Le commandant en chef de l'expédition était le Commander Twahirwa Ludoviko alias Dodo. Pourtant, la rumeur a attribué cette expédition à Kayitare qui s'est surnommé lntare batinya. Lunité Lima a bouclé toutes les voies de circulation donnant accès à la ville de Ruhengeri, Delta et Oscar ont attaqué le camp Muhoza, Nyamagumba  et la prison". (Abdul Ruzibiza, p.132).

 Plus d'une centaine de personnes furent tuées à cette occasion, dont :

- François BARENGAYABO : vice-président de la Cour d'Appel de RUHENGERI et ses trois fils qui ont été massacrés avec une trentaine d'autres personnes du quartier de NYAMAGUMBA dans la Ville de Ruhengeri.

- MUNYANEZA Jean Bosco : Substitut du Procureur Général près la Cour d'Appel de Ruhengeri avec et autres personnes qui étaient chez lui, tués après des tortures atroces.

- NTABALINGANIRA Léonard : Substitut du Procureur Général près la Cour d'Appel de Ruhengeri, tuée avec sa femme Bernadette Mukakimenyi et leurs enfants, dont un seul a survécu miraculeusement.

- GASANA Thaddée : Bourgmestre de la Commune Kinigi et Monsieur Elasto NTUYENABO, grand commerçant à Ruhengeri et à Kigali.

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NTABALINGANIRA Léonard ?? Rugengeri-Ville Ruhengeri/Ville 01/23/1991 Commander Cyiza, Didas Kayitare, Commander Kamiri, Commander Twahirwa Ludoviko alias Dodo .

Le 23/1/1991, il ya l'attaque de de Ruhengeri par des  militaires du FPR. "Une grande expédition militaire fut menée sur la ville de Ruhengeri (chef-lieu de la préfecture du même nom) par les unités suivantes : Lima Combined mobile Force, dirigée par le Commander Cyiza, Delta, commandée par Didas Kayitare,  Oscar, 17c mobile Force sous les ordres du Commander Kamiri.

Le commandant en chef de l'expédition était le Commander Twahirwa Ludoviko alias Dodo. Pourtant, la rumeur a attribué cette expédition à Kayitare qui s'est surnommé lntare batinya. Lunité Lima a bouclé toutes les voies de circulation donnant accès à la ville de Ruhengeri, Delta et Oscar ont attaqué le camp Muhoza, Nyamagumba  et la prison". (Abdul Ruzibiza, p.132).

 Plus d'une centaine de personnes furent tuées à cette occasion, dont :

- François BARENGAYABO : vice-président de la Cour d'Appel de RUHENGERI et ses trois fils qui ont été massacrés avec une trentaine d'autres personnes du quartier de NYAMAGUMBA dans la Ville de Ruhengeri.

- MUNYANEZA Jean Bosco : Substitut du Procureur Général près la Cour d'Appel de Ruhengeri avec et autres personnes qui étaient chez lui, tués après des tortures atroces.

- NTABALINGANIRA Léonard : Substitut du Procureur Général près la Cour d'Appel de Ruhengeri, tuée avec sa femme Bernadette Mukakimenyi et leurs enfants, dont un seul a survécu miraculeusement.

- GASANA Thaddée : Bourgmestre de la Commune Kinigi et Monsieur Elasto NTUYENABO, grand commerçant à Ruhengeri et à Kigali.

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MUNYANEZA Jean Bosco ?? Rugengeri-Ville Rhengeri/Ville 01/23/1991 Commander Cyiza, Didas Kayitare, Commander Kamiri, Commander Twahirwa Ludoviko alias Dodo .

Le 23/1/1991, il ya l'attaque de de Ruhengeri par des  militaires du FPR. "Une grande expédition militaire fut menée sur la ville de Ruhengeri (chef-lieu de la préfecture du même nom) par les unités suivantes : Lima Combined mobile Force, dirigée par le Commander Cyiza, Delta, commandée par Didas Kayitare,  Oscar, 17c mobile Force sous les ordres du Commander Kamiri.

Le commandant en chef de l'expédition était le Commander Twahirwa Ludoviko alias Dodo. Pourtant, la rumeur a attribué cette expédition à Kayitare qui s'est surnommé lntare batinya. Lunité Lima a bouclé toutes les voies de circulation donnant accès à la ville de Ruhengeri, Delta et Oscar ont attaqué le camp Muhoza, Nyamagumba  et la prison". (Abdul Ruzibiza, p.132).

 Plus d'une centaine de personnes furent tuées à cette occasion, dont :

- François BARENGAYABO : vice-président de la Cour d'Appel de RUHENGERI et ses trois fils qui ont été massacrés avec une trentaine d'autres personnes du quartier de NYAMAGUMBA dans la Ville de Ruhengeri.

- MUNYANEZA Jean Bosco : Substitut du Procureur Général près la Cour d'Appel de Ruhengeri avec et autres personnes qui étaient chez lui, tués après des tortures atroces.

- NTABALINGANIRA Léonard : Substitut du Procureur Général près la Cour d'Appel de Ruhengeri, tuée avec sa femme Bernadette Mukakimenyi et leurs enfants, dont un seul a survécu miraculeusement.

- GASANA Thaddée : Bourgmestre de la Commune Kinigi et Monsieur Elasto NTUYENABO, grand commerçant à Ruhengeri et à Kigali.

 

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BARENGAYABO François ?? Rugengeri-Ville Rhengeri/Ville 01/23/1991 Commander Cyiza, Didas Kayitare, Commander Kamiri, Commander Twahirwa Ludoviko alias Dodo .

Le 23/1/1991, il ya l'attaque de de Ruhengeri par des  militaires du FPR. "Une grande expédition militaire fut menée sur la ville de Ruhengeri (chef-lieu de la préfecture du même nom) par les unités suivantes : Lima Combined mobile Force, dirigée par le Commander Cyiza, Delta, commandée par Didas Kayitare,  Oscar, 17c mobile Force sous les ordres du Commander Kamiri.

Le commandant en chef de l'expédition était le Commander Twahirwa Ludoviko alias Dodo. Pourtant, la rumeur a attribué cette expédition à Kayitare qui s'est surnommé lntare batinya. Lunité Lima a bouclé toutes les voies de circulation donnant accès à la ville de Ruhengeri, Delta et Oscar ont attaqué le camp Muhoza, Nyamagumba  et la prison". (Abdul Ruzibiza, p.132).

 Plus d'une centaine de personnes furent tuées à cette occasion, dont :

- François BARENGAYABO : vice-président de la Cour d'Appel de RUHENGERI et ses trois fils qui ont été massacrés avec une trentaine d'autres personnes du quartier de NYAMAGUMBA dans la Ville de Ruhengeri.

- MUNYANEZA Jean Bosco : Substitut du Procureur Général près la Cour d'Appel de Ruhengeri avec et autres personnes qui étaient chez lui, tués après des tortures atroces.

- NTABALINGANIRA Léonard : Substitut du Procureur Général près la Cour d'Appel de Ruhengeri, tuée avec sa femme Bernadette Mukakimenyi et leurs enfants, dont un seul a survécu miraculeusement.

- GASANA Thaddée : Bourgmestre de la Commune Kinigi et Monsieur Elasto NTUYENABO, grand commerçant à Ruhengeri et à Kigali.

 

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KANAMUGIRE Innocent 37 Mushongi/Nyamugali/Ruhengeri Mushongi/Nyamugali/Ruhengeri 04/10/1994 Mukwiye Froduald, Munyemana Jean

En février 1993, les hommes du Front Patriotique Rwandais (FPR) ont  lancé une attaque de grande envergure. Alors qu’ils étaient cantonnés le long de la frontière rwando-ougandaise, ils ont progressé jusqu’à quelques 50 km de la capitale. 

Après des pourparlers entre le Gouvernement rwandais et le FPR, il fut convenu que chacun des belligérants retourne à sa position antérieure à l’attaque. La zone entre les deux armées sera appelée « Zone tampon » ou « Zone démilitarisée ». Aucun militaire ne devait y mettre pied. La population, qui avait fui en masse, fut ainsi invitée à retourner dans la zone. Pour contourner cette mesure, les combattants du FPR, qui voulaient garder le territoire conquis, se débarrassèrent des uniformes militaires et de leurs bottes en caoutchouc et endossèrent des habits en civils. Ils restent là mêlés à la population. Celle-ci est endoctrinée à longueur de journée par des cadres politiques du FPR. Le 06 avril 1994, l’avion du Président Habyarimana est descendu par un missile. Le FPR met en branle son armée et les « civils du FPR » restés dans la zone démilitarisée reprirent leurs uniformes et déterrèrent leurs fusils. La population de la zone tampon est systématiquement prise à partie, d’une façon sélective. Les parents ayant des enfants dans l’administration publique, dans l’armée furent les plus visés. 

Ainsi un beau matin de fin avril 1994, mon père reçut une visite des militaires du FPR. Ils le sommèrent d’inviter la population dans une réunion. Il appela le village. Les gens accoururent. Le chef de la bande de ces militaires mit mon père de côté. Il demanda à l’assistance que ceux qui ont des relations familiales avec lui s’approchent de lui. Toute la famille proche et éloignée s’exécuta. Mais dans la population, certains se dirent : « Ces militaires sont une connaissance du fils de Mbanzabugabo qui est haut placé à Kigali. C’est probablement qu’ils ont des colis alimentaires à distribuer à la famille ». Il est vrai que la famine faisait rage. Alors les plus courageux rejoignirent le groupe de mon père. Le commandant donna l’ordre et le groupe fut conduit à plus de 15km de chez moi, à un endroit appelé RUKERI. Ils y furent tous massacrés. Des témoignages que j’ai pus recueillir parlent d’au moins 80 personnes tuées à cette occasion.  

 D’autres crimes du FPR dans la région 

Le drame de cette région a été décrit par d’autres acteurs. Ainsi, l’Association « SOS Rwanda » basée en Belgique a recueilli des témoignages sur d’autres massacres dans la région. Ils sont attribués à Sam Kaka alias Kanyemera, un officier du FPR, aidé par un certain Mukwiye, un ressortissant de la région. Le modus operandi est le même : inviter la population dans une réunion et la massacrer. Voici le témoignage recueilli par SOS RWANDA-Burundi :  

"Chef d'Etat-major de l'Armée Patriotique Rwandaise (APR) de juillet 1994 à janvier 1998, Kanyemera participa à tous les assassinats qui ont eu lieu dans les préfectures de Byumba et de Ruhengeri sur les populations civiles. Le cas le plus connu est celui de la commune Cyungo dans la préfecture de Byumba. Le 06 avril 1994, le Colonel Kanyemera, qui était avec ses hommes dans la "zone démilitarisée " dans la Commune Cyungo-Byumba, mit au point un appât qui a bien fonctionné : la population de cette commune en proie à la famine parce que la guerre l'avait empêché de cultiver, avait grandement besoin d'une aide en nourriture. Les hommes de KAKA invitèrent tous les cadres de la commune à une réunion à Kimiryi. L'ordre du jour était de mettre sur pied le programme de distribution de la nourriture. Plus d'une vingtaine de personnes répondirent à l'appel. Elles furent tuées dans la salle dans laquelle elles s'étaient rassemblées. Le lendemain, avant que la nouvelle ne se répande, l'on invita tout jeune qui savait lire et écrire à une réunion ayant le même objet et l'on ajouta que les jeunes distributeurs seraient payés à l'heure. Comme c'était les vacances, tous les jeunes de la commune et même des communes environnantes se précipitèrent en masse. Ils furent tous tués sur ordre de SAM KAKA. Le jour suivant, les hommes de KAKA sillonnèrent la commune. Ils tuèrent toutes les familles qui avaient des enfants dans l'administration à Kigali et ailleurs. La même opération fut réalisée également dans les communes avoisinantes de Nyamugali et de Tumba. Il a été aidé dans cette sinistre tache par un certain MUKWIYE de Kinihira, Commune Cyungo et actuellement responsable des services de sécurité à Byumba".(http://www.grandslacs.net/doc/3123.pdf).

Parmi les victimes, il y a non seulement mon père Gervais Mbanzabugabo, mes frères Gakwisi, Félicien Gashongore et Innocent Kanamugire tué avec sa femme Marie Ntakontagize et leurs trois enfants de 4, 3 et 1 an ; mes oncles paternels Augustin Mutabaruka, Rwizihira et Karuranga.

Gaspard Musabyimana

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NTAKONTAGIZE Marie ?? Kabingo/Cyungo/Byumba Kabingo/Cyungo/Byumba 04/25/1994

Témoignage de NILINGIYIMANA Christophe du 31/4/2006

Le FPR-Inkotanyi avait formé 240 cadres "abakada" . Ce sont eux qui été utilisés pour tuer plus de 10.000 personnes dans l'ancinne sous-préfecture de Kinihira-Byumba entre 1993-1999. La formation paramilitaire de ces cadres a eu lieu à Musenda, ancienne commune de Cyumba et à Karama (Byumba).

Quelques noms des personnes tués par les Abakada du FPR (membres du Local Defence) dans l’ex secteur Kinihira depuis 1993 jusqu’en 1999.

1. La famille IYAMUREMYE Edouard qui a été Bourgmestre de la Commune Cyungo. Il a été tué avec sa famille et un groupe de plus de 10 personnes. 

2. La famille KAYIJUKA qui a lui aussi été Bourgmestre de la Commune Cyungo. Sa femme, ses enfants et ses petits enfants ont été massacrés chez eux dans le secteur Kimiryi. Le nombre des victimes s’élève à huit personnes  

3. La famille MUJIGITI Innocent qui a été lui aussi Bourgmestre de la commune Cyungo. Il a été tué après qu’il ait été trouvé dans l’usine à thé à Kinihira où il était allé se cacher auprès  des Casques Bleus de la MINUAR. Il a été tué avec plus d’une centaine de personnes quand les militaires du FPR venaient de chasser la MINUAR de ce cantonnement. 

4. La famille du Député NDAGURURA qui a lui aussi été Bourgmestre de la Commune Cyungo. Il a été tué avec sa famille en 1997. Il habitait dans le secteur Gitare de la Commune Cyungo. 

5. La famille GACAMUMAKUBA Nicodème qui a été Bourgmestre de la commune Tumba, emprisonné à Byumba. Sa femme, ses enfants et ses domestiques ont été tués en 1997. Les victimes oscillent autour de 12 personnes. 

6. La famille de NDANGARI Christophe qui a été Directeur de cabinet au Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Toute sa famille a été tuée par les membres du Local Defence en 1994. 

7. La famille du Colonel Bahufite qui était natif de la commune Cyungo. Les membres du Local Defence ont massacrés plus de 20 personnes de sa famille. 

8. La famille MbanzaBUGABO de la commune Nyamugali, entre les secteurs Gicuba et Mushongi en passant par Nyangoyi. Lui et plus de 20 personnes de sa famille ont été massacrées. 

9. La famille Kagango Antoine du secteur Gitandi (Cyungo). Lui et sa famille ont été assassinés chez lui à Kabuga (Cyungo). Il y a eu plus de 12 victimes. Ce massacre a eu lieu en 1995 et il a été commis par les membres de la Local Defence dont les noms suivent : MBONIGABA Alexandre, MUTABARUKA Augustin, BIREKERAHO Jean, GAKWISI et HAKUZIMANA fils NAKABONYE. 

10. La famille Gakwaya Evode, qui fut Conseiller du secteur Gitandi. Il a eu 50 victimes. 11. La famille du Comptable qui habitait au secteur Kimiryi tout près du Projet théicole Cyohoha-Rukeri à Kinihira. Le nombre des victimes s’élève à 30 personnes. 

12. L’abbé Cyiza qui était de nationalité burundaise et son collègue natif de la commune Tumba. Ils étaient des prêtres à la Paroisse Burehe, secteur Gitandi, Commune Cyungo. Les Local Defence les ont tués en 1994. 

13. Le nommé Wiliyamu Anatole de la cellule Mwana, secteur Kabingo (Cyungo). Il a été tué en 1994. 

14. Le nommé Rwanda Damien de la cellule Mwana, secteur Kabingo, commune Cyungo. Il a été tué en 1994. 

15. Gahembe de la cellule Kabera, secteur Bwimo (Cyungo). Il a été tué par le Local Defence du nom de Nsengumuremyi de la cellule Kabera, secteur Bwimo dans la commune Cyungo. 

16. Hagenimana qui était responsable de l’usine à thé. Il était de la cellule Nyakibande, secteur Kabingo, commune Cyungo. Il a été tué par les Local Defence en 1994. 

17. RUMERA Léondas et NYIRABASHIKAZI Marie-Anne de la cellule Bunahi, secteur Kinihira dans la commune Cyungo. Ils ont été tués par les Inkotanyi en 1993.  

18. BERNARD de la cellule Nyakibande, secteur Kabingo, commune Cyungo. Il a été tué en 1994. 

19. GAPERI de la cellule Nyakibande, secteur kabingo, commune Cyungo. Il été tué en 1993. 

20. La femme de SEMANYENZI de la cellule Gatorwa, secteur Kabingo, commune Cyungo. Elle a été tuée et ses enfants en 1994. 

21. KIGARYI de la cellule Kiyebe, secteur Karama, commune Cyungo. Il a été tué en 1997. 

22. François, qui était enseignant au CERAI de Kinihira. Il était de la cellule Bunahi, secteur Kinihira, Commune Cyungo. Il a été tué en 1997. 

23. SINDIBUZE Jean Baptiste, qui était enseignant à l’école primaire de Miyove, secteur Miyove. Sa femme s’appelle Gatako. Il a été tué en 1998. 

24. La famille du commerçant Anastase de la commune Tumba (Byumba). Sa femme a été tuée en 1996 quand l’autre était en prison à la Brigade de Kinihira. Il a été sommé d’aller chez lui pour y être tué. Il a refusé préférant être tué à la Brigade même. Finalement les Inkotanyi inventèrent un prétexte comme quoi il y a eu des tueries qui ont eu lieu dans sa maison d’habitation en 1994 ; il était en exil au Zaïre pour la période dans laquelle on situe cette accusation. 

25. GACAMUMPAKA qui était enseignant dans la cellule Mpinda, secteur Kimiryi, commune Cyungo. Il a été tué en 1994 après qu’il ait été soustrait des bâtiments de l’usine à thé de Kinihira.  

26. NTAKONTAGIZE Marie, fille de Muheto, cellule Burehe, secteur Kabingo, commune Cyungo.Elle a été tuée par les Local Defence dans la cellule Mwana, secteur Kabingo, Cyungo, dans un bois jouxtant chez Mvunabandi Joseph. Elle a été tuée avec son enfant sur le dos.  

27. RWENDEYE de la cellule Mukoro, secteur Mushongi, commune Nyamugali. Il a été tué en 1994 par les Local Defence dans la cellule Busubizo, Bwimo, commune Cyungo. 

28. MAHINGURA de la cellule Mwana, secteur Kabingo, commune Cyungo. Il a été tué par les Inkotanyi à Karengezi, secteur Kimiryi. Il a été tué avec plus de 1000 (mille) personnes en février 1993 dans l’attaque dite du 08.02.1993. 

29. NYIRAFARANGA de la cellule Gakubo, secteur Rukozo, commune Cyungo. Il a été tué en 1994 dans la cellule mwana, secteur kabingo, commune Cyungo. 

Le fief de HATANGIMANA ATHANASE 

Tous ceux qui devaient être tués devaient se présenter chez HATANGIMANA Athanase à Kimiryi, commune Cyungo. C’est lui qui donnait les ordres pour les massacres. Pour les secteurs Rukozo et Gitandi, les victimes étaient emmenées dans la maison d’un certain Nkezabera Damien. C’est là où a été tué Gakwaya Evode et sa famille. Une autre maison d’habitation qui servait d’abattoir des personnes est celle du commerçant Ryabaye dans le secteur Muvumo, commune Nyamugali (Ruhengeri). Les Locals Defence y ont tué plus de 5000 (cinq mille) personnes. 

La façon utilisée par les Local Defence pour tuer un grand nombre de personnes était de convoquer les gens et les regrouper dans les camps. Tous ceux qui retournaient dans leurs biens étaient concernés par ces camps dits « camps de formation ». Au cours de la formation, les Local Defence triaient leurs victimes et aller les tuer. 

Les camps étaient basés dans les endroits ci-après :

- Dans le marché de Kinyanda commune Tumba- Dans les écoles du CERAI Kinihira Commune Cyungo

- Dans les écoles primaires du Mutara, secteur Kabingo, commune Cyungo et partout ailleurs dans les locaux des écoles primaires de la région. 

Les personnes qui n’ont pas pu fuir ont été tuées chez eux. C’est notamment les vieilles, les vieillards et les enfants.

Bref, le nombre de personnes tuées par les Local Defence dans la région de Kinihira dépasse 10000 (dix mille) personnes.  

Les tueurs vivent encore. Ils restent dans leurs secteurs car ils ne peuvent aller dans la capitale car arrivés là, ceux qui les connaissent les pointent du doigt et ils s’en retournent à la campagne pour leur sécurité. Le Gouvernement  ne peut pas les emprisonner car ce sont les responsables militaires du FPR dans la région qui leur donnaient des ordres de tuer. 

(signé)

NILINGIYIMANA Christophe
Klarinettgattan 23
87161 HARNOSAND - SUEDE.
tel. 00 46 0611 51 18 14 (domicile)
      00 460737363215 (mobile)
e-mail: chrisniringiye@yahoo.fr

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SINDIBUZE Jean-Baptiste 39 Miyove/Cyungo/Byumba Miyove/Cyungo/Byumba 07/22/1998 Mukwiye Froduald, Munyemana Jean

Témoignage de NILINGIYIMANA Christophe du 31/4/2006

Le FPR-Inkotanyi avait formé 240 cadres "abakada" . Ce sont eux qui été utilisés pour tuer plus de 10.000 personnes dans l'ancinne sous-préfecture de Kinihira-Byumba entre 1993-1999. La formation paramilitaire de ces cadres a eu lieu à Musenda, ancienne commune de Cyumba et à Karama (Byumba).

Quelques noms des personnes tués par les Abakada du FPR (membres du Local Defence) dans l’ex secteur Kinihira depuis 1993 jusqu’en 1999.

1. La famille IYAMUREMYE Edouard qui a été Bourgmestre de la Commune Cyungo. Il a été tué avec sa famille et un groupe de plus de 10 personnes. 

2. La famille KAYIJUKA qui a lui aussi été Bourgmestre de la Commune Cyungo. Sa femme, ses enfants et ses petits enfants ont été massacrés chez eux dans le secteur Kimiryi. Le nombre des victimes s’élève à huit personnes  

3. La famille MUJIGITI Innocent qui a été lui aussi Bourgmestre de la commune Cyungo. Il a été tué après qu’il ait été trouvé dans l’usine à thé à Kinihira où il était allé se cacher auprès  des Casques Bleus de la MINUAR. Il a été tué avec plus d’une centaine de personnes quand les militaires du FPR venaient de chasser la MINUAR de ce cantonnement. 

4. La famille du Député NDAGURURA qui a lui aussi été Bourgmestre de la Commune Cyungo. Il a été tué avec sa famille en 1997. Il habitait dans le secteur Gitare de la Commune Cyungo. 

5. La famille GACAMUMAKUBA Nicodème qui a été Bourgmestre de la commune Tumba, emprisonné à Byumba. Sa femme, ses enfants et ses domestiques ont été tués en 1997. Les victimes oscillent autour de 12 personnes. 

6. La famille de NDANGARI Christophe qui a été Directeur de cabinet au Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Toute sa famille a été tuée par les membres du Local Defence en 1994. 

7. La famille du Colonel Bahufite qui était natif de la commune Cyungo. Les membres du Local Defence ont massacrés plus de 20 personnes de sa famille. 

8. La famille MbanzaBUGABO de la commune Nyamugali, entre les secteurs Gicuba et Mushongi en passant par Nyangoyi. Lui et plus de 20 personnes de sa famille ont été massacrées. 

9. La famille Kagango Antoine du secteur Gitandi (Cyungo). Lui et sa famille ont été assassinés chez lui à Kabuga (Cyungo). Il y a eu plus de 12 victimes. Ce massacre a eu lieu en 1995 et il a été commis par les membres de la Local Defence dont les noms suivent : MBONIGABA Alexandre, MUTABARUKA Augustin, BIREKERAHO Jean, GAKWISI et HAKUZIMANA fils NAKABONYE. 

10. La famille Gakwaya Evode, qui fut Conseiller du secteur Gitandi. Il a eu 50 victimes. 11. La famille du Comptable qui habitait au secteur Kimiryi tout près du Projet théicole Cyohoha-Rukeri à Kinihira. Le nombre des victimes s’élève à 30 personnes. 

12. L’abbé Cyiza qui était de nationalité burundaise et son collègue natif de la commune Tumba. Ils étaient des prêtres à la Paroisse Burehe, secteur Gitandi, Commune Cyungo. Les Local Defence les ont tués en 1994. 

13. Le nommé Wiliyamu Anatole de la cellule Mwana, secteur Kabingo (Cyungo). Il a été tué en 1994. 

14. Le nommé Rwanda Damien de la cellule Mwana, secteur Kabingo, commune Cyungo. Il a été tué en 1994. 

15. Gahembe de la cellule Kabera, secteur Bwimo (Cyungo). Il a été tué par le Local Defence du nom de Nsengumuremyi de la cellule Kabera, secteur Bwimo dans la commune Cyungo. 

16. Hagenimana qui était responsable de l’usine à thé. Il était de la cellule Nyakibande, secteur Kabingo, commune Cyungo. Il a été tué par les Local Defence en 1994. 

17. RUMERA Léondas et NYIRABASHIKAZI Marie-Anne de la cellule Bunahi, secteur Kinihira dans la commune Cyungo. Ils ont été tués par les Inkotanyi en 1993.  

18. BERNARD de la cellule Nyakibande, secteur Kabingo, commune Cyungo. Il a été tué en 1994. 

19. GAPERI de la cellule Nyakibande, secteur kabingo, commune Cyungo. Il été tué en 1993. 

20. La femme de SEMANYENZI de la cellule Gatorwa, secteur Kabingo, commune Cyungo. Elle a été tuée et ses enfants en 1994. 

21. KIGARYI de la cellule Kiyebe, secteur Karama, commune Cyungo. Il a été tué en 1997. 

22. François, qui était enseignant au CERAI de Kinihira. Il était de la cellule Bunahi, secteur Kinihira, Commune Cyungo. Il a été tué en 1997. 

23. SINDIBUZE Jean Baptiste, qui était enseignant à l’école primaire de Miyove, secteur Miyove. Sa femme s’appelle Gatako. Il a été tué en 1998. 

24. La famille du commerçant Anastase de la commune Tumba (Byumba). Sa femme a été tuée en 1996 quand l’autre était en prison à la Brigade de Kinihira. Il a été sommé d’aller chez lui pour y être tué. Il a refusé préférant être tué à la Brigade même. Finalement les Inkotanyi inventèrent un prétexte comme quoi il y a eu des tueries qui ont eu lieu dans sa maison d’habitation en 1994 ; il était en exil au Zaïre pour la période dans laquelle on situe cette accusation. 

25. GACAMUMPAKA qui était enseignant dans la cellule Mpinda, secteur Kimiryi, commune Cyungo. Il a été tué en 1994 après qu’il ait été soustrait des bâtiments de l’usine à thé de Kinihira.  

26. NTAKONTAGIZE Marie, fille de Muheto, cellule Burehe, secteur Kabingo, commune Cyungo.Elle a été tuée par les Local Defence dans la cellule Mwana, secteur Kabingo, Cyungo, dans un bois jouxtant chez Mvunabandi Joseph. Elle a été tuée avec son enfant sur le dos.  

27. RWENDEYE de la cellule Mukoro, secteur Mushongi, commune Nyamugali. Il a été tué en 1994 par les Local Defence dans la cellule Busubizo, Bwimo, commune Cyungo. 

28. MAHINGURA de la cellule Mwana, secteur Kabingo, commune Cyungo. Il a été tué par les Inkotanyi à Karengezi, secteur Kimiryi. Il a été tué avec plus de 1000 (mille) personnes en février 1993 dans l’attaque dite du 08.02.1993. 

29. NYIRAFARANGA de la cellule Gakubo, secteur Rukozo, commune Cyungo. Il a été tué en 1994 dans la cellule mwana, secteur kabingo, commune Cyungo. 

Le fief de HATANGIMANA ATHANASE 

Tous ceux qui devaient être tués devaient se présenter chez HATANGIMANA Athanase à Kimiryi, commune Cyungo. C’est lui qui donnait les ordres pour les massacres. Pour les secteurs Rukozo et Gitandi, les victimes étaient emmenées dans la maison d’un certain Nkezabera Damien. C’est là où a été tué Gakwaya Evode et sa famille. Une autre maison d’habitation qui servait d’abattoir des personnes est celle du commerçant Ryabaye dans le secteur Muvumo, commune Nyamugali (Ruhengeri). Les Locals Defence y ont tué plus de 5000 (cinq mille) personnes. 

La façon utilisée par les Local Defence pour tuer un grand nombre de personnes était de convoquer les gens et les regrouper dans les camps. Tous ceux qui retournaient dans leurs biens étaient concernés par ces camps dits « camps de formation ». Au cours de la formation, les Local Defence triaient leurs victimes et aller les tuer. 

Les camps étaient basés dans les endroits ci-après :

- Dans le marché de Kinyanda commune Tumba- Dans les écoles du CERAI Kinihira Commune Cyungo

- Dans les écoles primaires du Mutara, secteur Kabingo, commune Cyungo et partout ailleurs dans les locaux des écoles primaires de la région. 

Les personnes qui n’ont pas pu fuir ont été tuées chez eux. C’est notamment les vieilles, les vieillards et les enfants.

Bref, le nombre de personnes tuées par les Local Defence dans la région de Kinihira dépasse 10000 (dix mille) personnes.  

Les tueurs vivent encore. Ils restent dans leurs secteurs car ils ne peuvent aller dans la capitale car arrivés là, ceux qui les connaissent les pointent du doigt et ils s’en retournent à la campagne pour leur sécurité. Le Gouvernement  ne peut pas les emprisonner car ce sont les responsables militaires du FPR dans la région qui leur donnaient des ordres de tuer. 

(signé)

NILINGIYIMANA Christophe
Klarinettgattan 23
87161 HARNOSAND - SUEDE.
tel. 00 46 0611 51 18 14 (domicile)
      00 460737363215 (mobile)
e-mail: chrisniringiye@yahoo.fr

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KAGANGO Antoine ?? Rukozo/Cyungo/Byumba Rukozo/Cyungo/Byumba 01/01/1970 Mukwiye Froduald, Munyemana Jean

En avril 1994, le Front Patriotique Rwandais a tué de nombreux Rwandais de l’ancienne Commune de Cyungo en plus de ceux de ma famille.

Il s’agit de :

Iyamuremye Edouard, sa femme Nyirakanyana Béline, tous deux enseignants  et plusieurs de leurs enfants. Le plus petit d’entre eux se prénommait Philibert. Celui-ci se trouvait auparavant en Commune Nyamugari, aux alentours des plantations théicoles de Cyohoha-Rukeri où il y avait un camp de déplacés logés dans une école primaire.

Ndangali Christophe a alors pris Philibert chez lui à Kigali. Plus tard, sous prétexte que les zones occupées par le FPR étaient sécurisées, sa famille est venue le récupérer. C’était pour être tué avec ses parents, ses frères et ses sœurs. Deux garçons ont survécu car l’un se trouvait à Kigali tandis que l’autre était en URSS.

Iyamuremye, qui avait un certain moment été nommé Bourgmestre de Cyungo sous le régime de Habyarimana Juvénal et sa famille habitaient à Miyove dans l’ancienne commune de Cyungo.

Leurs tueurs présumés seraient Mukwiye Froduald et Munyemana Jean. Celui-ci a même confisqué leur voiture.

Le nommé Kagango Antoine, fils de Teteri ainsi que sa femme originaire de Gikongoro et leurs enfants ont eux aussi été tués en avril 1994. Une fillette de Bizimungu Michel (Directeur des Ecoles primaires),  qui avait passé la nuit dans cette famille a elle aussi été tuée.

Le nommé Habimana de Gitandi, Cyprien Rwamakuba et plusieurs autres citoyens ont été liquidés par les éléments du FPR sous la haute supervision présumée de Munyenmana Jean et Mukwiye Froduald.

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IYAMUREMYE Edouard ?? Miyove/Cyungo/Byumba Miyove/Cyungo/Byumba 04/25/1994 Mukwiye Froduald, Munyemana Jean

En avril 1994, le Front Patriotique Rwandais a tué de nombreux Rwandais de l’ancienne Commune de Cyungo en plus de ceux de ma famille.

Il s’agit de :

Iyamuremye Edouard, sa femme Nyirakanyana Béline, tous deux enseignants  et plusieurs de leurs enfants. Le plus petit d’entre eux se prénommait Philibert. Celui-ci se trouvait auparavant en Commune Nyamugari, aux alentours des plantations théicoles de Cyohoha-Rukeri où il y avait un camp de déplacés logés dans une école primaire.

Ndangali Christophe a alors pris Philibert chez lui à Kigali. Plus tard, sous prétexte que les zones occupées par le FPR étaient sécurisées, sa famille est venue le récupérer. C’était pour être tué avec ses parents, ses frères et ses sœurs. Deux garçons ont survécu car l’un se trouvait à Kigali tandis que l’autre était en URSS.

Iyamuremye, qui avait un certain moment été nommé Bourgmestre de Cyungo sous le régime de Habyarimana Juvénal et sa famille habitaient à Miyove dans l’ancienne commune de Cyungo.

Leurs tueurs présumés seraient Mukwiye Froduald et Munyemana Jean. Celui-ci a même confisqué leur voiture.

Le nommé Kagango Antoine, fils de Teteri ainsi que sa femme originaire de Gikongoro et leurs enfants ont eux aussi été tués en avril 1994. Une fillette de Bizimungu Michel (Directeur des Ecoles primaires),  qui avait passé la nuit dans cette famille a elle aussi été tuée.

Le nommé Habimana de Gitandi, Cyprien Rwamakuba et plusieurs autres citoyens ont été liquidés par les éléments du FPR sous la haute supervision présumée de Munyenmana Jean et Mukwiye Froduald.

 

Témoignage de NILINGIYIMANA Christophe du 31/4/2006

Le FPR-Inkotanyi avait formé 240 cadres "abakada" . Ce sont eux qui été utilisés pour tuer plus de 10.000 personnes dans l'ancinne sous-préfecture de Kinihira-Byumba entre 1993-1999. La formation paramilitaire de ces cadres a eu lieu à Musenda, ancienne commune de Cyumba et à Karama (Byumba).

Quelques noms des personnes tués par les Abakada du FPR (membres du Local Defence) dans l’ex secteur Kinihira depuis 1993 jusqu’en 1999.

1. La famille IYAMUREMYE Edouard qui a été Bourgmestre de la Commune Cyungo. Il a été tué avec sa famille et un groupe de plus de 10 personnes. 

2. La famille KAYIJUKA qui a lui aussi été Bourgmestre de la Commune Cyungo. Sa femme, ses enfants et ses petits enfants ont été massacrés chez eux dans le secteur Kimiryi. Le nombre des victimes s’élève à huit personnes  

3. La famille MUJIGITI Innocent qui a été lui aussi Bourgmestre de la commune Cyungo. Il a été tué après qu’il ait été trouvé dans l’usine à thé à Kinihira où il était allé se cacher auprès  des Casques Bleus de la MINUAR. Il a été tué avec plus d’une centaine de personnes quand les militaires du FPR venaient de chasser la MINUAR de ce cantonnement. 

4. La famille du Député NDAGURURA qui a lui aussi été Bourgmestre de la Commune Cyungo. Il a été tué avec sa famille en 1997. Il habitait dans le secteur Gitare de la Commune Cyungo. 

5. La famille GACAMUMAKUBA Nicodème qui a été Bourgmestre de la commune Tumba, emprisonné à Byumba. Sa femme, ses enfants et ses domestiques ont été tués en 1997. Les victimes oscillent autour de 12 personnes. 

6. La famille de NDANGARI Christophe qui a été Directeur de cabinet au Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Toute sa famille a été tuée par les membres du Local Defence en 1994. 

7. La famille du Colonel Bahufite qui était natif de la commune Cyungo. Les membres du Local Defence ont massacrés plus de 20 personnes de sa famille. 

8. La famille MbanzaBUGABO de la commune Nyamugali, entre les secteurs Gicuba et Mushongi en passant par Nyangoyi. Lui et plus de 20 personnes de sa famille ont été massacrées. 

9. La famille Kagango Antoine du secteur Gitandi (Cyungo). Lui et sa famille ont été assassinés chez lui à Kabuga (Cyungo). Il y a eu plus de 12 victimes. Ce massacre a eu lieu en 1995 et il a été commis par les membres de la Local Defence dont les noms suivent : MBONIGABA Alexandre, MUTABARUKA Augustin, BIREKERAHO Jean, GAKWISI et HAKUZIMANA fils NAKABONYE. 

10. La famille Gakwaya Evode, qui fut Conseiller du secteur Gitandi. Il a eu 50 victimes. 11. La famille du Comptable qui habitait au secteur Kimiryi tout près du Projet théicole Cyohoha-Rukeri à Kinihira. Le nombre des victimes s’élève à 30 personnes. 

12. L’abbé Cyiza qui était de nationalité burundaise et son collègue natif de la commune Tumba. Ils étaient des prêtres à la Paroisse Burehe, secteur Gitandi, Commune Cyungo. Les Local Defence les ont tués en 1994. 

13. Le nommé Wiliyamu Anatole de la cellule Mwana, secteur Kabingo (Cyungo). Il a été tué en 1994. 

14. Le nommé Rwanda Damien de la cellule Mwana, secteur Kabingo, commune Cyungo. Il a été tué en 1994. 

15. Gahembe de la cellule Kabera, secteur Bwimo (Cyungo). Il a été tué par le Local Defence du nom de Nsengumuremyi de la cellule Kabera, secteur Bwimo dans la commune Cyungo. 

16. Hagenimana qui était responsable de l’usine à thé. Il était de la cellule Nyakibande, secteur Kabingo, commune Cyungo. Il a été tué par les Local Defence en 1994. 

17. RUMERA Léondas et NYIRABASHIKAZI Marie-Anne de la cellule Bunahi, secteur Kinihira dans la commune Cyungo. Ils ont été tués par les Inkotanyi en 1993.  

18. BERNARD de la cellule Nyakibande, secteur Kabingo, commune Cyungo. Il a été tué en 1994. 

19. GAPERI de la cellule Nyakibande, secteur kabingo, commune Cyungo. Il été tué en 1993. 

20. La femme de SEMANYENZI de la cellule Gatorwa, secteur Kabingo, commune Cyungo. Elle a été tuée et ses enfants en 1994. 

21. KIGARYI de la cellule Kiyebe, secteur Karama, commune Cyungo. Il a été tué en 1997. 

22. François, qui était enseignant au CERAI de Kinihira. Il était de la cellule Bunahi, secteur Kinihira, Commune Cyungo. Il a été tué en 1997. 

23. SINDIBUZE Jean Baptiste, qui était enseignant à l’école primaire de Miyove, secteur Miyove. Sa femme s’appelle Gatako. Il a été tué en 1988. 

24. La famille du commerçant Anastase de la commune Tumba (Byumba). Sa femme a été tuée en 1996 quand l’autre était en prison à la Brigade de Kinihira. Il a été sommé d’aller chez lui pour y être tué. Il a refusé préférant être tué à la Brigade même. Finalement les Inkotanyi inventèrent un prétexte comme quoi il y a eu des tueries qui ont eu lieu dans sa maison d’habitation en 1994 ; il était en exil au Zaïre pour la période dans laquelle on situe cette accusation. 

25. GACAMUMPAKA qui était enseignant dans la cellule Mpinda, secteur Kimiryi, commune Cyungo. Il a été tué en 1994 après qu’il ait été soustrait des bâtiments de l’usine à thé de Kinihira.  

26. NTAKONTAGIZE Marie, fille de Muheto, cellule Burehe, secteur Kabingo, commune Cyungo.Elle a été tuée par les Local Defence dans la cellule Mwana, secteur Kabingo, Cyungo, dans un bois jouxtant chez Mvunabandi Joseph. Elle a été tuée avec son enfant sur le dos.  

27. RWENDEYE de la cellule Mukoro, secteur Mushongi, commune Nyamugali. Il a été tué en 1994 par les Local Defence dans la cellule Busubizo, Bwimo, commune Cyungo. 

28. MAHINGURA de la cellule Mwana, secteur Kabingo, commune Cyungo. Il a été tué par les Inkotanyi à Karengezi, secteur Kimiryi. Il a été tué avec plus de 1000 (mille) personnes en février 1993 dans l’attaque dite du 08.02.1993. 

29. NYIRAFARANGA de la cellule Gakubo, secteur Rukozo, commune Cyungo. Il a été tué en 1994 dans la cellule mwana, secteur kabingo, commune Cyungo. 

Le fief de HATANGIMANA ATHANASE 

Tous ceux qui devaient être tués devaient se présenter chez HATANGIMANA Athanase à Kimiryi, commune Cyungo. C’est lui qui donnait les ordres pour les massacres. Pour les secteurs Rukozo et Gitandi, les victimes étaient emmenées dans la maison d’un certain Nkezabera Damien. C’est là où a été tué Gakwaya Evode et sa famille. Une autre maison d’habitation qui servait d’abattoir des personnes est celle du commerçant Ryabaye dans le secteur Muvumo, commune Nyamugali (Ruhengeri). Les Locals Defence y ont tué plus de 5000 (cinq mille) personnes. 

La façon utilisée par les Local Defence pour tuer un grand nombre de personnes était de convoquer les gens et les regrouper dans les camps. Tous ceux qui retournaient dans leurs biens étaient concernés par ces camps dits « camps de formation ». Au cours de la formation, les Local Defence triaient leurs victimes et aller les tuer. 

Les camps étaient basés dans les endroits ci-après :

- Dans le marché de Kinyanda commune Tumba- Dans les écoles du CERAI Kinihira Commune Cyungo

- Dans les écoles primaires du Mutara, secteur Kabingo, commune Cyungo et partout ailleurs dans les locaux des écoles primaires de la région. 

Les personnes qui n’ont pas pu fuir ont été tuées chez eux. C’est notamment les vieilles, les vieillards et les enfants.

Bref, le nombre de personnes tuées par les Local Defence dans la région de Kinihira dépasse 10000 (dix mille) personnes.  

Les tueurs vivent encore. Ils restent dans leurs secteurs car ils ne peuvent aller dans la capitale car arrivés là, ceux qui les connaissent les pointent du doigt et ils s’en retournent à la campagne pour leur sécurité. Le Gouvernement  ne peut pas les emprisonner car ce sont les responsables militaires du FPR dans la région qui leur donnaient des ordres de tuer. 

(signé)

NILINGIYIMANA Christophe
Klarinettgattan 23
87161 HARNOSAND - SUEDE.
tel. 00 46 0611 51 18 14 (domicile)
      00 460737363215 (mobile)
e-mail: chrisniringiye@yahoo.fr

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ICYIMPAYE Josiane ?? Muramba/Gisenyi/Rubavu Muramba/Gisenyi/Rubavu 04/27/1997 lieutenant John CASSIUS, sergent Camille ZUBA, capitaine Eugène Rukundo, capitaine Christopher Rwibogora, capitaine Steven Rukara

Dans la nuit du 27 au 28 Avril 1997 vers 1 heure du matin, 22 personnes ont été assassiné à MURAMBA, commune Satinskyi, préfecture de Gisenyi dans le nord-ouest du Rwanda. Parmi les victimes figurent  dix-sept élèves, leur directrice et quatre autres personnes. 

Il s’agit précisément de:

  1. Mlle Griet BOSMANS, Directrice belge de l’Ecole Normale Primaire (ENP) de Muramba, religieuse des Auxiliaires de l’Apostolat.
  2. MUKAGATARE Liberata, originaire de la commune MUSAMBIRA (Gitarama)
  3. KANTENGWA Marie Rose, originaire de la commune RUTOBWE (Gitarama)
  4. MUHORAKEYE Hilarie, originaire de la commune RUTOBWE (Gitarama)
  5. MUKAKARANGWA Béata, originaire de la commune NYAKABANDA (Gitarama)
  6. KAWERA Marie Josée, originaire de la Commune NYAKABANDA (Gitarama
  7. MUKAKAMALI Marie Goretti, originaire de la commune NYAKABANDA (Gitarama)
  8. MUGIRANEZA Grâce, originaire de la commune KAYENZI (Gitarama)
  9. KANKWANZI Primitive, originaire de la commune TABA (Gitarama)
  10. MUKAMAZIMPAKA Ingabire, originaire de la commune GICIYE (Gisenyi)
  11. NYIRANSABIMANA Angèle, de la commune RAMBA (Gisenyi)
  12. MUKANDEGE Philomène, de la commune SATINSKYI (Gisenyi)
  13. NIRERE Germaine, originaire de la commune SATINSKYI (Gisenyi)
  14. ICYIMPAYE Josiane, originaire de la commune KICUKIRO (Kigali-Ville)
  15. MUKAWERA Jeannette, originaire de la commune RUBUNGO (Kigali-rural)
  16. KAMPIRE Monique, originaire de la commune NYAKIZU (Butare)
  17. MUKANKAKA Valentine, originaire de la commune KAMEMBE (Cyangugu)
  18. TWAGIRAMALIYA Epiphanie, élève à l’Ecole primaire, qui vivait avec les soeurs.
  19. MURORUNKWERE, épouse d’un militaire qui logeait la nuit à l’Ecole de Muramba
  20. UWICYEZA Béata, épouse du Conseiller de Secteur MATYAZO qui logeait à l’Ecole
  21. NZABALINDA Félicien, petit frère du Conseiller de Secteur RUCANO
  22. LYIVUZE, un petit boutiquier, chantre de la Paroisse Muramba, qui logeait à l’Ecole.

            Les quatre (4) derniers ont été tués dans un même bâtiment où les Conseillers des secteurs RUCANO, MATYAZO, MUNINI et GITWA avaient pris des logements à l’intérieur de l’Ecole. En effet, suite à l’insécurité généralisée, suivie d’une répression militaire aveugle, qui frappait cette région depuis juin 1996, ces autorités locales hutus avaient fui leurs résidences habituelles. Des veuves essentiellement hutu avec leurs filles venaient dormir chaque soir à l’Ecole, pour éviter de se “faire violer” par les soldats de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) qui campent très nombreux dans cette région, et où ils mènent une chasse impitoyable à des “infiltrés hutu” selon les autorités rwandaises. Ce bâtiment, qui leur servait de logement, a été attaqué après le massacre des filles et de leur Directrice de l’Ecole.

Voici comment les faits se seraient déroulés selon la version des autorités rwandaises:

Une bande de personnes armées de fusils s’est introduite dans l’Ecole secondaire d’Economie et de Commerce sise à TETERO après avoir fait une brèche dans la clôture près des dortoirs des élèves. Cette bande se serait divisée en trois (3) groupes:

  • Le premier groupe aurait attaqué la position militaire tenue par un détachement de l’APR chargé de la sécurité de l’Ecole.
  • Le second groupe a attaqué et tué directement les élèves au dortoir de l’Ecole Normale Primaire sise à RABA (la colline de Raba est située à 800 mètres environ en face de l’Ecole des filles de Tetero).
  • Le troisième groupe a pris et obligé la Soeur Directrice de l’Ecole de TETERO d’aller leur montrer où logeait Mlle Griet BOSMANS, Directrice de l’Ecole voisine (Ecole Normale Primaire de RABA). 

Cette dernière a été tuée après avoir donné aux tueurs tout l’argent qu’elle avait, tandis que l’autre Directrice a été relâchée et fut retrouvée le lendemain. Jusqu’au 29 avril 1997, cette Directrice qu’on appellait Soeur Marie (de la congrégation des soeurs Benebikira) était encore incapable de raconter ce qui s’était passé.

Voici le témoignage d’un ancien membre du Network Commando du FPR, le Lieutenant Abdul RUZIBIZA: 

D’après le témoignage du Lt Abdul RUZIBIZA qui raconte à la page 403 de son livre « Rwanda, l’histoire secrète » (Edit. Panama à Paris octobre 2005), l’assassinat de Mlle Griet BOSMANS par l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) est décrit dans ces termes : 

« La nuit du 27 au 28 avril 1997, Mme Griet Bosmans, originaire de la Belgique et alors directrice de l’école secondaire de Muramba dans la commune de Satinsyi, a péri avec 17 de ses élèves et 4 autres personnes sous les balles des militaires du 9è bataillon qui avaient été envoyés par le lieutenant John CASSIUS et étaient dirigés par le sergent Camille ZUBA, en compagnie de 15 soldats du peloton spécial qui était affecté à la sous-préfecture de Ngororero. Il y avait là deux compagnies du 9è bataillon, l’une était dirigée par le capitaine Eugène Rukundo et l’autre par le capitaine Christopher Rwibogora. Entre les deux compagnies, il y avait une distance de deux minutes à pied. Il y avait également une troisième compagnie non loin de là, celle du capitaine Steven Rukara. Aucun de ces militaires n’a bougé pour secourir la directrice et le groupe qui l’accompagnait. La DMI soupçonnait Griet Bosmans de livrer des informations sur les atrocités de l’APR au ministre de l’Intérieur, Seth SENDASHONGA. En outre, la DMI croyait qu’elle mettait des mouvements d’action catholique au courant de ce qui se passait au Rwanda. C’est pourquoi elle a été tuée ».

Les assassins de ces élèves n’ont jamais été poursuivis. Par contre, certains d’entre eux ont été promus à des grades supérieurs dans l’Armée Patriotique Rwandaise (source : www.ciir.org).

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KAMPIRE Monique ?? Muramba/Gisenyi/Rubavu Muramba/Gisenyi/Rubavu 04/27/1997 lieutenant John CASSIUS, sergent Camille ZUBA, capitaine Eugène Rukundo, capitaine Christopher Rwibogora, capitaine Steven Rukara

Dans la nuit du 27 au 28 Avril 1997 vers 1 heure du matin, 22 personnes ont été assassiné à MURAMBA, commune Satinskyi, préfecture de Gisenyi dans le nord-ouest du Rwanda. Parmi les victimes figurent  dix-sept élèves, leur directrice et quatre autres personnes. 

Il s’agit précisément de:

  1. Mlle Griet BOSMANS, Directrice belge de l’Ecole Normale Primaire (ENP) de Muramba, religieuse des Auxiliaires de l’Apostolat.
  2. MUKAGATARE Liberata, originaire de la commune MUSAMBIRA (Gitarama)
  3. KANTENGWA Marie Rose, originaire de la commune RUTOBWE (Gitarama)
  4. MUHORAKEYE Hilarie, originaire de la commune RUTOBWE (Gitarama)
  5. MUKAKARANGWA Béata, originaire de la commune NYAKABANDA (Gitarama)
  6. KAWERA Marie Josée, originaire de la Commune NYAKABANDA (Gitarama
  7. MUKAKAMALI Marie Goretti, originaire de la commune NYAKABANDA (Gitarama)
  8. MUGIRANEZA Grâce, originaire de la commune KAYENZI (Gitarama)
  9. KANKWANZI Primitive, originaire de la commune TABA (Gitarama)
  10. MUKAMAZIMPAKA Ingabire, originaire de la commune GICIYE (Gisenyi)
  11. NYIRANSABIMANA Angèle, de la commune RAMBA (Gisenyi)
  12. MUKANDEGE Philomène, de la commune SATINSKYI (Gisenyi)
  13. NIRERE Germaine, originaire de la commune SATINSKYI (Gisenyi)
  14. ICYIMPAYE Josiane, originaire de la commune KICUKIRO (Kigali-Ville)
  15. MUKAWERA Jeannette, originaire de la commune RUBUNGO (Kigali-rural)
  16. KAMPIRE Monique, originaire de la commune NYAKIZU (Butare)
  17. MUKANKAKA Valentine, originaire de la commune KAMEMBE (Cyangugu)
  18. TWAGIRAMALIYA Epiphanie, élève à l’Ecole primaire, qui vivait avec les soeurs.
  19. MURORUNKWERE, épouse d’un militaire qui logeait la nuit à l’Ecole de Muramba
  20. UWICYEZA Béata, épouse du Conseiller de Secteur MATYAZO qui logeait à l’Ecole
  21. NZABALINDA Félicien, petit frère du Conseiller de Secteur RUCANO
  22. LYIVUZE, un petit boutiquier, chantre de la Paroisse Muramba, qui logeait à l’Ecole.

            Les quatre (4) derniers ont été tués dans un même bâtiment où les Conseillers des secteurs RUCANO, MATYAZO, MUNINI et GITWA avaient pris des logements à l’intérieur de l’Ecole. En effet, suite à l’insécurité généralisée, suivie d’une répression militaire aveugle, qui frappait cette région depuis juin 1996, ces autorités locales hutus avaient fui leurs résidences habituelles. Des veuves essentiellement hutu avec leurs filles venaient dormir chaque soir à l’Ecole, pour éviter de se “faire violer” par les soldats de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) qui campent très nombreux dans cette région, et où ils mènent une chasse impitoyable à des “infiltrés hutu” selon les autorités rwandaises. Ce bâtiment, qui leur servait de logement, a été attaqué après le massacre des filles et de leur Directrice de l’Ecole.

Voici comment les faits se seraient déroulés selon la version des autorités rwandaises:

Une bande de personnes armées de fusils s’est introduite dans l’Ecole secondaire d’Economie et de Commerce sise à TETERO après avoir fait une brèche dans la clôture près des dortoirs des élèves. Cette bande se serait divisée en trois (3) groupes:

  • Le premier groupe aurait attaqué la position militaire tenue par un détachement de l’APR chargé de la sécurité de l’Ecole.
  • Le second groupe a attaqué et tué directement les élèves au dortoir de l’Ecole Normale Primaire sise à RABA (la colline de Raba est située à 800 mètres environ en face de l’Ecole des filles de Tetero).
  • Le troisième groupe a pris et obligé la Soeur Directrice de l’Ecole de TETERO d’aller leur montrer où logeait Mlle Griet BOSMANS, Directrice de l’Ecole voisine (Ecole Normale Primaire de RABA). 

Cette dernière a été tuée après avoir donné aux tueurs tout l’argent qu’elle avait, tandis que l’autre Directrice a été relâchée et fut retrouvée le lendemain. Jusqu’au 29 avril 1997, cette Directrice qu’on appellait Soeur Marie (de la congrégation des soeurs Benebikira) était encore incapable de raconter ce qui s’était passé.

Voici le témoignage d’un ancien membre du Network Commando du FPR, le Lieutenant Abdul RUZIBIZA: 

D’après le témoignage du Lt Abdul RUZIBIZA qui raconte à la page 403 de son livre « Rwanda, l’histoire secrète » (Edit. Panama à Paris octobre 2005), l’assassinat de Mlle Griet BOSMANS par l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) est décrit dans ces termes : 

« La nuit du 27 au 28 avril 1997, Mme Griet Bosmans, originaire de la Belgique et alors directrice de l’école secondaire de Muramba dans la commune de Satinsyi, a péri avec 17 de ses élèves et 4 autres personnes sous les balles des militaires du 9è bataillon qui avaient été envoyés par le lieutenant John CASSIUS et étaient dirigés par le sergent Camille ZUBA, en compagnie de 15 soldats du peloton spécial qui était affecté à la sous-préfecture de Ngororero. Il y avait là deux compagnies du 9è bataillon, l’une était dirigée par le capitaine Eugène Rukundo et l’autre par le capitaine Christopher Rwibogora. Entre les deux compagnies, il y avait une distance de deux minutes à pied. Il y avait également une troisième compagnie non loin de là, celle du capitaine Steven Rukara. Aucun de ces militaires n’a bougé pour secourir la directrice et le groupe qui l’accompagnait. La DMI soupçonnait Griet Bosmans de livrer des informations sur les atrocités de l’APR au ministre de l’Intérieur, Seth SENDASHONGA. En outre, la DMI croyait qu’elle mettait des mouvements d’action catholique au courant de ce qui se passait au Rwanda. C’est pourquoi elle a été tuée ».

Les assassins de ces élèves n’ont jamais été poursuivis. Par contre, certains d’entre eux ont été promus à des grades supérieurs dans l’Armée Patriotique Rwandaise (source : www.ciir.org)

Voir tous les détails

MUKANKAKA Valentine ?? Muramba/Gisenyi/Rubavu Muramba/Gisenyi/Rubavu 04/27/1997 lieutenant John CASSIUS, sergent Camille ZUBA, capitaine Eugène Rukundo, capitaine Christopher Rwibogora, capitaine Steven Rukara

Dans la nuit du 27 au 28 Avril 1997 vers 1 heure du matin, 22 personnes ont été assassiné à MURAMBA, commune Satinskyi, préfecture de Gisenyi dans le nord-ouest du Rwanda. Parmi les victimes figurent  dix-sept élèves, leur directrice et quatre autres personnes. 

Il s’agit précisément de:

  1. Mlle Griet BOSMANS, Directrice belge de l’Ecole Normale Primaire (ENP) de Muramba, religieuse des Auxiliaires de l’Apostolat.
  2. MUKAGATARE Liberata, originaire de la commune MUSAMBIRA (Gitarama)
  3. KANTENGWA Marie Rose, originaire de la commune RUTOBWE (Gitarama)
  4. MUHORAKEYE Hilarie, originaire de la commune RUTOBWE (Gitarama)
  5. MUKAKARANGWA Béata, originaire de la commune NYAKABANDA (Gitarama)
  6. KAWERA Marie Josée, originaire de la Commune NYAKABANDA (Gitarama
  7. MUKAKAMALI Marie Goretti, originaire de la commune NYAKABANDA (Gitarama)
  8. MUGIRANEZA Grâce, originaire de la commune KAYENZI (Gitarama)
  9. KANKWANZI Primitive, originaire de la commune TABA (Gitarama)
  10. MUKAMAZIMPAKA Ingabire, originaire de la commune GICIYE (Gisenyi)
  11. NYIRANSABIMANA Angèle, de la commune RAMBA (Gisenyi)
  12. MUKANDEGE Philomène, de la commune SATINSKYI (Gisenyi)
  13. NIRERE Germaine, originaire de la commune SATINSKYI (Gisenyi)
  14. ICYIMPAYE Josiane, originaire de la commune KICUKIRO (Kigali-Ville)
  15. MUKAWERA Jeannette, originaire de la commune RUBUNGO (Kigali-rural)
  16. KAMPIRE Monique, originaire de la commune NYAKIZU (Butare)
  17. MUKANKAKA Valentine, originaire de la commune KAMEMBE (Cyangugu)
  18. TWAGIRAMALIYA Epiphanie, élève à l’Ecole primaire, qui vivait avec les soeurs.
  19. MURORUNKWERE, épouse d’un militaire qui logeait la nuit à l’Ecole de Muramba
  20. UWICYEZA Béata, épouse du Conseiller de Secteur MATYAZO qui logeait à l’Ecole
  21. NZABALINDA Félicien, petit frère du Conseiller de Secteur RUCANO
  22. LYIVUZE, un petit boutiquier, chantre de la Paroisse Muramba, qui logeait à l’Ecole.

            Les quatre (4) derniers ont été tués dans un même bâtiment où les Conseillers des secteurs RUCANO, MATYAZO, MUNINI et GITWA avaient pris des logements à l’intérieur de l’Ecole. En effet, suite à l’insécurité généralisée, suivie d’une répression militaire aveugle, qui frappait cette région depuis juin 1996, ces autorités locales hutus avaient fui leurs résidences habituelles. Des veuves essentiellement hutu avec leurs filles venaient dormir chaque soir à l’Ecole, pour éviter de se “faire violer” par les soldats de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) qui campent très nombreux dans cette région, et où ils mènent une chasse impitoyable à des “infiltrés hutu” selon les autorités rwandaises. Ce bâtiment, qui leur servait de logement, a été attaqué après le massacre des filles et de leur Directrice de l’Ecole.

Voici comment les faits se seraient déroulés selon la version des autorités rwandaises:

Une bande de personnes armées de fusils s’est introduite dans l’Ecole secondaire d’Economie et de Commerce sise à TETERO après avoir fait une brèche dans la clôture près des dortoirs des élèves. Cette bande se serait divisée en trois (3) groupes:

  • Le premier groupe aurait attaqué la position militaire tenue par un détachement de l’APR chargé de la sécurité de l’Ecole.
  • Le second groupe a attaqué et tué directement les élèves au dortoir de l’Ecole Normale Primaire sise à RABA (la colline de Raba est située à 800 mètres environ en face de l’Ecole des filles de Tetero).
  • Le troisième groupe a pris et obligé la Soeur Directrice de l’Ecole de TETERO d’aller leur montrer où logeait Mlle Griet BOSMANS, Directrice de l’Ecole voisine (Ecole Normale Primaire de RABA). 

Cette dernière a été tuée après avoir donné aux tueurs tout l’argent qu’elle avait, tandis que l’autre Directrice a été relâchée et fut retrouvée le lendemain. Jusqu’au 29 avril 1997, cette Directrice qu’on appellait Soeur Marie (de la congrégation des soeurs Benebikira) était encore incapable de raconter ce qui s’était passé.

Voici le témoignage d’un ancien membre du Network Commando du FPR, le Lieutenant Abdul RUZIBIZA: 

D’après le témoignage du Lt Abdul RUZIBIZA qui raconte à la page 403 de son livre « Rwanda, l’histoire secrète » (Edit. Panama à Paris octobre 2005), l’assassinat de Mlle Griet BOSMANS par l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) est décrit dans ces termes : 

« La nuit du 27 au 28 avril 1997, Mme Griet Bosmans, originaire de la Belgique et alors directrice de l’école secondaire de Muramba dans la commune de Satinsyi, a péri avec 17 de ses élèves et 4 autres personnes sous les balles des militaires du 9è bataillon qui avaient été envoyés par le lieutenant John CASSIUS et étaient dirigés par le sergent Camille ZUBA, en compagnie de 15 soldats du peloton spécial qui était affecté à la sous-préfecture de Ngororero. Il y avait là deux compagnies du 9è bataillon, l’une était dirigée par le capitaine Eugène Rukundo et l’autre par le capitaine Christopher Rwibogora. Entre les deux compagnies, il y avait une distance de deux minutes à pied. Il y avait également une troisième compagnie non loin de là, celle du capitaine Steven Rukara. Aucun de ces militaires n’a bougé pour secourir la directrice et le groupe qui l’accompagnait. La DMI soupçonnait Griet Bosmans de livrer des informations sur les atrocités de l’APR au ministre de l’Intérieur, Seth SENDASHONGA. En outre, la DMI croyait qu’elle mettait des mouvements d’action catholique au courant de ce qui se passait au Rwanda. C’est pourquoi elle a été tuée ».

Les assassins de ces élèves n’ont jamais été poursuivis. Par contre, certains d’entre eux ont été promus à des grades supérieurs dans l’Armée Patriotique Rwandaise (source : www.ciir.org)

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MUHORAKEYE Hilarie ?? Muramba/Gisenyi/Rubavu Muramba/Gisenyi/Rubavu 04/27/1997 lieutenant John CASSIUS, sergent Camille ZUBA, capitaine Eugène Rukundo, capitaine Christopher Rwibogora, capitaine Steven Rukara

Dans la nuit du 27 au 28 Avril 1997 vers 1 heure du matin, 22 personnes ont été assassiné à MURAMBA, commune Satinskyi, préfecture de Gisenyi dans le nord-ouest du Rwanda. Parmi les victimes figurent  dix-sept élèves, leur directrice et quatre autres personnes. 

Il s’agit précisément de:

  1. Mlle Griet BOSMANS, Directrice belge de l’Ecole Normale Primaire (ENP) de Muramba, religieuse des Auxiliaires de l’Apostolat.
  2. MUKAGATARE Liberata, originaire de la commune MUSAMBIRA (Gitarama)
  3. KANTENGWA Marie Rose, originaire de la commune RUTOBWE (Gitarama)
  4. MUHORAKEYE Hilarie, originaire de la commune RUTOBWE (Gitarama)
  5. MUKAKARANGWA Béata, originaire de la commune NYAKABANDA (Gitarama)
  6. KAWERA Marie Josée, originaire de la Commune NYAKABANDA (Gitarama
  7. MUKAKAMALI Marie Goretti, originaire de la commune NYAKABANDA (Gitarama)
  8. MUGIRANEZA Grâce, originaire de la commune KAYENZI (Gitarama)
  9. KANKWANZI Primitive, originaire de la commune TABA (Gitarama)
  10. MUKAMAZIMPAKA Ingabire, originaire de la commune GICIYE (Gisenyi)
  11. NYIRANSABIMANA Angèle, de la commune RAMBA (Gisenyi)
  12. MUKANDEGE Philomène, de la commune SATINSKYI (Gisenyi)
  13. NIRERE Germaine, originaire de la commune SATINSKYI (Gisenyi)
  14. ICYIMPAYE Josiane, originaire de la commune KICUKIRO (Kigali-Ville)
  15. MUKAWERA Jeannette, originaire de la commune RUBUNGO (Kigali-rural)
  16. KAMPIRE Monique, originaire de la commune NYAKIZU (Butare)
  17. MUKANKAKA Valentine, originaire de la commune KAMEMBE (Cyangugu)
  18. TWAGIRAMALIYA Epiphanie, élève à l’Ecole primaire, qui vivait avec les soeurs.
  19. MURORUNKWERE, épouse d’un militaire qui logeait la nuit à l’Ecole de Muramba
  20. UWICYEZA Béata, épouse du Conseiller de Secteur MATYAZO qui logeait à l’Ecole
  21. NZABALINDA Félicien, petit frère du Conseiller de Secteur RUCANO
  22. LYIVUZE, un petit boutiquier, chantre de la Paroisse Muramba, qui logeait à l’Ecole.

            Les quatre (4) derniers ont été tués dans un même bâtiment où les Conseillers des secteurs RUCANO, MATYAZO, MUNINI et GITWA avaient pris des logements à l’intérieur de l’Ecole. En effet, suite à l’insécurité généralisée, suivie d’une répression militaire aveugle, qui frappait cette région depuis juin 1996, ces autorités locales hutus avaient fui leurs résidences habituelles. Des veuves essentiellement hutu avec leurs filles venaient dormir chaque soir à l’Ecole, pour éviter de se “faire violer” par les soldats de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) qui campent très nombreux dans cette région, et où ils mènent une chasse impitoyable à des “infiltrés hutu” selon les autorités rwandaises. Ce bâtiment, qui leur servait de logement, a été attaqué après le massacre des filles et de leur Directrice de l’Ecole.

Voici comment les faits se seraient déroulés selon la version des autorités rwandaises:

Une bande de personnes armées de fusils s’est introduite dans l’Ecole secondaire d’Economie et de Commerce sise à TETERO après avoir fait une brèche dans la clôture près des dortoirs des élèves. Cette bande se serait divisée en trois (3) groupes:

  • Le premier groupe aurait attaqué la position militaire tenue par un détachement de l’APR chargé de la sécurité de l’Ecole.
  • Le second groupe a attaqué et tué directement les élèves au dortoir de l’Ecole Normale Primaire sise à RABA (la colline de Raba est située à 800 mètres environ en face de l’Ecole des filles de Tetero).
  • Le troisième groupe a pris et obligé la Soeur Directrice de l’Ecole de TETERO d’aller leur montrer où logeait Mlle Griet BOSMANS, Directrice de l’Ecole voisine (Ecole Normale Primaire de RABA). 

Cette dernière a été tuée après avoir donné aux tueurs tout l’argent qu’elle avait, tandis que l’autre Directrice a été relâchée et fut retrouvée le lendemain. Jusqu’au 29 avril 1997, cette Directrice qu’on appellait Soeur Marie (de la congrégation des soeurs Benebikira) était encore incapable de raconter ce qui s’était passé.

Voici le témoignage d’un ancien membre du Network Commando du FPR, le Lieutenant Abdul RUZIBIZA: 

D’après le témoignage du Lt Abdul RUZIBIZA qui raconte à la page 403 de son livre « Rwanda, l’histoire secrète » (Edit. Panama à Paris octobre 2005), l’assassinat de Mlle Griet BOSMANS par l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) est décrit dans ces termes : 

« La nuit du 27 au 28 avril 1997, Mme Griet Bosmans, originaire de la Belgique et alors directrice de l’école secondaire de Muramba dans la commune de Satinsyi, a péri avec 17 de ses élèves et 4 autres personnes sous les balles des militaires du 9è bataillon qui avaient été envoyés par le lieutenant John CASSIUS et étaient dirigés par le sergent Camille ZUBA, en compagnie de 15 soldats du peloton spécial qui était affecté à la sous-préfecture de Ngororero. Il y avait là deux compagnies du 9è bataillon, l’une était dirigée par le capitaine Eugène Rukundo et l’autre par le capitaine Christopher Rwibogora. Entre les deux compagnies, il y avait une distance de deux minutes à pied. Il y avait également une troisième compagnie non loin de là, celle du capitaine Steven Rukara. Aucun de ces militaires n’a bougé pour secourir la directrice et le groupe qui l’accompagnait. La DMI soupçonnait Griet Bosmans de livrer des informations sur les atrocités de l’APR au ministre de l’Intérieur, Seth SENDASHONGA. En outre, la DMI croyait qu’elle mettait des mouvements d’action catholique au courant de ce qui se passait au Rwanda. C’est pourquoi elle a été tuée ».

Les assassins de ces élèves n’ont jamais été poursuivis. Par contre, certains d’entre eux ont été promus à des grades supérieurs dans l’Armée Patriotique Rwandaise (source : www.ciir.org)

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MUKAGATARE Liberata ?? Muramba/Gisenyi/Rubavu Muramba/Gisenyi/Rubavu 04/27/1997 lieutenant John CASSIUS, sergent Camille ZUBA, capitaine Eugène Rukundo, capitaine Christopher Rwibogora, capitaine Steven Rukara

Dans la nuit du 27 au 28 Avril 1997 vers 1 heure du matin, 22 personnes ont été assassiné à MURAMBA, commune Satinskyi, préfecture de Gisenyi dans le nord-ouest du Rwanda. Parmi les victimes figurent  dix-sept élèves, leur directrice et quatre autres personnes. 

Il s’agit précisément de:

  1. Mlle Griet BOSMANS, Directrice belge de l’Ecole Normale Primaire (ENP) de Muramba, religieuse des Auxiliaires de l’Apostolat.
  2. MUKAGATARE Liberata, originaire de la commune MUSAMBIRA (Gitarama)
  3. KANTENGWA Marie Rose, originaire de la commune RUTOBWE (Gitarama)
  4. MUHORAKEYE Hilarie, originaire de la commune RUTOBWE (Gitarama)
  5. MUKAKARANGWA Béata, originaire de la commune NYAKABANDA (Gitarama)
  6. KAWERA Marie Josée, originaire de la Commune NYAKABANDA (Gitarama
  7. MUKAKAMALI Marie Goretti, originaire de la commune NYAKABANDA (Gitarama)
  8. MUGIRANEZA Grâce, originaire de la commune KAYENZI (Gitarama)
  9. KANKWANZI Primitive, originaire de la commune TABA (Gitarama)
  10. MUKAMAZIMPAKA Ingabire, originaire de la commune GICIYE (Gisenyi)
  11. NYIRANSABIMANA Angèle, de la commune RAMBA (Gisenyi)
  12. MUKANDEGE Philomène, de la commune SATINSKYI (Gisenyi)
  13. NIRERE Germaine, originaire de la commune SATINSKYI (Gisenyi)
  14. ICYIMPAYE Josiane, originaire de la commune KICUKIRO (Kigali-Ville)
  15. MUKAWERA Jeannette, originaire de la commune RUBUNGO (Kigali-rural)
  16. KAMPIRE Monique, originaire de la commune NYAKIZU (Butare)
  17. MUKANKAKA Valentine, originaire de la commune KAMEMBE (Cyangugu)
  18. TWAGIRAMALIYA Epiphanie, élève à l’Ecole primaire, qui vivait avec les soeurs.
  19. MURORUNKWERE, épouse d’un militaire qui logeait la nuit à l’Ecole de Muramba
  20. UWICYEZA Béata, épouse du Conseiller de Secteur MATYAZO qui logeait à l’Ecole
  21. NZABALINDA Félicien, petit frère du Conseiller de Secteur RUCANO
  22. LYIVUZE, un petit boutiquier, chantre de la Paroisse Muramba, qui logeait à l’Ecole.

            Les quatre (4) derniers ont été tués dans un même bâtiment où les Conseillers des secteurs RUCANO, MATYAZO, MUNINI et GITWA avaient pris des logements à l’intérieur de l’Ecole. En effet, suite à l’insécurité généralisée, suivie d’une répression militaire aveugle, qui frappait cette région depuis juin 1996, ces autorités locales hutus avaient fui leurs résidences habituelles. Des veuves essentiellement hutu avec leurs filles venaient dormir chaque soir à l’Ecole, pour éviter de se “faire violer” par les soldats de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) qui campent très nombreux dans cette région, et où ils mènent une chasse impitoyable à des “infiltrés hutu” selon les autorités rwandaises. Ce bâtiment, qui leur servait de logement, a été attaqué après le massacre des filles et de leur Directrice de l’Ecole.

Voici comment les faits se seraient déroulés selon la version des autorités rwandaises:

Une bande de personnes armées de fusils s’est introduite dans l’Ecole secondaire d’Economie et de Commerce sise à TETERO après avoir fait une brèche dans la clôture près des dortoirs des élèves. Cette bande se serait divisée en trois (3) groupes:

  • Le premier groupe aurait attaqué la position militaire tenue par un détachement de l’APR chargé de la sécurité de l’Ecole.
  • Le second groupe a attaqué et tué directement les élèves au dortoir de l’Ecole Normale Primaire sise à RABA (la colline de Raba est située à 800 mètres environ en face de l’Ecole des filles de Tetero).
  • Le troisième groupe a pris et obligé la Soeur Directrice de l’Ecole de TETERO d’aller leur montrer où logeait Mlle Griet BOSMANS, Directrice de l’Ecole voisine (Ecole Normale Primaire de RABA). 

Cette dernière a été tuée après avoir donné aux tueurs tout l’argent qu’elle avait, tandis que l’autre Directrice a été relâchée et fut retrouvée le lendemain. Jusqu’au 29 avril 1997, cette Directrice qu’on appellait Soeur Marie (de la congrégation des soeurs Benebikira) était encore incapable de raconter ce qui s’était passé.

Voici le témoignage d’un ancien membre du Network Commando du FPR, le Lieutenant Abdul RUZIBIZA: 

D’après le témoignage du Lt Abdul RUZIBIZA qui raconte à la page 403 de son livre « Rwanda, l’histoire secrète » (Edit. Panama à Paris octobre 2005), l’assassinat de Mlle Griet BOSMANS par l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) est décrit dans ces termes : 

« La nuit du 27 au 28 avril 1997, Mme Griet Bosmans, originaire de la Belgique et alors directrice de l’école secondaire de Muramba dans la commune de Satinsyi, a péri avec 17 de ses élèves et 4 autres personnes sous les balles des militaires du 9è bataillon qui avaient été envoyés par le lieutenant John CASSIUS et étaient dirigés par le sergent Camille ZUBA, en compagnie de 15 soldats du peloton spécial qui était affecté à la sous-préfecture de Ngororero. Il y avait là deux compagnies du 9è bataillon, l’une était dirigée par le capitaine Eugène Rukundo et l’autre par le capitaine Christopher Rwibogora. Entre les deux compagnies, il y avait une distance de deux minutes à pied. Il y avait également une troisième compagnie non loin de là, celle du capitaine Steven Rukara. Aucun de ces militaires n’a bougé pour secourir la directrice et le groupe qui l’accompagnait. La DMI soupçonnait Griet Bosmans de livrer des informations sur les atrocités de l’APR au ministre de l’Intérieur, Seth SENDASHONGA. En outre, la DMI croyait qu’elle mettait des mouvements d’action catholique au courant de ce qui se passait au Rwanda. C’est pourquoi elle a été tuée ».

Les assassins de ces élèves n’ont jamais été poursuivis. Par contre, certains d’entre eux ont été promus à des grades supérieurs dans l’Armée Patriotique Rwandaise (source : www.ciir.org)

 

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RAMBA Léon Pasteur 40 Nyakabanda/Gitarama Nyakabanda/Gitarama 12/29/2003

RAMBA Léon Pasteur (40 ans), agent de Coforwa (Compagnons fontainiers rwandais), une ONG rwandaise oeuvrant dans l'hydraulique rurale a été tué dans la nuit du 29 au 30 décembre 2003, fusillé par deux hommes armés en uniforme militaire (source : 

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NKUNDABATWARE Jean-Baptiste ?? Ndiza/Nyakabanda/Gitarama Ndiza/Nyakabanda/Gitarama 07/05/1997 militaires du FPR

Dans la soirée du Samedi 5 juillet 1997, de 16 personnesont été assassinées en commune NYAKABANDA (préfecture Gitarama). Deux familles hutues ont été massacrées ainsi que leurs voisins ou amis qui étaient présents lorsqu’ils furent attaqués par des militaires APR. 

1) Mr MUSABYIMANA Thaddée, Directeur de l’école secondaire privée “La Fraternité de Ndiza”, tué avec toute sa famille et d’autres personnes venues à leurs secours.

2) Mr NKUNDABATWARE Jean-Baptiste, Coordinateur de l’A.S.B.L. “Compagnons Fontainiers Rwandais (COFORWA) tué lui aussi avec sa femme et ses cinq enfants.

3) Mr SEBAZUNGU Sylvestre, Inspecteur des Ecoles primaires de Nyakabanda.

4) Un certain SEBAZUNGU, un ami qui accompagnait Sylvestre Sebazungu et qui venait d’assister à des noces chez le nommé Musabyimana Théogène.

 

Voici le déroulement des faits:

a) Le Samedi 5 juillet, le Coordinateur de COFORWA, Mr NKUNDABATWARE J.B. avait travaillé avec ses voisins pour transporter des arbres au barrage situé sur la rivière Gatare où les habitants de la région veulent construire une centrale hydro-électrique.

Dans la soirée, il est allé prendre un verre de bière avec ses voisins dans une buvette située à 500 mètres de chez lui. Vers 20h, d’autres voisins vinrent signaler l’arrivée des militaires. Les buveurs se hâtèrent de vider leurs verres pour rentrer chez eux. Ces soldats de l’APR, disait-on, cherchaient un jeune homme du nom de Harelimana, voisin de Nkundabatware, pour lui reprendre sa carte d’identité qu’il avait reçue alors qu’il serait “rugara” (terme donné à celui qui a reçu un entraînement militaire).

b) Vers 20h30, les voisins entendirent des détonations chez J.B. NKUNDABATWARE. Des habitants, à 300 mètres de là, demandèrent à deux soldats qui étaient là “si ce n’était pas des coups de feu qui venaient de chez Nkundabatware”. Avant de s’en aller, ces soldats répondirent que ce bruit n’était pas celui des coups de feu mais qu’il s’agissait d’une porte qu’on ferme. Les habitants qui assuraient la “ronde nocturne obligatoire” sont allés voir ce qui avait fait ce bruit. Ils ont vu cinq cadavres au sol et le chef de famille Nkundabatware abattu dans son fauteuil. Son fils, BASENGE Eric, qui étudiait en 5ème année de la section médicale à Gitwe était venu visiter ses parents. Apparemment, il avait tenté vainement d’échapper au massacre, car son cadavre fut retrouvé non loin de la maison. Cela pourrait confirmer qu’une partie des tueurs avait encerclé le domicile de J.Baptiste Nkundabatware.

Les habitants ont alerté les militaires en poste non loin de là. Ils sont venus constater le carnage et sont restés sur les lieux du crime toute la nuit sans entamer les enquêtes.

c) Mr SEBAZUNGU Sylvestre et son compagnon, nommé SEBAZUNGU aussi, ont été assassinés dans la même soirée à 500 mètres du bureau communal de Nyakabanda. Ils furent tués tous les deux à l’arme blanche par un groupe de malfaiteurs. Néanmoins, un voisin, qui a requis l’anonymat, a déclaré avoir vu une vingtaine de militaires vers 20h. Ces militaires descendaient la route qui conduit chez Musabyimana Théogène (où s’était déroulé les noces) et dans laquelle Sebazungu et son ami ont été tués.

            Les habitants déplorent qu’aucune enquête officielle n’ait été menée jusqu’à présent pour identifier les auteurs. Ce qui n’a pas empêché l’Agence de Presse Rwandaise d’attribuer ces crimes à des hommes armés “soupçonnés d’être des hutus” dans son communiqué du lundi 7 juillet 1997.

Trois autres personnes ont été tuées vendredi le 4/7/97 dans la commune Mushubati, près de la ville de Gitarama. Les autorités ont accusé les infiltrés. Le 13/9/96 et le 5/11/96, les Majors NKUBITO et KWIKILIZA avaient menacé les populations de Rutobwe et Runda des actes de représailles par l’APR si elles se permettent de cacher des infiltrés hutus (source : www.cliir.org).

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MUSABYIMANA Thaddée ?? Ndiza/Nyakabanda/Gitarama Ndiza/Nyakabanda/Gitarama 07/05/1997 militaires APR

Dans la soirée du Samedi 5 juillet 1997, de 16 personnesont été assassinées en commune NYAKABANDA (préfecture Gitarama). Deux familles hutues ont été massacrées ainsi que leurs voisins ou amis qui étaient présents lorsqu’ils furent attaqués par des militaires APR. 

1) Mr MUSABYIMANA Thaddée, Directeur de l’école secondaire privée “La Fraternité de Ndiza”, tué avec toute sa famille et d’autres personnes venues à leurs secours.

2) Mr NKUNDABATWARE Jean-Baptiste, Coordinateur de l’A.S.B.L. “Compagnons Fontainiers Rwandais (COFORWA) tué lui aussi avec sa femme et ses cinq enfants.

3) Mr SEBAZUNGU Sylvestre, Inspecteur des Ecoles primaires de Nyakabanda.

4) Un certain SEBAZUNGU, un ami qui accompagnait Sylvestre Sebazungu et qui venait d’assister à des noces chez le nommé Musabyimana Théogène.

 

Voici le déroulement des faits:

a) Le Samedi 5 juillet, le Coordinateur de COFORWA, Mr NKUNDABATWARE J.B. avait travaillé avec ses voisins pour transporter des arbres au barrage situé sur la rivière Gatare où les habitants de la région veulent construire une centrale hydro-électrique.

Dans la soirée, il est allé prendre un verre de bière avec ses voisins dans une buvette située à 500 mètres de chez lui. Vers 20h, d’autres voisins vinrent signaler l’arrivée des militaires. Les buveurs se hâtèrent de vider leurs verres pour rentrer chez eux. Ces soldats de l’APR, disait-on, cherchaient un jeune homme du nom de Harelimana, voisin de Nkundabatware, pour lui reprendre sa carte d’identité qu’il avait reçue alors qu’il serait “rugara” (terme donné à celui qui a reçu un entraînement militaire).

b) Vers 20h30, les voisins entendirent des détonations chez J.B. NKUNDABATWARE. Des habitants, à 300 mètres de là, demandèrent à deux soldats qui étaient là “si ce n’était pas des coups de feu qui venaient de chez Nkundabatware”. Avant de s’en aller, ces soldats répondirent que ce bruit n’était pas celui des coups de feu mais qu’il s’agissait d’une porte qu’on ferme. Les habitants qui assuraient la “ronde nocturne obligatoire” sont allés voir ce qui avait fait ce bruit. Ils ont vu cinq cadavres au sol et le chef de famille Nkundabatware abattu dans son fauteuil. Son fils, BASENGE Eric, qui étudiait en 5ème année de la section médicale à Gitwe était venu visiter ses parents. Apparemment, il avait tenté vainement d’échapper au massacre, car son cadavre fut retrouvé non loin de la maison. Cela pourrait confirmer qu’une partie des tueurs avait encerclé le domicile de J.Baptiste Nkundabatware.

Les habitants ont alerté les militaires en poste non loin de là. Ils sont venus constater le carnage et sont restés sur les lieux du crime toute la nuit sans entamer les enquêtes.

c) Mr SEBAZUNGU Sylvestre et son compagnon, nommé SEBAZUNGU aussi, ont été assassinés dans la même soirée à 500 mètres du bureau communal de Nyakabanda. Ils furent tués tous les deux à l’arme blanche par un groupe de malfaiteurs. Néanmoins, un voisin, qui a requis l’anonymat, a déclaré avoir vu une vingtaine de militaires vers 20h. Ces militaires descendaient la route qui conduit chez Musabyimana Théogène (où s’était déroulé les noces) et dans laquelle Sebazungu et son ami ont été tués.

            Les habitants déplorent qu’aucune enquête officielle n’ait été menée jusqu’à présent pour identifier les auteurs. Ce qui n’a pas empêché l’Agence de Presse Rwandaise d’attribuer ces crimes à des hommes armés “soupçonnés d’être des hutus” dans son communiqué du lundi 7 juillet 1997.

Trois autres personnes ont été tuées vendredi le 4/7/97 dans la commune Mushubati, près de la ville de Gitarama. Les autorités ont accusé les infiltrés. Le 13/9/96 et le 5/11/96, les Majors NKUBITO et KWIKILIZA avaient menacé les populations de Rutobwe et Runda des actes de représailles par l’APR si elles se permettent de cacher des infiltrés hutus (source : www.cliir.org).

 

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BURAKARI Evariste ?? Rutare/Byumba Rutare/Byumba 01/16/1996 sous-lieutenant Kabera,

Le 16 janvier 1996, à Rutare, en préfecture de Byumba, le député du parti libéral, Évariste BURAKARI, a été tué par le sous-lieutenant Kabera suite à sa réticence à faire adhérer son parti aux directives du FPR. Les tueurs, qui étaient en groupe, ont été arrêtés puis libérés, seul le sous lieutenant  Kabera est resté en  prison.

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SEBAHUNDE Maurice ?? Ngororero/Gisenyi Ngororero/Gisenyi 05/16/1997 sergent Camille Zuba, lieutenant John Cassius

"Dans  la sous-préfecture  de Ngororero,  en  date du 16 mai 1997, Maurice  SEBAHUNDE, alors sous-préfet, a été assassiné par un groupe de militaires commandés  par le sergent Camille Zuba du service de renseignement  du  9e bataillon,  sur  l'ordre  du  lieutenant John Cassius" (source : Lt Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda. L'histoire secrète, Paris, Editions du Panama, 2005, p.418).

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HABINSHUTI Floribert ?? Rushashi/Kigali rural Rushashi/Kigali rural 07/07/1996

"Le 7 juillet  1996, en commune Rushashi de la préfecture rurale de Kigali, l'escorte du capitaine Gakwerere a assassiné un certain Floribert HABINSHUTI ainsi que plus de dix passagers  à bord  de sa camionnette.

Le 16janvier 1996, à Rutare, en préfecture de Byum ba, le député du parti libéral, Évariste BURAKARI, a été tué par le sous-lieutenant Kabera suite à sa réticence à faire adhérer son parti aux directives du FPR. Les tueurs, qui étaient en groupe, ont été arrêtés puis libérés, seul le sous lieutenant  Kabera est resté en  prison".

(source : Lt Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda. L'histoire secrète, Paris, Editions du Panama, 2005, p.418)

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KOLONI Placide ?? Ruhango/Gitarama/Muhanga Ruhango/Gitarama/Muhanga 07/27/1995 sergent Yves Naho, capitaine Hubert Kamugisha

"Le 27 juillet  1995, à Ruhango, dans la préfecture de· Gitarama, un commando dirigé par le sergent Yves Naho  et envoyé par le capitaine Hubert Kamugisha a assassiné Placide KOLONI, sa famille et leur domestique. Le commando  les a incinérés  à l'aide d'essence  et de  matelas" (source : Lt Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda. L'histoire secrète, Paris, Editions du Panama, 2005, p.418).

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RWANGABO Pierre-Claver ?? Ville de Butare Mbazi/Butare 03/04/1995 capitaine John Zigira, lieutenant-colonel Fred Ibingira

Suite à son opposition  acharnée aux arrestations  arbitraires et massives de la population par les soldats de l'APR, notamment par ceux du service de renseignement et de la commission politique, le préfet Pierre-Claver RWANGABO a été assassiné dans la nuit du 4 au 5 mars 1995. Cet assassinat a été programmé par le capitaine  John Zigira en association avec le lieutenant-colonel Fred Ibingira (source : Lt Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda. L'histoire secrète, Paris, Editions du Panama, 2005, p. 418).

 

 

"Le préfet de Butare assassiné au Rwanda

PIERRE CLAVER RWANGABO, un Hutu libéral, porte-parole du parti social-démocrate et préfet de Butare, la principale ville du sud du Rwanda, a été assasiné samedi soir dans une embuscade sur la route de Kigali à Butare. Entre Mbazi et Mgoma, la route étant barrée par un tronc d'arbre, le préfet est descendu de son véhicule et des inconnus ont ouvert le feu, le tuant sur le coup ainsi que son fils de 18 ans et son chauffeur. Le soldat de garde a pour sa part été sérieusement blessé et secouru plus tard par une patrouille de l'armée patriotique rwandaise. Selon la radio rwandaise, les hommes armés étaient apparemment des civils.

Cette attaque contre une haute personnalité rwandaise est la première depuis la victoire militaire des rebelles du Front patriotique rwandais en juillet qui avait mis un terme au génocide qui avait provoqué la mort de centaines de milliers de Tutsis et de nombreux Hutus modérés. Ancien membre de l'opposition hutue modérée au régime de l'ex-président Habyarimana, Pierre Claver Rwangabo avait été nommé préfet de Butare par souci des nouvelles autorités de Kigali de rassurer les Hutus qui s'étaient regroupés dans les camps de déplacés au sud du Rwanda et de les inciter à regagner leurs communes d'origine. Alain FRILET (Le Monde du 06/03/1995).

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MASHYENDERI Augustin ?? Rwesero/Giti/Byumba Karushya/Giti/Byumba 04/23/1994 lieutenant­-colonel Martin Nzaramba, Antony Rusagara, cpt Dan Munyuza, sergent Idahemuka Tharcisse, colonel Charles Musitu

Extrait du livre du Lt Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda. L'histoire secrète, Paris, Editions du Panama, 2005, pp.282-283.

« Après le 16 avril, certaines compagnies de la 21e mobile venaient de s'emparer d'une grande partie de la région de Rutare (Byumba). Elles commençaient même à lancer des bombes dans la commune Giti, tout près de Rwesero. Après la fuite des militaires des FAR, les combattants du FPR sous le commandement du lieutenant­colonel Martin Nzaramba sont descendus pour faire jonction avec les hommes du colonel Charles Musitu qui étaient déjà dans la région. Le 22 avril, ils ont lancé une offensive sur le petit séminaire de Rwesero, dans les localités de Ruzizi, Karushya, Ntaremba.... Comme les FAR avaient pris le large, il n'y a pas eu de combats à proprement parler, mais plutôt des actes de tuerie sur la population civile.

Avant de poursuivre sa route vers Kigali, le lieutenant­colonel Nzaramba a donné l'ordre à ses militaires de rassembler les religieux  et autres Hutus instruits et de les tuer. Les uns ont été mis à mort dans le secteur Ntaremba, tout près du bureau communal de Giti, d'autres, dont les religieux, ont été tués à Karushya. Les religieux assassinés à cette occasion sont les abbés Joseph HITIMANA, recteur du petit séminaire de Rwesero, Athanase NKUNDABANYANGA, son économe, Gaspard MUDASHIMWA, Alexis HAVUGIMANA, Faustin MULINDWA, Fidèle MULINDA, Célestin MUHAYIMANA, Augustin MUSHYENDERI [Mashyenderi]  ainsi que trois religieuses et d'autres travailleurs civils du séminaire. Ils ont été tués le 23 avril. Tous ces religieux ont été assassinés à cause de leur ethnie. Ces massacres ont été supervisés par l'agent de renseignement Antony Rusagara.

Après le départ de la 21e mobile vers Kigali, il y avait dans les arrières un  groupe de militaires conduits  par le capitaine Dan Munyuza, les sergents Idahemuka Tharcisse et Janvier M. dont le rôle était de ramasser et d'exécuter ceux qui n'avaient pu tomber sous les balles de la 21e mobile. Le groupe a abondamment massacré dans tous les secteurs de la commune Giti et pourtant cette commune avait été exemplaire dans la protection des Tutsis : elle fut la seule du Rwanda dont aucun habitant tutsi n'a été tué. Il y eut, à Ruzizi, à peu près 200 victimes du fait de la 21e  mobile ».

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MUHAYIMANA Célestin ?? Rwesero/Giti/Byumba Karushya/Giti/Byumba 04/23/1994 lieutenant­-colonel Martin Nzaramba, Antony Rusagara, cpt Dan Munyuza, sergent Idahemuka Tharcisse, colonel Charles Musitu

Extrait du livre du Lt Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda. L'histoire secrète, Paris, Editions du Panama, 2005, pp.282-283.

« Après le 16 avril, certaines compagnies de la 21e mobile venaient de s'emparer d'une grande partie de la région de Rutare (Byumba). Elles commençaient même à lancer des bombes dans la commune Giti, tout près de Rwesero. Après la fuite des militaires des FAR, les combattants du FPR sous le commandement du lieutenant­colonel Martin Nzaramba sont descendus pour faire jonction avec les hommes du colonel Charles Musitu qui étaient déjà dans la région. Le 22 avril, ils ont lancé une offensive sur le petit séminaire de Rwesero, dans les localités de Ruzizi, Karushya, Ntaremba.... Comme les FAR avaient pris le large, il n'y a pas eu de combats à proprement parler, mais plutôt des actes de tuerie sur la population civile.

Avant de poursuivre sa route vers Kigali, le lieutenant­colonel Nzaramba a donné l'ordre à ses militaires de rassembler les religieux  et autres Hutus instruits et de les tuer. Les uns ont été mis à mort dans le secteur Ntaremba, tout près du bureau communal de Giti, d'autres, dont les religieux, ont été tués à Karushya. Les religieux assassinés à cette occasion sont les abbés Joseph HITIMANA, recteur du petit séminaire de Rwesero, Athanase NKUNDABANYANGA, son économe, Gaspard MUDASHIMWA, Alexis HAVUGIMANA, Faustin MULINDWA, Fidèle MULINDA, Célestin MUHAYIMANA, Augustin MUSHYENDERI ainsi que trois religieuses et d'autres travailleurs civils du séminaire. Ils ont été tués le 23 avril. Tous ces religieux ont été assassinés à cause de leur ethnie. Ces massacres ont été supervisés par l'agent de renseignement Antony Rusagara.

Après le départ de la 21e mobile vers Kigali, il y avait dans les arrières un  groupe de militaires conduits  par le capitaine Dan Munyuza, les sergents Idahemuka Tharcisse et Janvier M. dont le rôle était de ramasser et d'exécuter ceux qui n'avaient pu tomber sous les balles de la 21e mobile. Le groupe a abondamment massacré dans tous les secteurs de la commune Giti et pourtant cette commune avait été exemplaire dans la protection des Tutsis : elle fut la seule du Rwanda dont aucun habitant tutsi n'a été tué. Il y eut, à Ruzizi, à peu près 200 victimes du fait de la 21e  mobile ».

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MULINDA Félix ?? Rwesero/Giti/Byumba Karushya/Giti/Byumba 04/23/1994 lieutenant­-colonel Martin Nzaramba, Antony Rusagara, cpt Dan Munyuza, sergent Idahemuka Tharcisse, colonel Charles Musitu

Extrait du livre du Lt Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda. L'histoire secrète, Paris, Editions du Panama, 2005, pp.282-283

« Après le 16 avril, certaines compagnies de la 21e mobile venaient de s'emparer d'une grande partie de la région de Rutare (Byumba). Elles commençaient même à lancer des bombes dans la commune Giti, tout près de Rwesero. Après la fuite des militaires des FAR, les combattants du FPR sous le commandement du lieutenant­colonel Martin Nzaramba sont descendus pour faire jonction avec les hommes du colonel Charles Musitu qui étaient déjà dans la région. Le 22 avril, ils ont lancé une offensive sur le petit séminaire de Rwesero, dans les localités de Ruzizi, Karushya, Ntaremba.... Comme les FAR avaient pris le large, il n'y a pas eu de combats à proprement parler, mais plutôt des actes de tuerie sur la population civile.

Avant de poursuivre sa route vers Kigali, le lieutenant­colonel Nzaramba a donné l'ordre à ses militaires de rassembler les religieux  et autres Hutus instruits et de les tuer. Les uns ont été mis à mort dans le secteur Ntaremba, tout près du bureau communal de Giti, d'autres, dont les religieux, ont été tués à Karushya. Les religieux assassinés à cette occasion sont les abbés Joseph HITIMANA, recteur du petit séminaire de Rwesero, Athanase NKUNDABANYANGA, son économe, Gaspard MUDASHIMWA, Alexis HAVUGIMANA, Faustin MULINDWA, Fidèle MULINDA, Célestin MUHAYIMANA, Augustin MUSHYENDERI ainsi que trois religieuses et d'autres travailleurs civils du séminaire. Ils ont été tués le 23 avril. Tous ces religieux ont été assassinés à cause de leur ethnie. Ces massacres ont été supervisés par l'agent de renseignement Antony Rusagara.

Après le départ de la 21e mobile vers Kigali, il y avait dans les arrières un  groupe de militaires conduits  par le capitaine Dan Munyuza, les sergents Idahemuka Tharcisse et Janvier M. dont le rôle était de ramasser et d'exécuter ceux qui n'avaient pu tomber sous les balles de la 21e mobile. Le groupe a abondamment massacré dans tous les secteurs de la commune Giti et pourtant cette commune avait été exemplaire dans la protection des Tutsis : elle fut la seule du Rwanda dont aucun habitant tutsi n'a été tué. Il y eut, à Ruzizi, à peu près 200 victimes du fait de la 21e  mobile ».

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HAVUGIMANA Alexis ?? Rwesero/Giti/Byumba Karushya/Giti/Byumba 04/23/1994 lieutenant­colonel Martin Nzaramba, Antony Rusagara, cpt Dan Munyuza, sergent Idahemuka Tharcisse, colonel Charles Musitu

 

Extrait du livre du Lt Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda. L'histoire secrète, Paris, Editions du Panama, 2005, pp.282-283

« Après le 16 avril, certaines compagnies de la 21e mobile venaient de s'emparer d'une grande partie de la région de Rutare (Byumba). Elles commençaient même à lancer des bombes dans la commune Giti, tout près de Rwesero. Après la fuite des militaires des FAR, les combattants du FPR sous le commandement du lieutenant­colonel Martin Nzaramba sont descendus pour faire jonction avec les hommes du colonel Charles Musitu qui étaient déjà dans la région. Le 22 avril, ils ont lancé une offensive sur le petit séminaire de Rwesero, dans les localités de Ruzizi, Karushya, Ntaremba.... Comme les FAR avaient pris le large, il n'y a pas eu de combats à proprement parler, mais plutôt des actes de tuerie sur la population civile.

Avant de poursuivre sa route vers Kigali, le lieutenant­colonel Nzaramba a donné l'ordre à ses militaires de rassembler les religieux  et autres Hutus instruits et de les tuer. Les uns ont été mis à mort dans le secteur Ntaremba, tout près du bureau communal de Giti, d'autres, dont les religieux, ont été tués à Karushya. Les religieux assassinés à cette occasion sont les abbés Joseph HITIMANA, recteur du petit séminaire de Rwesero, Athanase NKUNDABANYANGA, son économe, Gaspard MUDASHIMWA, Alexis HAVUGIMANA, Faustin MULINDWA, Fidèle MULINDA, Célestin MUHAYIMANA, Augustin MUSHYENDERI ainsi que trois religieuses et d'autres travailleurs civils du séminaire. Ils ont été tués le 23 avril. Tous ces religieux ont été assassinés à cause de leur ethnie. Ces massacres ont été supervisés par l'agent de renseignement Antony Rusagara.

Après le départ de la 21e mobile vers Kigali, il y avait dans les arrières un  groupe de militaires conduits  par le capitaine Dan Munyuza, les sergents Idahemuka Tharcisse et Janvier M. dont le rôle était de ramasser et d'exécuter ceux qui n'avaient pu tomber sous les balles de la 21e mobile. Le groupe a abondamment massacré dans tous les secteurs de la commune Giti et pourtant cette commune avait été exemplaire dans la protection des Tutsis : elle fut la seule du Rwanda dont aucun habitant tutsi n'a été tué. Il y eut, à Ruzizi, à peu près 200 victimes du fait de la 21e  mobile ».

 

 

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MUDASHIMWA Gaspard ?? Rwesero/Giti/Byumba Karushya/Giti/Byumba 04/23/1994 lieutenant­colonel Martin Nzaramba, Antony Rusagara, cpt Dan Munyuza, sergent Idahemuka Tharcisse, colonel Charles Musitu

Extrait du livre du Lt Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda. L'histoire secrète, Paris, Editions du Panama, 2005, pp.282-283.

« Après le 16 avril, certaines compagnies de la 21e mobile venaient de s'emparer d'une grande partie de la région de Rutare (Byumba). Elles commençaient même à lancer des bombes dans la commune Giti, tout près de Rwesero. Après la fuite des militaires des FAR, les combattants du FPR sous le commandement du lieutenant­colonel Martin Nzaramba sont descendus pour faire jonction avec les hommes du colonel Charles Musitu qui étaient déjà dans la région. Le 22 avril, ils ont lancé une offensive sur le petit séminaire de Rwesero, dans les localités de Ruzizi, Karushya, Ntaremba.... Comme les FAR avaient pris le large, il n'y a pas eu de combats à proprement parler, mais plutôt des actes de tuerie sur la population civile.

Avant de poursuivre sa route vers Kigali, le lieutenant­colonel Nzaramba a donné l'ordre à ses militaires de rassembler les religieux  et autres Hutus instruits et de les tuer. Les uns ont été mis à mort dans le secteur Ntaremba, tout près du bureau communal de Giti, d'autres, dont les religieux, ont été tués à Karushya. Les religieux assassinés à cette occasion sont les abbés Joseph HITIMANA, recteur du petit séminaire de Rwesero, Athanase NKUNDABANYANGA, son économe, Gaspard MUDASHIMWA, Alexis HAVUGIMANA, Faustin MULINDWA, Fidèle MULINDA, Célestin MUHAYIMANA, Augustin MUSHYENDERI ainsi que trois religieuses et d'autres travailleurs civils du séminaire. Ils ont été tués le 23 avril. Tous ces religieux ont été assassinés à cause de leur ethnie. Ces massacres ont été supervisés par l'agent de renseignement Antony Rusagara.

Après le départ de la 21e mobile vers Kigali, il y avait dans les arrières un  groupe de militaires conduits  par le capitaine Dan Munyuza, les sergents Idahemuka Tharcisse et Janvier M. dont le rôle était de ramasser et d'exécuter ceux qui n'avaient pu tomber sous les balles de la 21e mobile. Le groupe a abondamment massacré dans tous les secteurs de la commune Giti et pourtant cette commune avait été exemplaire dans la protection des Tutsis : elle fut la seule du Rwanda dont aucun habitant tutsi n'a été tué. Il y eut, à Ruzizi, à peu près 200 victimes du fait de la 21e  mobile ».

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NKUNDABANYANGA Athanase ?? Rwesero/Giti/Byumba Karushya/Giti/Byumba 04/23/1994 lieutenant­colonel Martin Nzaramba, Antony Rusagara, cpt Dan Munyuza, sergent Idahemuka Tharcisse, colonel Charles Musitu

 

Extrait du livre du Lt Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda. L'histoire secrète, Paris, Editions du Panama, 2005, pp.282-283

« Après le 16 avril, certaines compagnies de la 21e mobile venaient de s'emparer d'une grande partie de la région de Rutare (Byumba). Elles commençaient même à lancer des bombes dans la commune Giti, tout près de Rwesero. Après la fuite des militaires des FAR, les combattants du FPR sous le commandement du lieutenant­colonel Martin Nzaramba sont descendus pour faire jonction avec les hommes du colonel Charles Musitu qui étaient déjà dans la région. Le 22 avril, ils ont lancé une offensive sur le petit séminaire de Rwesero, dans les localités de Ruzizi, Karushya, Ntaremba.... Comme les FAR avaient pris le large, il n'y a pas eu de combats à proprement parler, mais plutôt des actes de tuerie sur la population civile.

Avant de poursuivre sa route vers Kigali, le lieutenant­colonel Nzaramba a donné l'ordre à ses militaires de rassembler les religieux  et autres Hutus instruits et de les tuer. Les uns ont été mis à mort dans le secteur Ntaremba, tout près du bureau communal de Giti, d'autres, dont les religieux, ont été tués à Karushya. Les religieux assassinés à cette occasion sont les abbés Joseph Hitimana, recteur du petit séminaire de Rwesero, Athanase Nkundabanyanga, son économe, Gaspard Mudashimwa, Alexis Havugimana, Faustin Mulindwa, Fidèle Mulinda, Célestin Muhayimana, Augustin Mushyenderi ainsi que trois religieuses et d'autres travailleurs civils du séminaire. Ils ont été tués le 23 avril. Tous ces religieux ont été assassinés à cause de leur ethnie. Ces massacres ont été supervisés par l'agent de renseignement Antony Rusagara.

Après le départ de la 21e mobile vers Kigali, il y avait dans les arrières un  groupe de militaires conduits  par le capitaine Dan Munyuza, les sergents Idahemuka Tharcisse et Janvier M. dont le rôle était de ramasser et d'exécuter ceux qui n'avaient pu tomber sous les balles de la 21e mobile. Le groupe a abondamment massacré dans tous les secteurs de la commune Giti et pourtant cette commune avait été exemplaire dans la protection des Tutsis : elle fut la seule du Rwanda dont aucun habitant tutsi n'a été tué. Il y eut, à Ruzizi, à peu près 200 victimes du fait de la 21e  mobile ».

 

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HITIMANA Joseph ?? Rwesero/Giti/Byumba Karushya/Giti/Byumba 04/23/1994 lieutenant­colonel Martin Nzaramba, Antony Rusagara, cpt Dan Munyuza, sergent Idahemuka Tharcisse, colonel Charles Musitu

Extrait du livre du Lt Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda. L'histoire secrète, Paris, Editions du Panama, 2005, pp.282-283.

« Après le 16 avril, certaines compagnies de la 21e mobile venaient de s'emparer d'une grande partie de la région de Rutare (Byumba). Elles commençaient même à lancer des bombes dans la commune Giti, tout près de Rwesero. Après la fuite des militaires des FAR, les combattants du FPR sous le commandement du lieutenant­colonel Martin Nzaramba sont descendus pour faire jonction avec les hommes du colonel Charles Musitu qui étaient déjà dans la région. Le 22 avril, ils ont lancé une offensive sur le petit séminaire de Rwesero, dans les localités de Ruzizi, Karushya, Ntaremba.... Comme les FAR avaient pris le large, il n'y a pas eu de combats à proprement parler, mais plutôt des actes de tuerie sur la population civile.

Avant de poursuivre sa route vers Kigali, le lieutenant­colonel Nzaramba a donné l'ordre à ses militaires de rassembler les religieux  et autres Hutus instruits et de les tuer. Les uns ont été mis à mort dans le secteur Ntaremba, tout près du bureau communal de Giti, d'autres, dont les religieux, ont été tués à Karushya. Les religieux assassinés à cette occasion sont les abbés Joseph Hitimana, recteur du petit séminaire de Rwesero, Athanase Nkundabanyanga, son économe, Gaspard Mudashimwa, Alexis Havugimana, Faustin Mulindwa, Fidèle Mulinda, Célestin Muhayimana, Augustin Mushyenderi ainsi que trois religieuses et d'autres travailleurs civils du séminaire. Ils ont été tués le 23 avril. Tous ces religieux ont été assassinés à cause de leur ethnie. Ces massacres ont été supervisés par l'agent de renseignement Antony Rusagara.

Après le départ de la 21e mobile vers Kigali, il y avait dans les arrières un  groupe de militaires conduits  par le capitaine Dan Munyuza, les sergents Idahemuka Tharcisse et Janvier M. dont le rôle était de ramasser et d'exécuter ceux qui n'avaient pu tomber sous les balles de la 21e mobile. Le groupe a abondamment massacré dans tous les secteurs de la commune Giti et pourtant cette commune avait été exemplaire dans la protection des Tutsis : elle fut la seule du Rwanda dont aucun habitant tutsi n'a été tué. Il y eut, à Ruzizi, à peu près 200 victimes du fait de la 21e  mobile ».

 

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BAREZI Nicodème ?? Nyamugali/Ruhengeri Ryaruhirima/Nyamugali 04/20/1994 commandant Eric MUROKORE, sergent Deus Kagiraneza, commandant Charles Ngoga, commandant Fred Nyamurangwa, Hubert Kamugisha, Dennis Karera, Rwamfizi, Buhozozo

Barezi Nicodème est un ancien bourgmestre de la commune Nyamugali. Il a été tué par des militaires du FPR sous le commandement du commandant Eric MUROKORE et du sergent Deus Kagiraneza.

Extrait du livre du Lt Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda. L'histoire secrète, Paris, Editions du Panama, 2005, pp. 184-186.

"Les communes de Cyeru, Nyamugali, Ruhondo et Nyarutovu ont été attaquées par la 59e mobile sous le commandement de SO Charles Ngoga, secondé par SO Fred Nyamurangwa et SO Éric Murokore. [...]
D'autres attaques ont eu lieu à Ryaruhirima, commune Nyamugali, sur les collines de Byumba et Kabuye. Cette opération a été suivie par la prise des collines qui surplombent le centre commercial de Base afin de permettre aux combattants de la 59e mobile de rallier ceux de l'Alpha mobile.
Revenons un peu sur les exactions de la 59e mobile dans cette région de Ruhengeri : un programme de massacre de la population a été mis sur pied. Il s'agissait d'appeler les gens à des réunions dites de « meeting d'éducation politique » et de les exécuter une fois rassemblés. Cette sale besogne a été réalisée par les agents des renseignements du FPR supervisés par JO I Hubert Kamugisha, JO I Dennis Karera, PJ 02 Rwamfizi et PJ02 Buhozozo. Ils avaient une équipe de tueurs qui écumaient la région  en  massacrant  la population  par ce stratagème.

On a procédé ensuite à l'identification des belles maisons appartenant à des fonctionnaires de la région, à des militaires des FAR ou à des hommes politiques pour les détruire par des explosifs ou des mines. L’opération a été exécutée par l'artificier P/J02 Gatera sous la supervision de S01 Éric Murokore.

Les corps des victimes étaient éparpillés partout, surtout au marché de Base où une suite de véhicules transportant les fugitifs a été mitraillée par des soldats de l'unité Alpha mobile. Du côté de la 59e mobile, on a brûlé certains corps tandis que les autres ont été enterrés dans des fosses communes".

 

 

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NGIRABAKUNZI Festus ?? Nyamugali/Ruhengeri Kukagihanga/Nyamugali 04/18/1994 Lt Ntawuyirushintege Alexis, commandant Eric MUROKORE, sergent Deus Kagiraneza, commandant Charles Ngoga, commandant Fred Nyamurangwa, Hubert Kamugisha, Dennis Karera, Rwamfizi, Buhozozo

Faisant partie de la zone-tempon, une partie de l'ancienne commune de Nyamugali a été conquise très vite par les combattants du FPR-Inkotanyi. Le 18/04/1994, le lieutenant du FPR, NTAWUYIRUSHINTEGE Alexis convoque toute la population de la région au lieu dit Ku Ka Gihanga. La réunion se transforme en massacres à grande échelle. La population, assise, est encerclée par des militaires du FPR qui tirent à bout portant dans la foule. Parmi les nombreuses victimes, l'on peut citer les commerçants NGIRABAKUNZI Festus et NSABIMANA Vénant et deux de ses femmes et leurs enfants ainsi que la mère de RWABIGWI Samson, un ancien fonctionnaire de la présidence de république. Les cadavres, entassés par centaines, furent enterrés dans des fosses communes à cet endroit même.

 

Extrait du livre du Lt Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda. L'histoire secrète, Paris, Editions du Panama, 2005, pp. 184-186.

"Les communes de Cyeru, Nyamugali, Ruhondo et Nyarutovu ont été attaquées par la 59e mobile sous le commandement de SO Charles Ngoga, secondé par SO Fred Nyamurangwa et SO Éric Murokore. [...]
D'autres attaques ont eu lieu à Ryaruhirima, commune Nyamugali, sur les collines de Byumba et Kabuye. Cette opération a été suivie par la prise des collines qui surplombent le centre commercial de Base afin de permettre aux combattants de la 59e mobile de rallier ceux de l'Alpha mobile.
Revenons un peu sur les exactions de la 59e mobile dans cette région de Ruhengeri : un programme de massacre de la population a été mis sur pied. Il s'agissait d'appeler les gens à des réunions dites de « meeting d'éducation politique » et de les exécuter une fois rassemblés. Cette sale besogne a été réalisée par les agents des renseignements du FPR supervisés par JO I Hubert Kamugisha, JO I Dennis Karera, PJ 02 Rwamfizi et PJ02 Buhozozo. Ils avaient une équipe de tueurs qui écumaient la région  en  massacrant  la population  par ce stratagème.

On a procédé ensuite à l'identification des belles maisons appartenant à des fonctionnaires de la région, à des militaires des FAR ou à des hommes politiques pour les détruire par des explosifs ou des mines. L’opération a été exécutée par l'artificier P/J02 Gatera sous la supervision de S01 Éric Murokore.

Les corps des victimes étaient éparpillés partout, surtout au marché de Base où une suite de véhicules transportant les fugitifs a été mitraillée par des soldats de l'unité Alpha mobile. Du côté de la 59e mobile, on a brûlé certains corps tandis que les autres ont été enterrés dans des fosses communes".

 

 

Responsable présumé: 

 

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BICAMUMPAKA Félicien ?? Rukozo/Cyungo/Byumba Rukozo/Cyungo/Byumba 04/06/1994 Munyemana Jean, Mukwiye Frodouard

Dans son livre « Rwanda. Persistance dans la haine. Réflexion sur le respect de la vie et le partage équitable au Pays des Mille Collines » (Editions-Scribe, 2013), Ndangali donne un témoignage émouvant sur l’assassinat des membres de sa famille en avril 1994. Il donne la liste des victimes :

 « Nyirafaranga Marie, ma sœur

Ntako Faustin, mon frère

Munyakazi François, mon frère

Nyirabahire Vérédiana, ma sœur

Bicamumpaka Félicien, mon frère

Nyiramprima Vérène, ma belle-sœur

Nyirantamari Félicité, ma belle-sœur

Nyiramajyambere Marie, ma belle-sœur

Gatarira, mon demi-frère

Ntambo Charles, Katabarwa, Nshimiye, Akanzuraheba dit Kanze, Murara, Dusenge, Shumbusho, Gitungwa,  mes nièces et neveux

Plusieurs neveux et nièces présents à Cyungo en avril 1994 ont été également tués. Je ne sais ni si mes proches ont été enterrés ni où leurs os se trouvent exposés puisque ceux des autres sont enterrés dans l’honneur.

Il a été formellement enjoint aux voisins de travestir la vérité et de dire à tout enquêteur qu’ils sont partis en RDC ».(p.5)

Ndangali précise qu'une plainte a été déposée devant le Tribunal pénal international d'Arusha et une autre, devant la Compétence universelle belge. Et il ajoute :

 « Le planificateur de l’assassinat de mes proches parents est un Hutu nommé Munyemana Jean. Je lui ai adressé une lettre pour lui demander sa version des faits mais il n’a pas répondu. Il les a tuées pour rien ou pour ce qu’elles étaient, ces créatures innocentes, pauvres et illettrées. Il s’était arrogé les fonctions de soldat-bourgmestre au moment des faits. D’après la concordance des preuves, il a étroitement collaboré avec le Tutsi Mukwiye Froduald. Des enquêtes sérieuses pourraient préciser sous quels ordres et avec qui ils ont agi, par exemple, l’enseignant Muganga Constantin, fils de Muzigangabo Gaspard.

Muganga Constantin a terminé ses études de moniteur à Zaza grâce à mon intervention. Il avait, en effet, quitté l’école parce qu’il était indiscipliné. Je l’ai aidé à regagner son établissement en apaisant le directeur de son école. Et voilà comment il m’a gratifié. Il est également soupçonné d’avoir tué sa première femme.

Mes proches ont été tués dans une zone « libérée » par les éléments Front Patriotique Rwandais sous les ordres directs de Munyemana Jean et Mukwiye Frodouard. Le premier à être assassiné fut Bicamumpaka Félicien en date du 06 avril 1994, soit avant l’attentat criminel commis sur l’avion présidentiel de Habyarimana Juvénal.

Personne n’a le droit de m’empêcher de parler d’un double génocide puisque plusieurs autres Hutu ont été sélectionnés dans tout le pays pour être systématiquement liquidés à cause de leur ethnie.

J’ai pleuré mais les larmes n’ont servi à rien. Je veux maintenant que leur sang soit utile pour la réconciliation des Rwandais, juste comme une offrande à mon cher pays. En ce qui me concerne personnellement, je ne sais exactement ni comment mes proches ont été tués, ni s’ils ont été enterrés. Mais leur mort doit avoir été atroce car la méthode de liquider des innocents était identique d’après nombre de témoins. Ma peine n’est ni unique ni celle d’une seule ethnie puisque toutes les familles du Rwanda ont été tragiquement touchées par le drame rwandais ». (p.77)

 

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CYIZA Augustin ?? Kigali - Rwanda Kigali-Rwanda 04/28/2003 Lt Aimable Nkunda, Lt Innocent Yaburunga, Chief Inspector John Murangira, Assitant Inspector Hodari Rwanyindo, Cpt John Karangwa, Assistant Commissioner General of Police Gacinya Rubagumya, Colonel Jackson Nziza, Adjudant-chef Abasi Musonera

Une filature méthodique d’Augustin Cyiza a été organisée sous la responsabilité du DMI (Directirate Military Intelligence) au début du mois d’avril 2003. Elle était assurée conjointement par des personnels du DMI et de la Police. Chaque service a mobilisé plusieurs sous-officiers et agents subalternes. Pour le DMI, ils étaient dirigés par les officiers de renseignements suivants : le capitaine John Karangwa, les lieutenants Aimable Nkunda et Innocent Yaburunga (membres du service de contre-espionnage, à la tête duquel se trouve le capitaine John Karangwa). Pour la Police, la coordination était assurée par le Chief Inspector John Murangira, associé à un jeune officier, l’Assistant Inspector Hodari Rwanyonga.

Augustin Cyiza fut enlevé le 23 avril à 2003 21h50 au débouché de la route en terre en provenance de l’UNILAK (université où il enseignait) sur l’axe routier Kimihurura-Remera à hauteur de l’arrêt de bus appelé ku Gishushu et situé à quelques centaines de mètres du Parlement rwandais (l’ex-CND). Suivi depuis l’UNILAK par l’Assistant Inspector Hodari Rwanyindo, le véhicule d’Augustin Cyiza fut bloqué par plusieurs voitures et ses deux passagers enlevés. L’opération était coordonnée par le capitaine John Karangwa et exécutée notamment par le Chief Inspector John Murangira, l’Assitant Inspector Hodari Rwanyindo et le caporal Rukara. La circulation automobile fut bloquée sur ces deux axes par la police durant toute la durée de l’opération. De même le courant électrique fut coupé dans les quartiers de Remera au camp KAMI de 22 heures jusqu’au lendemain matin. Augustin Cyiza et Eliézer Runyaruka furent transportés au camp KAMI. Augustin Cyiza fut enfermé dans une cave communément appelée Godown dans le jargon APR. Il subit un premier interrogatoire de la part de l’Assistant Commissioner General of Police Gacinya Rubagumya, directeur de la Special Intelligence Branch, arrivé à KAMI vers une heure du matin. Cet interrogatoire dura environ deux heures, puis le colonel Jackson Nziza, directeur du DMI, prit la relève et l’interrogea jusqu’au matin.

Pendant cinq jours, Gacinya Rubagumya et Jackson Nziza se relayèrent au camp KAMI pour poursuivre leurs séances d’interrogatoires.

Dans la nuit du 28 au 29 avril, un véhicule Land Cruiser conduit par l’adjudant chef Abasi Musonera, accompagné par une personne qui ne quitta pas le véhicule, vint chercher Augustin Cyiza pour le conduire vers une destination inconnue. Il n’a pas été possible de le localiser au delà de cette sortie.

(Source : T. Cruvellier, J.K. Gasana, A. Guichaoua, Cl. Vidal et alli, Augustin Cyiza. Un homme libre au Rwanda, Editions Karthala, 2004, pp. 212-213).

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KAMONDO Floride 54 BUYOGA-BYUMBA BUYOGA-MUYANZA 05/21/1994 major Steven Karyango, capitaine Kamugisha, capitaine Byakatonda, capitaine Kamuhanda,

Extrait du livre du Lt Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda. L'histoire secrète, Paris, Editions du Panama, 2005, pp.270-271.

Nous avons intercepté, sur les radios saisies aux FAR, l'ordre donné par le haut commandement militaire au lieutenant-colonel Juvénal Bahufite et sa brigade de quitter Byumba. Il devait se frayer un chemin pour regrouper ses soldats à Gaseke juste après la colline de Zoko. Par la suite, on devait lui indiquer l'itinéraire à suivre pour rejoindre la commune de Kanombe (limitrophe de Kigali) en renfort puisque des signes avant-coureurs montraient que ce lieu allait être bientôt attaqué. Les autres devaient passer par Mugambazi et Mbogo pour rejoindre l'OPS (secteur opérationnel) Rulindo. Ainsi, la route Kigali-Ruhengeri-Gisenyi serait sous contrôle. Tout le plan fut donc connu de l'APR avant d'être mis en exécution. Toutes les voies prévues pour le passage des FAR ont donc été fermées. La 21è unité mobile a renforcé ses positions sur la voie de Gaseke tout près de Zoko, la 2e compagnie, celle du capitaine Edward Banga de la  59 è mobile ainsi que celle du capitaine Balinda ont fermé la voie de Kiyanza à Mugambazi  tout près du  marché.

Au cours de cette nuit-là, un véhicule qui transportait entre autres un lieutenant des FAR, aide du colonel Juvénal Bahufite, est tombé dans une embuscade tendue par les deux compagnies. L’un des passagers a trouvé la mort, les trois autres ont pris la fuite. Dans ce véhicule, on a trouvé des cartes militaires indiquant toutes les positions des FAR, les codes et les signaux d'appels, le système de codage, de l'argent et un pistolet. Tous ces secrets saisis ont accéléré la bataille, parce que, depuis lors, tout ce qui se disait par radio était intercepté par l'APR. L’APR connaissait ainsi le nombre de soldats sur toutes les positions, leurs unités respectives et leurs chefs. En contrebas de la paroisse de Muyanza à Buyoga, la 101e mobile a fermé la voie sous les ordres du lieutenant­colonel Kazintwari Khaddafi. Il n'est pas lui-même allé là-bas. Il a envoyé une compagnie dirigée par le major Nkurunziza alias Karampenge, une seconde compagnie dirigée par le major Steven Karyango, une troisième compagnie, dirigée par le capitaine Kamugisha qui, tué lors de cette opération, a été remplacé par le capitaine Byakatonda, et enfin une quatrième compagnie dirigée par le capitaine Kamuhanda alias Commando. Ce sont ces hommes-là qui ont reçu les ordres de nettoyer cet endroit de toute âme qui vive. Les ordres étaient donnés par le général-major Paul Kagame lui-même : il ne voulait pas que l'ennemi fasse passer quoi que ce soit à cet endroit ni qu'il reste des habitants en vie parce que des FAR pouvaient se dissimuler parmi eux. Effectivement, toute personne qui vivait là-bas a été tuée. Selon un témoin, plus de 500 personnes ont été massacrées en peu de temps. Les cadavres gisaient sur la route. Tout rescapé provenant de cet endroit a plus tard été pourchassé lors de la prise de la ville de Byumba. Ce jour­ là, les FAR ont pris la fuite avec une partie de la  population et partout ils tombaient  dans des  embuscades.

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MABANGA Pierre 58 KARAMA BUYOGA-MUYANZA 05/20/1994

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NYILINKWAYA Nathanael ?? Nyabihu/Gisenyi Nyabihu/Gisenyi 03/15/1994 Gacinya Rugumya

Gacinya Rugumya est actuellement un offiocier supérieur du FPR.  Seul ou en complicité avec d’autres, il est présumé coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ci-après :

-JO1 de la 7ième Unité Mobile, Il est l’exécutant de plusieurs milliers de personnes massacrées à NGARAMA, NYAGAHITA, et KIGASHA  en février 1993 ;

-Devenu Capitaine, Intelligent Officer de l’Unité Bravo Mobile, il est responsable le 15 mars 1994 de l’assassinat du directeur de l’Usine à thé de NYABIHU, NYILINKWAYA Nathanael et du massacre de sa famille dont son épouse et deux enfants, et 3 autres personnes innocentes qui étaient en leur compagnie ;

-Le12 avril 1994, il est responsable des massacres des populations civiles depuis BYUMBA jusqu’à NYACYONGA où il a fait massacrer plusieurs dizaines de milliers de personnes dans le Camp de déplacés de NYACYONGA qui abritait plus de 1million de personnes ;

-Fin avril 1994, il est responsable des massacres de 3000 jeunes Hutu sélectionnés parmi les fuyards et exécutés à KABUYE ;

-Affecté à la Gendarmerie, devenue Police Nationale, il est parmi des bourreaux qui se sont illustrés par de sinistres massacres des arrestations massives des Hutu raflés dans la Ville de KIGALI et KIGALI RURAL après la victoire du FPR. Ces crimes ont fait plusieurs dizaines de milliers de victimes.

-Devenu responsable de l’Unité Spéciale de Renseignement, il a fait assassiner le 5 mars 2003, Mr Kabera Assiel, survivant du génocide et Conseiller du Président Pasteur Bizimungu.

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BIZIMANA Alexandre 49 Rutobwe/Gitarama Mont Kigali/Kigali 07/10/1994

Alexandre BIZIMANA était fonctionnaire à l'OCIR-Café à Gikondo. A cause de la guerre, il n'a pas pu regagner sa famille à Gitarama. En fuyant les bombes qui tombaient sur la ville, avec ses voisins, ils sont allés se réfugier dans la savane du Mont Kigali. Quand les militaires du Front Patriotique Rwandais(FPR) ont conquis la capitale Kigali en juillet 1994, ils ont ratissé tous les quartiers de kigali et leurs environs en massacrant toutes les personnes débusquées. C'est dans ce nettoyage ethnique qu'Alexandre BIZIMANA fut assassiné.

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NKUNDABATWARE Jean-Baptiste ?? Ndiza/Gitarama Nyakabanda/Gitarama 07/05/1997

Le Samedi 5 juillet 1997 dans la soirée 16 personnes ont été assassinées par des militaires en commune NYAKABANDA (préfecture Gitarama). En effet, deux familles Hutu ont été massacrées ainsi que leurs voisins ou amis qui étaient présents lorsqu’ils furent attaqués par des militaires APR.

  • M. NKUNDABATWARE Jean-Baptiste, Coordinateur de l’ASBL COFORWA tué lui aussi avec sa femme et ses cinq enfants. Dans la soirée du samedi 5 juillet, vers 20h30, les voisins entendirent des détonations chez Jean Baptiste NKUNDABATWARE. Les habitants qui assuraient la “ronde nocturne obligatoire” sont allés voir ce qui avait fait ce bruit. Ils ont vu cinq cadavres au sol et Nkundabatware abattu dans son fauteuil. 
  • M. MUSABYIMANA Thaddée, Directeur de l’école secondaire privée “La Fraternité de Ndiza”, tué avec toute sa famille et d’autres personnes venues à leurs secours.
  • M. SEBAZUNGU Sylvestre, Inspecteur des Ecoles primaires de Nyakabanda.
  • Un certain SEBAZUNGU, un ami qui accompagnait Sylvestre Sebazungu et qui venait d’assister à des noces chez le nommé Musabyimana Théogène. Ils furent tués tous les deux à l’arme blanche par un groupe de malfaiteurs. Néanmoins, un voisin, qui a requis l’anonymat, a déclaré avoir vu une vingtaine de militaires vers 20h. Ces militaires descendaient la route qui conduit chez Musabyimana Théogène (où s’étaient déroulées les noces) et dans laquelle Sebazungu et son ami ont été tués. 

En 2003, un autre employé de la COFORWA était assassiné : 

  • RAMBA Léon Pasteur (40 ans), agent de Coforwa (Compagnons fontainiers rwandais), une ONG rwandaise oeuvrant dans l'hydraulique rurale a été tué dans la nuit du 29 au 30 décembre 2003, fusillé par deux hommes armés en uniforme militaire.

Les meurtres des dirigeants des coopératives s’inscrivaient dans le cadre d’un système planifié depuis longtemps et appliqué aux quatre coins du Rwanda dans l’intention manifeste de détruire certains secteurs de la société en s’en prenant aux personnes qui les représentaient.

(source : cliir.org)

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NZABANDORA Pierre Claver ?? Kanama/Gisenyi Coopérative KIAKA/Gisenyi 10/02/1998

L’assassinat de Monsieur Pierre Claver NZABANDORA, Directeur de la coopérative KIAKA (Coopérative regroupant tous les artisans de Kanama), vendredi matin le 2 octobre 1998, a été maquillé en « pillage » par les militaires de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR). En effet, Mr Pierre Claver a été tué avec trois de ses principaux collaborateurs dans ses propres bureaux  à MAHOKO. Un des derniers dirigeants de KIAKA, rescapé de cette tuerie, André HABIMANA, Secrétaire du Conseil d’Administration (CA) et aide-comptable, a été arrêté et emprisonné par les militaires sous prétexte de mener des enquêtes.

Selon des témoignages complémentaires parvenus au Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR) le 14 octobre 1998, l’attaque visant à détruire totalement  la coopérative KIAKA s’est déroulée en plein jour comme suit :

Un groupe de 80 personnes environ, en tenue militaire semblable à celle de l’Armée Patriotique Rwandaise, a attaqué vendredi matin 2 octobre 1998 la coopérative KIAKA. Certains ouvriers de la coopérative, qui ont vite remarqué l’agressivité de ces assaillants, se sont dispersés dans les différents ateliers de la KIAKA.

Un témoin oculaire a affirmé avoir vu un assaillant tirer froidement et à bout portant sur le Président de KIAKA, Pierre Claver NZABANDORA, sans lui adresser la moindre parole. Les autres assaillants ont défoncé tout de suite les portes des bureaux pour s’emparer de tout l’argent disponible. Cette attaque, qui semble avoir été menée méthodiquement par des professionnels, n’a provoqué aucune intervention rapide de l’Armée Patriotique rwandaise alors qu’elle dispose d’un détachement important basé au bureau communal de KANAMA à quelques 500 mètres des ateliers de la KIAKA! L’Armée est intervenue longtemps après cette tragédie sanglante et le départ des malfaiteurs.

Les membres de la KIAKA tués lors de cette attaque sont les suivants :

 - Mr Pierre Claver NZABANDORA, Président du C.A. et Directeur de la KIAKA       
- Mr Gaëtan NANGWAHAFI, V/Président du CA et chef de la Section Traditionnel.
- Mr FREDERIC, le nouveau chef-menuisier qui a remplacé feu Léop. Baryanishavu
- Mr MBABARE, menuisier expérimenté sur les machines à « tour »;         

En plus de ces quatre principaux membres de la KIAKA tués, CLIIR déplore aussi la mort de trois personnes non encore identifiées qui se trouvaient près des bâtiments de la KIAKA au moment de cette attaque.

En plus de sa qualité de président de la KIAKA, Monsieur Pierre Claver NZABANDORA est un des témoins-clé du massacre de plus de 8.000 habitants de quatre secteurs de la commune Kanama qui avaient trouvé refuge dans la grotte de Nyakimana, afin d’échapper aux tueries commises par l’APR dans toute la région de GISENYI à partir d’août 1997. Monsieur Pierre Claver Nzabandora avait perdu ses quatre (4) enfants dans le massacre de la grotte de Nyakimana orchestré par les militaires de l’APR entre le 24 et 27/10/1997 juste après le massacre de plus de 300 personnes sur le marché de Mahoko (Kanama). Lorsqu’il a osé réclamer leurs corps aux autorités communales, il a été emprisonné, puis libéré suite à l’ébruitement de ce massacre dans plusieurs médias internationaux. Messieurs Justin et Hakizimana, chauffeur et artisan de la coopérative KIAKA, avaient été emprisonnés et relâchés dans les mêmes circonstances. CLIIR craint que la tuerie du 2 octobre 1998 visait tout simplement  à éliminer les derniers témoins gênants.

(source : cliir.org)

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GAPYISI Emmanuel ?? Kigali Kigali 05/18/1993 caporal Mahoro Amani, sergent Dan Ndaruhutse, sous-lieutenant Charles Ngomanziza, sergent Sam Kibanda, sergent Mugisha, colonel Karake Karenzi

Extrait tiré du livre d'André Guichaoua, Rwanda, de la guerre au génocide. Les politiques criminelles au Rwanda (1990-1994), Paris, Editions La Découverte, 2010.
 

Emmanuel Gapyisi, originaire de la préfecture de Gikongoro au sud, présidait la commission politique du MDR et bénéficiait d’un fort ascendant national. Comme Faustin Twagiramungu, il avait épousé une fille du Président Grégoire Kayibanda.

En mai 1993, juste avant la signature des accords de paix d’Arusha, il afficha ses ambitions de « présidentiable » et créa, avec des personnalités de tous les partis de l’opposition intérieure et de la mouvance présidentielle un forum ‘Paix et démocratie’ qui refusait l’alliance privilégiée avec le FPR et appelait à combattre « à 50 % chacun » le parti du Président et le FPR.

[...]

Emmanuel Gapyisi me fit part aussi d’une longue conversation téléphonique avec Seth Sendashonga, un intellectuel hutu rallié au FPR, qui l’avait appelé pour lui signifier son total désaccord avec cette nouvelle orientation politique et l’avait fermement incité à se ressaisir. Ces réactions ne le surprenaient pas et il demeura ferme sur l’objectif.

Dix jours plus tard, Emmanuel Gapyisi était abattu devant son domicile.

[...]

Disposant rapidement d’éléments écartant l’hypothèse d’un règlement de compte interne entre dirigeants du MDR, et sur la base de son équation « 50 %-50 % », avec quelques amis d’Emmanuel Gapyisi, nous avons ensuite dépensé beaucoup d’énergie pour faire avancer les investigations sur les auteurs de cet assassinat. Il fut alors établi qu’Emmanuel Gapyisi avait été tué par un commando de 4 personnes sur deux motos, accompagné par deux autres personnes en voiture.

Les principaux indices furent six culots de douilles et deux balles trouvées sur les lieux du crime, ainsi que celle retirée du corps de la victime. Les culots portaient la mention Israël Military Industries, calibre 9 mm, fabrication 1964. Les deux balles étaient d’origine belge. Les filières de provenance des balles alors reconstituées par les services d’enquêtes criminelles rwandais et les ambassades investies dans l’enquête étaient soit les aides militaires anciennes d’Israël à l’Ouganda ou celles plus récentes destinées aux rebelles soudanais via la NRA, cette dernière approvisionnait parallèlement le FPR. Ces éléments désignaient le FPR, mais le changement de gouvernement à Kigali bloqua l’aboutissement des enquêtes officielles.

Ce n’est qu’en décembre 2003 que j’ai pu confirmer les éléments partiels dont je disposais déjà avec des sources de l’APR qui reconstituèrent les événements à leur niveau. Les mêmes éléments factuels furent établis et les membres du commando furent identifiés.

Les deux tireurs à l’arrière des motos seraient le caporal Mahoro Amani (sous-lieutenant en prison en 2004 pour d’autres faits) et le sergent Dan Ndaruhutse, lieutenant de la garde républicaine en 2004. Les conducteurs des motos seraient le sous-lieutenant Charles Ngomanziza (décédé le 8 avril 1994 devant le Parlement, où était installé le FPR à Kigali) et le sergent Sam Kibanda (surnom), lieutenant affecté à la DMI, service de renseignements, en 2004). Le sergent Mugisha qui suivait l’opération dans le véhicule avec un chauffeur était un des membres des commandos de Kigali parmi les plus sollicités pour ce type d’opération. Surnommé Interahamwe, il était parallèlement connu comme un activiste des milices du même nom au sein desquelles il était infiltré. En 2004, il est lieutenant, membre de la garde présidentielle, affecté (en tenue civile) au département de la surveillance de Kigali Ville et Kigali rural. La propriétaire du véhicule serait une femme, Laetitia Mugorukeye, qui résidait à Nyamirambo (Kigali) où elle hébergeait un commando de l’APR infiltré au sein des milices du parti présidentiel. Elle fut tuée ainsi que les 8 membres du commando installés à son domicile le 8 avril 1994.

Quant aux raisons de son assassinat, ce n’est que très récemment que j’ai obtenu auprès d’un ex-officier de l’APR les éléments de compréhension manquants. L’analyse se résumait au travers de la formulation brutale suivante : « Emmanuel Gapyisi décida lui-même de sa mort. Il avait été prévenu et il a fait son choix ». (officier APR, témoignage confidentiel)  « Avec son Forum, Emmanuel Gapyisi bouleversait complètement la stratégie du FPR élaborée après le 8 février. Seth [Sendashonga] a été mandaté pour le faire revenir à la raison. Lorsqu’il a fait savoir au président Kagame qu’Emmanuel Gapyisi ne changerait pas de position, il n’y avait plus d’autre issue. (…) L’assassinat de Gapyisi a produit les effets escomptés. Le MDR a éclaté et, dans l’opposition, chacun a du clairement choisir son camp. (…) Sur le fond, cela aurait pu être un autre que Gapyisi. Le plus important alors pour nous était qu’il fallait précipiter les choses et éliminer les politiciens les plus dangereux pour notre stratégie. À ce moment-là, ce fut Gapyisi. Gapyisi était un visionnaire, certainement le plus intelligent. Il a été le premier, bien avant Gatabazi, à se rendre compte que le FPR voulait tout le pouvoir et qu’il n’y aurait pas de place pour l’opposition. S’il avait compris cela, il devait aussi comprendre qu’il allait mourir ».

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GATABAZI Félicien ?? Kigali/Rwanda Kimihurura/Kigali 02/21/1994 sergent Claude Gashagaza, lieutenant Godffrey Kiyago Ntukayajyemo, sergent Éric Makwandi Habumugisha, capitaine Hubert Kamugisha, commandant Emmanuel Karenzi Karake, Salton Bahenda, capitaine Godffrey Butare, major Philbert Rwigamba

Le commando chargé d’assassiner Félicien Gatabazi était composé de trois militaires. L’organisateur était le sergent Claude Gashagaza (originaire de Kabuga, commune Kanombe). Le commando était composé de deux militaires de l’APR : le lieutenant Godffrey Kiyago Ntukayajyemo surnommé Ninja (né en Ouganda de père burundais, et en 2004 en prison à perpétuité pour d’autres délits) et du sergent Éric Makwandi Habumugisha.

Les meurtriers étaient cachés chez une voisine de Félicien Gatabazi, la taxiwomen Émérita Mukamurenzi, qui a été assassinée le lendemain par ses hôtes soucieux de faire disparaître un témoin gênant. Le capitaine Hubert Kamugisha(tutsi, APR/FPR, Ouganda), agent de renseignements, participa aussi à l’organisation de l’opération. La supervision de l’assassinat fut assurée par le commandant Emmanuel Karenzi Karake, officier chargé de la liaison avec la MINUAR et chef des commandos de l’APR pour Kigali.

Emmanuel Karenzi Karake était alors installé à l’hôtel Méridien avec quatre autres officiers de l’APR. Trois y résidaient. Il s’agit du commandant Salton Bahenda, du capitaine Godffrey Butare et du major Philbert Rwigamba

Source : André Guichaoua, Rwanda 1994. Les politiques du génocide à Butare, Paris, Editions Karthala, 2005, pp. 104-106.

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BAGABO Martin 54 Gahini/Rukara/Kibungo Gahini/Rukara/Kibungo 01/06/1994 Colonel Charles Kayonga

Les tueries de la région de Gahini et ses environs (commune Rukara) ont été orchestrées par le colonel Charles KAYONGA.

Originaire de Muzizi, dans la Commune Rukara, il a fait massacrer avec son bataillon plus de 900 personnes dans cette commune lors de l'avancée du FPR en 1994. Voici quelques cas relevés par l'asbl SOLIDAIRE-RWANDA:

A Nyakabuye : 40 paysans ont été massacrés dont NYIRABAHIRE (38 ans), MAJYAJYARI (70 ans), et NZARAMBA (68 ans) qui ont été brûlés dans leurs huttes.

A Kiyenzi : 83 personnes ont été brûlées dans leurs maisons dont RWIVANGA et 16 membres de sa famille, GATANAZI (45 ans) et MUNYAKAYANZA (38 ans).

A Ryamanyoni : 62 personnes ont été massacrées dont MBWAYISWA, GACACA (50 ans), NYIRANEZA (27 ans), NZABONALIBA (45 ans), tous éventrés et NSANZUMUHIRE (57 ans), brûlé vif.

A Rukara, dans les localités de Butimba, Ryakirenzi, Mitungo et Buyonza, 204 paysans ont été massacrés.

A Gahini où le FPR a établi son quartier général et un camp de déplacés, 178 personnes ont été exécutées dont 57 enfants.

Voici quelques noms des suppliciés par "agafuni " (sorte de houe fortement usagée): Ruvugabigwi (45 ans, Pasteur); Gasana Georges (51 ans, enseignant) ; Mpangaza (mère du Dr Gatera); Gatera Ildefonse (45 ans, Agent de l'hôpital); Bagabo Martin (54 ans, Assistant Médical); Kajeguhakwa Samuel (67 ans, Commerçant); Gacakure François (46 ans, professeur) ; et 58 enfants âgés de 4 à 6 ans.

A Nyawera, dans les localités de Mwiri, Cyanyabugahe, et Nyakabungo, 77 paysans ont été fusillés.

A Kawangire, 119 personnes ont été massacrées par le FPR dont Karimunkwaya Nathanaël, père de Kayombya Robert, homme d'affaires bien connu au Rwanda.

A Rwimishinya, 231 personnes ont été massacrées; rassemblées au marché de Karambi, elles ont été fusillées. 

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BAHIGIKI Emmanuel ?? Remera/Kigali Remera/Kigali 04/16/1994 Général Charles Kayonga, Capitaine Charles Karamba, Deus Kagiraneza, Théoneste Mutsindashyaka, Gatete Polycarpe, Paul Muvunyi, Jean-Marie Munyankindi, Tito Rutaremara,

Durant son séjour au CND, le Colonel KAYONGA avait eu le temps de dresser des listes des intellectuels à assassiner. Ainsi, les militaires qui ont assassiné Emmanuel Bahigiki et toute sa famille et ceux qui se trouvaient chez lui "au moins 16 personnes " selon S. DESOUTER et F. REYNTJENS, avaient été envoyés probablement par le Colonel KAYONGA. C'était le 16/04/1994. (S. DESOUTER et F. REYNTJENS, Rwanda, les Violations des Droits de l'Homme par le FPR/APR, Anvers, juin 1995, p.18). Cette liste reprenait les intellectuels à en croire le témoignage reproduit par S. DESOUTER et F. REYNTJENS: " CRAD a très vite publié une liste de 18 personnes hautement qualifiées assassinées avec 160 autres, surtout à Remera-Kigali " (op. cit., p.19).
(Source : E.Monier/R.Motte - M.Treillet/P.Goldmann,   LISTE DES MEMBRES DU FPR-INKOTANYI / APR SOUPCONNES D'AVOIR PREMEDITE ET COMMIS DES CRIMES CONTRE L'HUMANITE QUI SONT DE LA COMPETENCE DU TRIBUNAL PENAL INTERNATIONAL POUR LE RWANDA (T.P.I.R.) DOSSIER N 1 , SOS RWANDA-BURUNDI Juin 1998).

 

 

Extrait du livre du Lt Abdul Joshua Ruzibiza, Rwanda. L'histoire secrète, Paris, Editions du Panama, 2005, pp.262-263.

"L’autre tâche, accomplie par  le 3e bataillon, la DMI et les extrémistes du FPR, a été la sélection et l'enlèvement de Hutus partout où ils étaient faits prisonniers par l'APR dans la ville de Kigali. Ils étaient raflés pour être liquidés par la suite. Cette tâche a été accomplie par des gens qui connaissaient bien la ville de Kigali et par les politiciens protégés par le FPR. C'est le capitaine Charles Karamba, le capitaine Jean Damascène Sekamana, le sergent Deus Kagiraneza et les autres agents de renseignement qui ont établi des listes de Hutus à tuer sous le prétexte qu'ils étaient des Hutus instruits ou avaient des familles influentes.  La  tâche était facile parce qu'ils prenaient des renseignements auprès des familles tutsies réfugiées au CND ou au stade Amahoro à Remera. Parmi ces civils, on peut citer Gatete Polycarpe, Paul Muvunyi, Jean-Marie Munyankindi, Théoneste Mutsindashyaka et particulièrement Tito Rutaremara du FPR qui avait vécu à Kigali un certain temps, et encore d'autres. Les plus hauts dirigeants, comme Tito Rutaremara, qui ne connaissaient pas beaucoup de politiciens dans la ville de Kigali demandaient des renseignements à ceux qui connaissaient la ville, comme Deus Kagiraneza, pour désigner ceux qui devaient être tués. Je citerai par exemple le cas d'Emmanuel Bahigiki qui avait été secrétaire général au ministère du Plan et dirigeait le Centre Iwacu.• Le motif de son assassinat fut d'avoir déclaré être en possession d'une liste d'au moins cent personnes assassinées par l'APR dans la zone tampon pour avoir refusé de suivre l'idéologie du FPR, ainsi que des dirigeants locaux élus par la population qui refusaient l'allégeance au FPR. Son assassinat a été commandité par le capitaine Charles Karamba".

 

 

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MUNYAKAZI Laurent ?? Tumba/Byumba prison de Kimironko/Kigali 09/17/2013 Général Karake Karenzi/Général Charles Kayonga

Le Général de Brigade Laurent MUNYAKAZI a été arrêté lundi le 5 septembre 2005 suite à une prétendue « décision du tribunal GACACA de la cellule UBUMWE du secteur RUGENGE dans le district de Nyarugenge dans la Ville de Kigali ». Selon sa stratégie habituelle utilisée pour se débarrasser de ses collaborateurs devenus encombrants ou inutilisables, le président rwandais, le Général Paul KAGAME a congédié le Général major Laurent MUNYAKAZI avant de le livrer aux « syndicats de délateurs » qui se déchaînent avec une forte capacité de diffamation et de calomnie devant les tribunaux GACACA. Le Général Munyakazi fut condamné à perpétuité avant de mourir en prison (source : cliir.org).

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Mort du Général Laurent Munyakazi (therwanda.com)

Munyakazi Laurent rejoint le FPR

Le régime de Kigali de nouveau responsable de la mort du General Munyakazi Laurent..Lt colonel de gendarmerie, Munyakazi  a rejoint le FPR sous les garanties du Général Karenzi Karake qui a travaillé avec luit dans GOMN, une équipe d’observateurs du cessez le feu en 1994 dirigée par un Nigérien et comprenant des soldats du FPR et Gouvernementaux.

Ces deux hommes se sont appréciés et cette amitié a convaincu le LT Colonel Munyakazi de rejoindre le FPR après sa victoire 1994.

Munyakazi a reçu des assurances de Paul kagame.  Il lui a dit en personne qu’il sait très bien que les accusations portées contre lui sont infondées. Non seulement il a échelonné des grades militaires jusqu’au General Major, Munyakazi Laurent a été commandant d’une région militaire, un parcours sans faute pour un hutu au sein d’une armée monothéique dominée par une clique de courtisans de Paul kagame.

Les ennuis:

En 2005 c’est le début de la fin du Général Munyakazi Laurent qui a servi avec loyauté le FPR sans se douter du cynisme de Paul Kagamé.

La fin de Munyakazi Laurent commence le jour où, comme commandant de Brigade, sous l’injonction du Général Président, il rédige un rapport détaillé sur le razzias des vaches des Bagogwe  qui, à l époque, avait fait grand bruit.

Munyakazi Laurent dresse un rapport objectif mettant en cause entre autre  le Géneral Charles Kayonga. Il se fait que ce dernier n’ a jamais pardonné d’être mis en cause par un Général “Aduyi” qui veut dire un hutu ennemi.

Kayonga Charles devenu Chef d’ Etat major de l’ armée de terre dont dépendait Munyakazi Laurent, saisit l’opportunité de le faire payer les accusations de razzias dont il était responsable.

Le Général Munyakazi Laurent était instamment harcelé jusqu’à  être empêché d'effectuer des missions diplomatiques que Paul Kagamé confiait souvent à Munyakazi Laurent. Lâché par Kagamé, sa situation s’est dégradée; la délation fut mise en marche, il ne restait qu’à “techniquer ” un dossier de génocide. Le temps venu, un gacaca est organisé au stade pour le lyncher. L’auditorat militaire déclenche des poursuites et enfin interdit à Munyakazi Laurent de sortir du Rwanda.

Le tribunal Militaire présidé par son ancien ami Karenzi Karake le condamne avec l’ abbé Munyeshyaka Wenceslas à la peine de perpétuité. Munyakazi Laurent fait appel, de nouveau sans être entendu largement, par un procès expéditif sous la présidence du Général Nyamvumba actuel chef d’ Etat Major de la RDF, confirme la condamnation.  Munyakazi Laurent s’estimant innocent fait appel à la cour suprême. Le Général Munyakazi Laurent démonte les accusations, apporte des preuves documentés sur son innocence. Le Président Rugege embarrassé se tourne vers l’auditorat militaire…

Magouilles judiciaires

Pour s’en sortir, une pirouette est trouvée après un mois de suspension d’audience à la demande de l’auditorat militaire. Le juge Rugege de la cour Suprême se déclare incompétent  et renvoi le dossier dans le Gacaca de Rugenge. Le juge président comme Ponce Pirate s’est lavé les mains et gacaca condamnera définitivement Munyakazi Laurent.

Le Général Aduyi sera détenus dans des conditions de mauvais traitements: refus des soins, hébergé sous une toiture qui suinte d’eau de pluie, des visites selon l’humeur des surveillants… jusqu’à sa mort  le 17 septembre 2013 à Kimironko , Munyakazi Laurent a été victime des mauvais traitements inhumains et dégradants.

Rwema Yvan/DHR

Source : The Rwandan.com/17/09/2013

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MBATUYIMANA Jean de Dieu ?? Muhoza/Kigombe/Ruhengeri Camp militaire de Muhoza/Ruhengeri 01/20/1997

En date du 20 janvier 1997, le Caporal MBATUYIMANA Jean de Dieu et une autre personne dont nous n’avons pas pu connaître le nom ont été tués par balles au camp militaire de MUHOZA (Ruhengeri) sous prétexte qu’ils auraient tenté de s’évader. Ils auraient êté arrêtés à la suite de l’assassinat de (trois) 3 coopérants espagnols de Médecins du Monde (MDM) dont MBATUYIMANA Jean de Dieu était gardien de nuit.

Des enquêteurs indépendants nous ont confirmé que Jean de Dieu a été abattu de sang froid par les gendarmes de la Brigade de Ruhengeri parce qu’il pouvait avoir reconnu des soldats de l’APR parmi les “membres du commando” qui a assassiné les espagnols et blessé un américain. Jean de Dieu MBATUYIMANA s’était présenté à la Brigade de gendarmerie pour témoigner car il avait été forcé de transporter les biens pillés par les membres du commando en question (source CLIIR.org).

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UWIMANA François-Xavier ?? NYAMYUMBA/Gisenyi/Nord NYAMYUMBA/Gisenyi/Nord 01/21/1970 Colonel KAYUMBA Nyamwasa

Le 23 janvier 1997, Radio-Rwanda a annoncé la mort du Major UWIMANA François-Xavier, ses six (6) enfants et son voisin. En tout  huit personnes furent tuées. Le Major UWIMANA et sa femme se sont rapatriés en novembre 1996. Il habitait en commune NYAMYUMBA (préfecture Gisenyi). Les circonstances de cet incident n’ont pas été annoncées par Radio-Rwanda.
Depuis l’affectation du Colonel KAYUMBA Nyamwasa au poste de Commandant des opérations militaires dans le nord-ouest du Rwanda au début du mois de mai 1997, les attaques contre les bureaux et cachots communaux ainsi que les massacres de civils non armés se sont intensifiés.

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NZABANITA Augustin ?? Gisenyi/Nord prison de GISENYI 01/23/1970 Solgats du FPR/Gardiens de la prison de Gisenyi/Colonel KAYUMBA Nyamwasa

Le 23 janvier 1997, Radio-Rwanda a annoncé la mort dans la prison de GISENYI de deux officiers des Ex-FAR arrêtés après leur rapatriement forcé en novembre 1996. Il s’agit du Lieutenant Colonel NZABANITA Augustin (surnommé “Dictionnaire”) et leSous Lieutenant NSABIMANA, qui avait été renvoyé de l’armée en 1992. Il paraît qu’ils se seraient suicidés par pendaison dans leur cellule à l’aide de leurs habits.

 Depuis l’affectation du Colonel KAYUMBA Nyamwasa au poste de Commandant des opérations militaires dans le nord-ouest du Rwanda au début du mois de mai 1997, les attaques contre les bureaux et cachots communaux ainsi que les massacres de civils non armés se sont intensifiés. 

 

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BAHEMBERA Pierre Célestin ?? Cyabingo/Ruhengeri prison Cyabingo/Ruhengeri 01/13/1997

Le 13 mai 1997, le Major BAHEMBERA Pierre Célestin a été tué parmi les prisonniers détenus dans le cachot communal de la commune CYABINGO. Depuis l’affectation du Colonel KAYUMBA Nyamwasa au poste de Commandant des opérations militaires dans le nord-ouest du Rwanda au début du mois de mai 1997, les attaques contre les bureaux et cachots communaux ainsi que les massacres de civils non armés se sont intensifiés. Le Major Pierre Célestin BAHEMBERA a disparu dans ce tourbillon d’une « guerre civile » annoncée par les extrémistes tutsi après le rapatriement forcé des réfugiés hutu de l’ex-Zaïre et de la Tanzanie.

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RUGAMBAGE Lambert ?? Kigali Kibungo/Est 01/29/1997

Le 29 janvier 1997, le corps du Major Lambert RUGAMBAGE, un officier ex-FAR qui était détenu à la prison militaire de Kibungo fut retrouvé dans la morgue de l’Hôpital militaire de Kanombe (Kigali). Il portait des traces de traumatismes à différents endroits ainsi que de la boue sur les vêtements et dans les cheveux. Ces indices trouvés sur le cadavre suggéraient que la victime serait morte à la suite des coups reçus. Selon des témoignages fiables, en date du 22/01/1997, des militaires de l’APR l’avaient sorti de la prison sous prétexte d’aller lui offrir à boire. Il faut savoir que depuis le 16/01/1997, les ex-FAR prisonniers ne pouvaient plus recevoir la visite des membres de leurs familles.

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HAKIZIMANA Stanislas ?? Satinskyi/Muramba/Gisenyi Rucano/Satinskyi/Gisenyi 01/21/1997 Colonel KAYUMBA Nyamwasa

 Le 21 janvier 1997 vers 20h30, le Colonel HAKIZIMANA Stanislas a été assassiné près du Centre de négoce de Gatega à MURAMBA dans le secteur RUCANO, commune Satinsyi, préfecture Gisenyi. Il a été tué au domicile de sa belle famille qui l’avait logé avec sa femme Eugénie Mukandinda et leur fils Eric Ukoyivuze (né en 1978). L’autre fils Gilbert Nshimiyimana a survécu à cette attaque de l’APR. Aujourd’hui, il est réfugié politique en Europe.

Toutes les personnes présentes au nombre de dix (10) qui vivaient dans cette habitation ont été toutes tuées sur le champ. Douze (12) voisins qui ont été témoins de ce massacre et qui auraient pu identifier ces assassins ont été eux aussi tués à cette occasion. Il s’était rapatrié avec sa famille en Novembre 1996. Comme il avait reçu l’ordre de se présenter régulièrement au Camp militaire de Mukamira (Gisenyi) deux fois par semaine, il avait jugé bon de loger chez ses beaux parents au bord de la grande route Gitarama-Mukamira pour honorer ces rendez-vous forcés.

 Depuis l’affectation du Colonel KAYUMBA Nyamwasa au poste de Commandant des opérations militaires dans le nord-ouest du Rwanda au début du mois de mai 1997, les attaques contre les bureaux et cachots communaux ainsi que les massacres de civils non armés se sont intensifiés. 

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TWIZEYUMUREMYI Cyrille ?? Byumba/Nord Byumba/Nord 11/30/1997 Damien Rwangampuhwe

Je voudrais vous donner quelques détails sur un criminel qui figure sur la liste des assassins de Kinihira (et pourquoi pas les assassins de Byumba?) Le nommé Damien Rwangampuhwe est originaire du secteur Busoro (ancienne commune Buyoga, rebaptisée Kisaro sous le régime Kagame.) Rwangampuhwe est un rescapé tutsi dont le frère Charles, enseignant au primaire, aurait été assassiné par les Interahamwe en 1994. Damien Rwangampuhwe, également enseignant au primaire après avoir raté son diplôme au Petit Séminaire de Rwesero, a rejoint le FPR en tant que "Umukada" (cadre politique) et s'est livré à des atrocités innommables. Damien Rwangampuhwe est tristement célèbre dans la fameuse "zone tampon" qui tomba automatiquement sous le contrôle du FPR depuis la mort du président Habyarimana. Jusqu'en 1998, Damien qui avait acquis le titre d'agent de renseignements dans l'administration FPR au niveau préfectoral (Byumba), n'a cessé de procéder à des tueries sélectives, en ciblant particulièrement les Hutu instruits de sa région d'origine. Ainsi, Augustin Ndabananiye, un brillant diplômé de Rwesero, Epaphrodite, Cyrille Twizeyumuremyi (ancien responsable du CCDFP-Tumba qui avait fait une année d’études à l’UNR) ainsi que Raphael Habumugisha (ancien Huissier du Tribunal de première instance de Byumba et diplômé de Rwesero + une année à l’ESM), tous voisins ou relativement voisins de Damien, ont été tués presque dans la même période (1997-1998). Cyrille est mon grand frère, tandis que Raphael est mon beau-frère (mari de ma sœur Speciose). Les deux intellectuels ont été arrêtés sous prétexte qu'ils collaboraient avec les infiltrés (Abacengezi) et qu'ils échangeaient en français lors des rondes de nuits (Amarondo). Damien m'a lui-même dit, alors qu’il me croisait à Kigali, qu'il avait arrêté les deux hommes. Tous les membre de ma famille avaient fait objet d'arrestation et torturés à Kinihira, avant d'être relâchés sauf Cyrille et Raphael qui furent transférés dans le camp militaire de Byumba. Ma sœur Speciose a pu leur rendre quelques visites dans cette prison, mais au bout de deux mois, les militaires qui gardaient la prison lui ont dit que Cyrille et Raphael avaient été transférés vers une autre prison sans en préciser le nom. Les témoignages des prisonniers disent que Cyrille et Raphael ont été tués et jetés dans un fossé près de la prison. Damien Rwangampuhwe est nommément cité parmi les tortionnaires et meurtriers des deux innocents. Il faut mentionner que toutes les victimes citées dans ce témoignage arrivaient fraichement de l’exil et commençaient les procédures de recherche d’emploi, ce qui probablement aura fait peur aux cadres du FPR dont la plupart étaient littéralement incompétents. Voila, d'autres détails pourraient arriver ultérieurement, j'essaie de collecter les informations au sujet de nos assassins de Byumba. En l'an 2001, le FPR a incinéré pendant trois jours les restes de plusieurs victimes des massacres du stade de Byumba. Nous n'aurons probablement pas la chance d'enterrer en dignité nos proches massacrés par milliers en 1994 dans la seule commune de Buyoga. La vallée de Shagasha, non loin de la paroisse de Muyanza, est devenue légendaire à la suite du massacre des réfugiés hutu rassemblés pour une réunion par les militaires du FPR. Ismaïl Mbonigaba 02/6/2009.

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SEBAHUNDE Maurice 42 Gisenyi/Nord Giseny/Nord 05/16/1997

Le 16 mai 1997 à 14h, le Sous Préfet de Ngororero, Maurice SEBAHUNDE a été assassiné avec deux de ses collaborateurs par des éléments de l'APR qui avaient érigé une barrière sur la route menant à la commune Ramba d’où ils revenaient. 

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DUSABUMUREMYI Elie 61 Gitarama/Centre Gitarama/Centre 07/11/1996 Charles Kayonga

Le 11 juillet 96, le Bourgmestre de Nyabikenke, Monsieur DUSABUMUREMYI Elie est tombé dans une embuscade de l’APR organisée par le Colonel Charles Kayonga. Depuis ce jour, il a disparu sans laisser de traces. 

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HABINSHUTI Oreste 55 Gikongoro/Sud Gikongoro/Cyizi/Sud 08/01/1995

Dans la soirée du 1er août 1995, le S/Préfet de Gikongoro Oreste HABINSHUTI a été enlevé à Gikongoro par des militaires du FPR et tué le 1/08/1995. Son cadavre fut retrouvé non loin de la terrible barrière de Cyizi où le FPR a intercepté et tué de nombreux Hutu qui rentraient de la Zone humanitaire Turquoise.

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UKULIKIYEYEZU Jean Damascène ?? Gitarama/Centre Gitarama/Centre 07/28/1994 Janvier MUDENGE, Maurice MULISA, Colonel NGOGA, ABBATI

En I994, le Major UKULIKIYEYEZU était chez lui en commune Bulinga dans la préfecture de Gitarama. A l’approche du FPR, il a fui avec sa famille vers le sud, à Kibuye. Après sa conquête de pouvoir en juillet 1994, le FPR a lancé une opération de charmes pour faire rentrer les déplacés et les réfugiés. C’est dans ce cadre qu’une délégation conduite par Jacques BIHOZAGARA est allé à Kibuye tenir une réunion avec les réfugiés. Avec un discours apaisant et rassurant, il les a invités à rentrer sur leurs collines. Le Major UKULIKIYEYEZU est revenu pour voir comment se présentait la situation. En cours de route, il a été escorté par les militaires du FPR jusqu’à Gitarama et conduit chez Maurice MULISA, un des responsables militaires de la région. Il lui a donné hospitalité et a mis à sa disposition une escorte militaire pour aller visiter son domicile à Bulinga. Il lui a ensuite donné un laissez-passer pour retourner à Kibuye ramener sa famille. A Kibuye, UKULIKIYEYEZU a loué la camionnette du commerçant Gaspard NDAGIJE dans laquelle il a embarqué tous les membres de sa famille et d'autres connaissances. Les voilà de retour chez Maurice MULISA, passage obligé pour obtenir des laissez-passer et des escortes militaires. Mais vu le nombre élevé de personnes, Maurice MULISA a demandé à son collègue ABBATI de l’aider à loger ces gens car lui avait une grande maison. Le lendemain, tout le groupe fut conduit, sous escorte, au camp militaire de Gitarama, situé à quelques centaines de mètres pour l’octroi des laissez-passer nécessaires pour retourner sur leurs collines. Arrivés au camp, les militaires sous les ordres de Janvier MUDENGE, homme de main de Maurice MULISA, ont pris congé de leurs hôtes pour être remplacés par d’autres militaires quelques minutes plus tard. Le groupe attendait impatiemment dehors, tout près du Bureau du Commandant de place, le Colonel NGOGA. Le chauffeur de la camionnette, Jean NKUBITO, a eu comme un pressentiment. Il trouvait bizarre que l'on doive attendre si longtemps ces papiers et surtout que la nuit commençait à tomber. Les militaires, qui guettaient faits et gestes de chaque personne du groupe, ont eu comme un signal et ils ont commencé à tirer. Le chauffeur et une autre personne ont réussi à courir et à échapper malgré une course poursuite. Le reste du groupe fut froidement abattu. Sont morts à cette occasion : le Major Jean Damascène UKULIKIYEYEZU avec sa femme Marthe KALIGIRWA, son fils Etienne UKULIKIYEYEZU de 21 ans, ses trois filles : Angelina UKULIKIYEYEZU (24 ans), Claire USANASE (16 ans) et Agnès UWAYEZU (12 ans), la nièce de sa femme Ludovique BIHOYIKI, le commerçant Gaspard NDAGIJE et son boy-chauffeur, une passagère du nom de DAPHROSE et ses deux filles. C’était le 28 juillet 1994.

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NIKWIGIZE Phocas 70 Ruhengeri/Nord Gisenyi/Nord 01/12/1996

Le 30 novembre 1996, Monseigneur Phocas NIKWIGIZE, Evêque de RUHENGERI a été enlevé par les militaires de l’Armée Patriotique Rwandaise et porté disparu à la frontière rwando-congolaise de GISENYI lors de son retour au Rwanda. Il suivait ainsi les réfugiés rapatriés de la RDC après le démantèlement meurtrier de leurs camps au Kivu. 

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MBANZABUGABO Gervais 70 Ruhengeri/Nord Nyamugali/Ruhengeri/Nord 04/10/1994 Sgt Deus Kagiraneza, Col. Sam Kaka, Mukwiye Freddy, Lt Col Rwahama Jackson, Lt Munyambo Bruce, Senior Officer Cyiza, Senior Officer Karangwa, Maj. Gashayija, Col Nduguteye, Maj. Gasana

Gervais MBANZABUGABO est né à Nyamugali, Ruhengeri, en 1920. Il est mort en avril 1994. 

De quoi est-il mort ? Comment est-il mort ? 

En février 1993, les hommes du Front Patriotique Rwandais (FPR) ont  lancé une attaque de grande envergure. Alors qu’ils étaient cantonnés le long de la frontière rwando-ougandaise, ils ont progressé jusqu’à quelques 50 km de la capitale. 

Après des pourparlers entre le Gouvernement rwandais et le FPR, il fut convenu que chacun des belligérants retourne à sa position antérieure à l’attaque. La zone entre les deux armées sera appelée « Zone tampon » ou « Zone démilitarisée ». Aucun militaire ne devait y mettre pied. La population, qui avait fui en masse, fut ainsi invitée à retourner dans la zone. Pour contourner cette mesure, les combattants du FPR, qui voulaient garder le territoire conquis, se débarrassèrent des uniformes militaires et de leurs bottes en caoutchouc et endossèrent des habits en civils. Ils restent là mêlés à la population. Celle-ci est endoctrinée à longueur de journée par des cadres politiques du FPR. Le 06 avril 1994, l’avion du Président Habyarimana est descendu par un missile. Le FPR met en branle son armée et les « civils du FPR » restés dans la zone démilitarisée reprirent leurs uniformes et déterrèrent leurs fusils. La population de la zone tampon est systématiquement prise à partie, d’une façon sélective. Les parents ayant des enfants dans l’administration publique, dans l’armée furent les plus visés. 

Ainsi un beau matin de fin avril 1994, mon père reçut une visite des militaires du FPR. Ils le sommèrent d’inviter la population dans une réunion. Il appela le village. Les gens accoururent. Le chef de la bande de ces militaires mit mon père de côté. Il demanda à l’assistance que ceux qui ont des relations familiales avec lui s’approchent de lui. Toute la famille proche et éloignée s’exécuta. Mais dans la population, certains se dirent : « Ces militaires sont une connaissance du fils de Mbanzabugabo qui est haut placé à Kigali. C’est probablement qu’ils ont des colis alimentaires à distribuer à la famille ». Il est vrai que la famine faisait rage. Alors les plus courageux rejoignirent le groupe de mon père. Le commandant donna l’ordre et le groupe fut conduit à plus de 15km de chez moi, à un endroit appelé RUKERI. Ils y furent tous massacrés. Des témoignages que j’ai pus recueillir parlent d’au moins 80 personnes tuées à cette occasion.  

 D’autres crimes du FPR dans la région 

Le drame de cette région a été décrit par d’autres acteurs. Ainsi, l’Association « SOS Rwanda » basée en Belgique a recueilli des témoignages sur d’autres massacres dans la région. Ils sont attribués à Sam Kaka alias Kanyemera, un officier du FPR, aidé par un certain Mukwiye, un ressortissant de la région. Le modus operandi est le même : inviter la population dans une réunion et la massacrer. Voici le témoignage recueilli par SOS RWANDA-Burundi :  

"Chef d'Etat-major de l'Armée Patriotique Rwandaise (APR) de juillet 1994 à janvier 1998, Kanyemera participa à tous les assassinats qui ont eu lieu dans les préfectures de Byumba et de Ruhengeri sur les populations civiles. Le cas le plus connu est celui de la commune Cyungo dans la préfecture de Byumba. Le 06 avril 1994, le Colonel Kanyemera, qui était avec ses hommes dans la "zone démilitarisée " dans la Commune Cyungo-Byumba, mit au point un appât qui a bien fonctionné : la population de cette commune en proie à la famine parce que la guerre l'avait empêché de cultiver, avait grandement besoin d'une aide en nourriture. Les hommes de KAKA invitèrent tous les cadres de la commune à une réunion à Kimiryi. L'ordre du jour était de mettre sur pied le programme de distribution de la nourriture. Plus d'une vingtaine de personnes répondirent à l'appel. Elles furent tuées dans la salle dans laquelle elles s'étaient rassemblées. Le lendemain, avant que la nouvelle ne se répande, l'on invita tout jeune qui savait lire et écrire à une réunion ayant le même objet et l'on ajouta que les jeunes distributeurs seraient payés à l'heure. Comme c'était les vacances, tous les jeunes de la commune et même des communes environnantes se précipitèrent en masse. Ils furent tous tués sur ordre de SAM KAKA. Le jour suivant, les hommes de KAKA sillonnèrent la commune. Ils tuèrent toutes les familles qui avaient des enfants dans l'administration à Kigali et ailleurs. La même opération fut réalisée également dans les communes avoisinantes de Nyamugali et de Tumba. Il a été aidé dans cette sinistre tache par un certain MUKWIYE de Kinihira, Commune Cyungo et actuellement responsable des services de sécurité à Byumba".(http://www.grandslacs.net/doc/3123.pdf).

Parmi les victimes, il y a non seulement mon père Gervais Mbanzabugabo, mes frères Gakwisi, Félicien Gashongore et Innocent Kanamugire tué avec sa femme Marie Ntakontagize et leurs trois enfants de 4, 3 et 1 an ; mes oncles paternels Augustin Mutabaruka, Rwizihira et Karuranga.

Gaspard Musabyimana

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NSENGIYUMVA Thaddée ?? Gitarama/Centre Gitarama/Gakurazo/Kabgayi 05/06/1994 Lt Gen Fred Ibingira, Brig Gen Innocent Kabandana, Brig Gen Wilson Gumisiriza, major Wilson Ukwishaka, Cpt Dieudonne Rukeba

De l'assassinat des évêques rwandais et d'autres ecclésiastiques à Gakurazo, le dimanche 5 juin 1994

Vénuste LINGUYENEZA 
Waterloo 

2 décembre 1999

Je m'en vais raconter les événements qui ont trait à l'assassinat des évêques Vincent NSENGIYUMVA, archevêque de Kigali, Joseph RUZINDANA, évêque de Byumba et Thaddée NSENGIYUMVA, évêque de Kabgayi et président de la conférence épiscopale, avec 9 prêtres ainsi que le Supérieur Général des Frères Joséphites, Jean Baptiste NSINGA. Les prêtres assassinés sont tous du diocèse de Kabgayi sauf l'Abbé Denis MUTABAZI du diocèse de Nyundo: il avait fui Nyundo où il avait reçu une vilaine blessure d'un coup de lance dans la main (droite si je me rappelle bien) et le malheureux avait cru avoir échappé à la mort. Il s'agit de Monseigneur Jean Marie Vianney RWABILINDA, vicaire général; Monseigneur Innocent GASABWOYA, ancien vicaire général; les Abbés Emmanuel UWIMANA, recteur du petit séminaire, Sylvestre NDABERETSE, économe général, Bernard NTAMUGABUMWE, représentant préfectoral de l'enseignement catholique, François Xavier MULIGO, curé de la cathédrale, avec ses vicaires Alfred KAYIBANDA et Fidèle GAHONZIRE(ce dernier étant en même temps aumônier de l'hôpital). C'est donc pratiquement tout le staff du diocèse de Kabgayi qui a été ainsi décapité.

J'en fais le récit parce que témoin, parce que de fausses ou incomplètes relations circulent, parce qu'on ne demande pas aux témoins ce qui s'est réellement passé (même l'épiscopat rwandais, jusqu'à ce jour, ne m'en a jamais demandé le récit) et parce que, même les études les plus récentes, donnent toujours, des faits, la version du Front Patriotique Rwandais (F.P.R.). Et pourtant beaucoup de témoins sont encore en vie qui pourraient en faire chacun sa relation: le recoupement de ces différents témoignages donnerait un récit le plus complet et le plus fiable possible. On pourrait même retrouver les noms des responsables militaires du site de Kabgayi, qui sont vraisemblablement les responsables de cet assassinat prémédité, faut-il le souligner.

D'entrée de jeu, j'atteste que les évêques savaient plus ou moins ce qui les attendait, mais ils ont refusé de fuir. Ils en avaient discuté avant avec tous les prêtres responsables des communautés de Kabgayi.

Le F.P.R. arrive le jeudi 2 juin 1994. Tout le site de Kabgayi tombe en leurs mains avec la fin de la matinée. Tout Kabgayi, c'est-à-dire jusqu'au garage du diocèse: toutes les propriétés du diocèse avec l'hôpital, les écoles, les ateliers, le grand séminaire de philosophie et les résidences du personnel.

Comme toujours le F.P.R. arrive un peu avant les heures du repas. C'est ainsi qu'ils sont arrivés à l'évêché entre 11h et midi; l'infiltration datait déjà de plusieurs jours, si ce n'est de plusieurs semaines. Ils ont cherché les évêques et spécialement l'archevêque de Kigali; celui -ci fêtait précisément l'anniversaire d'ordination épiscopale, puisqu'il a été ordonné le 2 juin 1974; on avait donc préparé un bon repas de circonstance, mais ceux qui s'en sont régalés n'étaient pas invités!

Les soldats du F.P.R. ont regroupé, devant la cathédrale, les trois évêques avec Mgr Gasabwoya, Mgr Rwabilinda, l'Abbé Muligo, le Frère Nsinga et plus tard l'Abbé Uwimana. On va garder tout le groupe là sous le soleil jusque vers 15h quand on les descend sur la route devant l'école des infirmières. Aux alentours de 19h, les militaires les remontent à l'évêché pour qu'ils prennent quelques effets personnels. Les soldats en profitent pour ramasser tous les prêtres qui se trouvaient à Kabgayi (à l'exception de ceux qui se trouvaient encore au Philosophicum). Trois jeunes filles tiennent à accompagner et à rester avec le groupe, bien que les soldats feront tout pour les éloigner. Ils leur proposaient par exemple, d'aller se mettre à l'abri, mais elles refusaient. Vers 3 h du matin du vendredi, on conduisit tout le groupe en voiture à Ruhango à une quinzaine de kilomètres; on les garda chez un particulier près de la maison communale. Dans la pièce d'à coté, d'autres prisonniers étaient ligotés à la manière F.P.R. qui va les passer par les armes tôt dans la matinée. Les évêques vont rester là avec les prêtres jusqu'au matin du dimanche 5 juin.

Le dimanche 5 juin dans la matinée, on conduit tout le groupe au noviciat des Frères Joséphites. Le curé de Byimana a la surprise de les voir là quand il va célébrer la messe dominicale pour les frères, les religieuses et les fidèles réfugiés là-bas: le Frère Vivens était venu lui demander de faire la messe parce qu'il n'y avait pas de prêtre et il concélébrera avec le groupe qui venait de Ruhango. Ce sera leur dernière messe puisqu'ils seront assassinés dans la soirée du même jour vers 19h. Est-ce une coïncidence que c'était la Fête-Dieu, appelée aussi Fête du Précieux Sang?

Il faut dire qu'entre-temps les militaires devaient attendre des ordres d'en-haut. Tout comme ils avaient voulu rassembler en un même lieu tous les responsables des communautés de Kabgayi. C'est ainsi que là où j'étais à Byimana, avec quatre autres confrères (le préfet des études de philosophât et les prêtres de la paroisse de Byimana), et avec la secrétaire de l'évêché, on est venu vendredi 3 juin au matin, nous dire que bientôt un véhicule viendrait nous emmener rejoindre les autres "banyakiliziya" (néologisme arrivé au Rwanda avec le F.P.R. pour dire "les gens de l'Eglise"). Celui qui nous a ordonné de nous préparer à partir, convoyait une camionnette qui emmenait les Sœurs Benebikira de Byimana ; pour des raisons que j'ignore on n'est pas venu nous embarquer. Y aurait-il eu divergences au sein du F.P.R., car même si le sort des évêques était déjà scellé, il n'en était pas de même pour tous les prêtres qui étaient avec eux et dont certains étaient tutsi. Finalement, les militaires tireront sur le groupe sans distinction.

J'étais donc à Byimana paroisse. En effectuant un flash-back, je me suis rendu compte que la tension était montée chez le militaires ce dimanche-là. Nous subissions une perquisition presque toutes les heures, et chaque fois la hargne était plus visible. Spécialement dans l'après-midi de ce dimanche, deux militaires ont failli même nous tuer; ils ont prétendu que ce qui les retenait, c'est que leur armé ne tue pas les prêtres, ce que nous avons cru à l'instant, sans savoir ce qui se tramait, et sans savoir à ce moment-là, que tous prêtres du diocèse de Byumba qui étaient sur place en avril 1994, avaient été exterminés sans en laisser échapper un seul. Les militaires qui nous ont malmenés cet après-midi, cherchaient à justifier leur colère par les accusations devenues habituelles selon lesquelles l'Eglise n'a pas protégé les Tutsi (et pourtant à Kabgayi, le personnel et les infrastructures du diocèse ont pu sauver plus ou moins 30.000 personnes) ; ils ont même accusé l'évêque de Kabgayi (qu'ils confondaient tout le temps avec l'archevêque de Kigali et le traitaient de «cya gikaridinali», c'est-à-dire le gros cardinal) d'avoir chez lui un immense dépôt d'armes. Visiblement ils cherchaient à forger une culpabilité qui justifierait le massacre qui se préparait.

L'assassinat s'est fait comme partout ailleurs où le F.P.R. a tiré sur les gens: on réunit tout le monde soi-disant pour parler sécurité, puis brusquement on ouvre le feu. C'est ce qui s'est passé avec les évêques et le groupe qui était avec eux. Vers 19h, on les a réunis au réfectoire des Frères Joséphites pour parler de leur séjour et de leur sécurité, leur a-t-on dit. Les militaires se sont énervés quand ils ne voyaient pas arriver l'archevêque (qui était à la chapelle) : on est allé le quérir illico presto. Entre-temps, le chef de poste s'est éclipsé avec ses subordonnées qui jusque-là étaient restés assis à l'écart. Puis des militaires enragés ont fait irruption dans la salle en demandant ce que les «femmes» faisaient là: il s'agit des trois demoiselles qui avaient accompagné les ecclésiastiques depuis Kabgayi et qui s'était obstinées à entrer et à rester avec les religieux au réfectoire alors que les militaires avaient voulu les éloigner en leur disant que la réunion ne les concernait pas ; elles ont été séparées du groupe et jetées dans un coin avec violence ; deux sont restées sur place, littéralement pétrifiées et elles ont assisté à toute la scène quand on a tiré sur tout le monde. La troisième fille s'est échappée avec le seul prêtre rescapé du massacre : ils ont réussi à s'échapper par la porte du fond du réfectoire, une autre que celle par laquelle étaient entrés les militaires. Ils ont couru vers la ferme des frères; ils se sont cachés quelques minutes, puis quand on les a retrouvés, on ne leur a rien fait: l'orage était passé.

On a donc tiré sur les évêques et leur groupe vers 19h-20h. Vers minuit, les militaires rassemblèrent les religieux, les religieuses et tous ceux qui étaient chez les frères Joséphites. De force, tout le monde devait aller regarder les corps des victimes. Ceux qui étaient près de la porte comme Sylvestre NDABERETSE, étaient réduits à de véritables passoires. Toutes les victimes étaient allongées et avaient reçu le coup de grâce, une balle dans la tête: RWABILINDA et GAHONZIRE avaient même les yeux crevés. Un seul était resté assis dans son fauteuil et n'avait pas reçu le coup de grâce: l'évêque de Kabgayi avec sa carrure large, a reçu peut-être toute la première rafale et a dû mourir sur le coup.

Avec les ecclésiastiques, sont morts deux jeunes gens qui étaient restés sans rien savoir du danger qui les guettait. Et l'on s'étonne de la présence du Supérieur Général des Frères Joséphites parmi les victimes. Car les frères avaient su ce qui se tramait et lui-même devait le savoir, mais il est resté volontairement, peut-être parce qu'il pensait qu'on allait tuer l'un ou l'autre, et pas tout le monde. Le Frère Balthazar, maître des novices (hutu, burundais par surcroît) avait essayé de sauver quelques prêtres; il avait inventé un stratagème pour les avertir de l'imminence de l'assassinat: il les faisait sortir un à un soi-disant pour leur montrer leurs chambres; mais quand il a vu que celui qu'il venait d'avertir retournait obstinément dans le groupe, il y a renoncé. On l'a lui-même assassiné quelques semaines après à Kinazi, tout comme le Frère Vivens, neveu de Monseigneur KALIBUSHI. La plupart des autres frères Joséphites présents à Gakurazo en cette nuit du massacre, ont, comme par hasard, rejoint l'armée du F.P.R. la semaine qui a suivi.

Le matin du lundi 6 juin, les militaires du FPR accompagnent le seul prêtre rescapé pour nous annoncer la terrible nouvelle, dans la version qui sera désormais officielle: des jeunes écervelés ont commis la bavure, parce qu'ils auraient trouvé leur famille décimée alors que l'Eglise n'a rien fait pour empêcher les tueries.

Nous sommes atterrés et nous pensons que notre tour viendra bientôt. En début d'après-midi, nous prenons notre courage à deux mains pour aller voir les corps des victimes: ils ont été déplacés dans une autre salle et le réfectoire a été lavé; il n'y a plus de traces, sauf l'odeur forte et caractéristique du sang, ainsi que les impacts des balles, des nombreuses balles, dans les murs. Ce sont les Sœurs de Sainte Marthe (de Kabgayi) et celles du Foyer de Charité (Remera-Ruhondo) qui ont lavé les corps et les ont placés côte à côte sur des nattes et des tapis. Tous les visages ont été couverts. Quand nous demandons à ensevelir les corps, l'on nous dit que justement des officiers voulaient arranger cela avec nous. On m'a dit plus tard qu'il y avait trois colonels dans le groupe. Nous faisons une réunion avec eux. Nous leur faisons trois propositions qu'ils rejettent l'une après l'autre. Heureusement d'ailleurs. La première était que chaque évêque devait être enseveli dans sa cathédrale, que ce serait possible certainement pour ceux de Byumba et Kabgayi puisque c'était en zone F.P.R., tandis que l'archevêque de Kigali pouvait être confié à la MINUAR ou à la Croix-Rouge pour être enterré à Kigali. Niet. Heureusement, car on ne sait jamais ce que seraient devenus les corps, tandis que maintenant c'est sûr qu'ils ont été enterrés, ce sont eux qui gisent dans la cathédrale de Kabgayi et ils ont eu une belle messe concélébrée (des photos ont été prises). La deuxième proposition était que ce n'est pas n'importe qui, qui enterre un évêque, que donc l'autorité du F.P.R. pouvait aller chercher l'évêque de Kibungo (zone F.P.R. également) pour venir enterrer ses confrères. Deuxième niet: les «civilians» ne circulaient pas. C'était notre troisième proposition qui allait rencontrer leur agrément: enterrer les évêques dans la cathédrale à Kabgayi, et le reste dans une fosse commune à Gakurazo.

On me donna tout de suite dans la même après-midi, une camionnette (avec un mineur d'âge comme chauffeur) pour aller chercher au 'Philosophicum', le matériel pour creuser les tombes et la fosse commune. J'en profitai pour me rendre compte des dégâts faits à mon établissement et pour prendre au passage ma soutane. Le lendemain très tôt, on creusa les tombes. A la cathédrale, une tombe fut creusée profondément pour l'évêque du lieu; les deux autres arrivèrent à 1 m puisqu'on pensait que pour les deux autres évêques, la sépulture était provisoire, qu'on les transférerait dans leurs cathédrales respectives le plus tôt possible. A Gakurazo, on creuse une longue fosse commune. A Kabgayi comme à Gakurazo, les militaires furent alignés pour aider à creuser.

Les funérailles étaient prévues pour 14h le mardi 7 juin. Nous commencerons la messe avec un retard. Elle est chantée; je la préside: Seuls les cercueils sont sortis de la salle et rangés près de l'autel de fortune sur la 'barza' devant la salle où les autres corps restent allongés. Je fais un sermon qui a failli me coûter cher: il semble qu'on n'a pas attendu la fin de la messe pour tirer quelques personnes à l'écart et leur demander si je ne suis pas interahamwe, car je prenais la défense des évêques assassinés, de l'Eglise calomniée, et je m'en prenais à toute violence. Après la communion, le F.P.R. demande à parler: l'officier qui prend la parole affirme qu'ils sont tous navrés de cet assassinat, mais qu'on cherche avec acharnement les auteurs qui ne sont personne d'autres que de jeunes gens qui ont trouvé leurs familles décimées, et qui ont pensé que les évêques auraient dû empêcher ce malheur; il ajoute qu'un des coupables s'est tiré une balle parce qu'il savait qu'il serait sérieusement puni (sur le lieu-même, personne n'avait entendu aucun coup de fusil depuis la nuit horrible où furent assassinés nos confrères).

Après la messe, l'abbé Jean NSENGIYUMVA s'occupe de l'enterrement à Gakurazo; on lui demande de prendre la précaution de noter dans quel ordre les corps sont rangés, pour pouvoir les reconnaître à l'avenir. Moi je vais à la cathédrale avec d'autres personnes pour enterrer les évêques. Il fait déjà nuit et on termine l'enterrement à la bougie, avec, à l'extérieur de la cathédrale, on concert de rugissement de mitraillettes. Des journalistes anglophones passeront mais feront semblant de n'avoir rien remarqué, sauf un qui posera deux ou trois questions à la dérobée. Encore une fois, à Kabgayi comme à Gakurazo, les militaires aident à combler les fosses.

Quand nous rentrons à Byimana, quelle ne fut pas notre surprise de remarquer qu'on a démoli toutes les portes de la paroisse, que nos affaires ont été volées, et que le reste est dispersé par terre. Pourtant des militaires avaient reçu l'ordre de garder la paroisse. Mais cela n'est rien.

Vers 2h du matin (c'est l'heure des exécutions chez le F.P.R.), un groupe de militaires nous terrorise. Il a pour chef KAMARAMAZA (nom de guerre comme il est de coutume chez le F.P.R.). Deux prêtres les accompagnent (Alexandre NGEZE qui est décédé au Bugesera début juillet, et un deuxième dont je dirai le nom en cas de besoin); visiblement, ces deux-là ne se doutent pas qu'une exécution est dans l'air. On me demande de suivre la troupe. Je passe ma soutane par dessus le pyjama et on me fait une place dans la cabine de la camionnette. On file sur Gakurazo. Le chef «afandi» va en conciliabule à l'intérieur avec ses homologues ou ses supérieurs encore sur les lieux. Quand il revient, il me dit qu'il me ramène à la paroisse. C'est par après que j'ai su avec certitude le danger que j'avais pressenti, que j'ai couru cette nuit-là, et même tout le temps que je suis resté au Rwanda: comment se fait-il que je sois encore en vie, alors que tous les chefs de communautés de Kabgayi ont été tués avec les trois évêques, sauf moi? Comment rester en vie encore après ce que j'ai dit à la messe des funérailles?

C'est le lendemain qu'un journaliste de Radio-Muhabura (du F.P.R.) est venu prendre des notes. On lui a donné tous les noms des victimes, mais il s'obstinait à demander pourquoi on ne dirait pas que le Frère NSINGA est dixième prêtre assassiné! Il semble que les membres du F.P.R. de parenté proche avec NSINGA (ceux de la famille GASABWOYA d'ailleurs aussi) avaient protesté contre son assassinat. On connaît la version qui a été lue à Radio-Muhabura. Ils ont faussé les dates en disant que l'assassinat avait eu lieu «hier», c'est-à-dire le mardi 7 juin; on n'a jamais donné le nom du Frère NSINGA, mais on a donné plutôt...le mien!

Vénuste LINGUYENEZA

 

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RUZINDANA Joseph 40 Gitarama/centre Gitarama/Gakurazo/Kabgayi 05/06/1994 Lt Gen Fred Ibingira, Brig Gen Innocent Kabandana, Brig Gen Wilson Gumisiriza, major Wilson Ukwishaka, Cpt Dieudonne Rukeba

De l'assassinat des évêques rwandais et d'autres ecclésiastiques à Gakurazo, le dimanche 5 juin 1994

Vénuste LINGUYENEZA 
Waterloo 

2 décembre 1999

Je m'en vais raconter les événements qui ont trait à l'assassinat des évêques Vincent NSENGIYUMVA, archevêque de Kigali, Joseph RUZINDANA, évêque de Byumba et Thaddée NSENGIYUMVA, évêque de Kabgayi et président de la conférence épiscopale, avec 9 prêtres ainsi que le Supérieur Général des Frères Joséphites, Jean Baptiste NSINGA. Les prêtres assassinés sont tous du diocèse de Kabgayi sauf l'Abbé Denis MUTABAZI du diocèse de Nyundo: il avait fui Nyundo où il avait reçu une vilaine blessure d'un coup de lance dans la main (droite si je me rappelle bien) et le malheureux avait cru avoir échappé à la mort. Il s'agit de Monseigneur Jean Marie Vianney RWABILINDA, vicaire général; Monseigneur Innocent GASABWOYA, ancien vicaire général; les Abbés Emmanuel UWIMANA, recteur du petit séminaire, Sylvestre NDABERETSE, économe général, Bernard NTAMUGABUMWE, représentant préfectoral de l'enseignement catholique, François Xavier MULIGO, curé de la cathédrale, avec ses vicaires Alfred KAYIBANDA et Fidèle GAHONZIRE(ce dernier étant en même temps aumônier de l'hôpital). C'est donc pratiquement tout le staff du diocèse de Kabgayi qui a été ainsi décapité.

J'en fais le récit parce que témoin, parce que de fausses ou incomplètes relations circulent, parce qu'on ne demande pas aux témoins ce qui s'est réellement passé (même l'épiscopat rwandais, jusqu'à ce jour, ne m'en a jamais demandé le récit) et parce que, même les études les plus récentes, donnent toujours, des faits, la version du Front Patriotique Rwandais (F.P.R.). Et pourtant beaucoup de témoins sont encore en vie qui pourraient en faire chacun sa relation: le recoupement de ces différents témoignages donnerait un récit le plus complet et le plus fiable possible. On pourrait même retrouver les noms des responsables militaires du site de Kabgayi, qui sont vraisemblablement les responsables de cet assassinat prémédité, faut-il le souligner.

D'entrée de jeu, j'atteste que les évêques savaient plus ou moins ce qui les attendait, mais ils ont refusé de fuir. Ils en avaient discuté avant avec tous les prêtres responsables des communautés de Kabgayi.

Le F.P.R. arrive le jeudi 2 juin 1994. Tout le site de Kabgayi tombe en leurs mains avec la fin de la matinée. Tout Kabgayi, c'est-à-dire jusqu'au garage du diocèse: toutes les propriétés du diocèse avec l'hôpital, les écoles, les ateliers, le grand séminaire de philosophie et les résidences du personnel.

Comme toujours le F.P.R. arrive un peu avant les heures du repas. C'est ainsi qu'ils sont arrivés à l'évêché entre 11h et midi; l'infiltration datait déjà de plusieurs jours, si ce n'est de plusieurs semaines. Ils ont cherché les évêques et spécialement l'archevêque de Kigali; celui -ci fêtait précisément l'anniversaire d'ordination épiscopale, puisqu'il a été ordonné le 2 juin 1974; on avait donc préparé un bon repas de circonstance, mais ceux qui s'en sont régalés n'étaient pas invités!

Les soldats du F.P.R. ont regroupé, devant la cathédrale, les trois évêques avec Mgr Gasabwoya, Mgr Rwabilinda, l'Abbé Muligo, le Frère Nsinga et plus tard l'Abbé Uwimana. On va garder tout le groupe là sous le soleil jusque vers 15h quand on les descend sur la route devant l'école des infirmières. Aux alentours de 19h, les militaires les remontent à l'évêché pour qu'ils prennent quelques effets personnels. Les soldats en profitent pour ramasser tous les prêtres qui se trouvaient à Kabgayi (à l'exception de ceux qui se trouvaient encore au Philosophicum). Trois jeunes filles tiennent à accompagner et à rester avec le groupe, bien que les soldats feront tout pour les éloigner. Ils leur proposaient par exemple, d'aller se mettre à l'abri, mais elles refusaient. Vers 3 h du matin du vendredi, on conduisit tout le groupe en voiture à Ruhango à une quinzaine de kilomètres; on les garda chez un particulier près de la maison communale. Dans la pièce d'à coté, d'autres prisonniers étaient ligotés à la manière F.P.R. qui va les passer par les armes tôt dans la matinée. Les évêques vont rester là avec les prêtres jusqu'au matin du dimanche 5 juin.

Le dimanche 5 juin dans la matinée, on conduit tout le groupe au noviciat des Frères Joséphites. Le curé de Byimana a la surprise de les voir là quand il va célébrer la messe dominicale pour les frères, les religieuses et les fidèles réfugiés là-bas: le Frère Vivens était venu lui demander de faire la messe parce qu'il n'y avait pas de prêtre et il concélébrera avec le groupe qui venait de Ruhango. Ce sera leur dernière messe puisqu'ils seront assassinés dans la soirée du même jour vers 19h. Est-ce une coïncidence que c'était la Fête-Dieu, appelée aussi Fête du Précieux Sang?

Il faut dire qu'entre-temps les militaires devaient attendre des ordres d'en-haut. Tout comme ils avaient voulu rassembler en un même lieu tous les responsables des communautés de Kabgayi. C'est ainsi que là où j'étais à Byimana, avec quatre autres confrères (le préfet des études de philosophât et les prêtres de la paroisse de Byimana), et avec la secrétaire de l'évêché, on est venu vendredi 3 juin au matin, nous dire que bientôt un véhicule viendrait nous emmener rejoindre les autres "banyakiliziya" (néologisme arrivé au Rwanda avec le F.P.R. pour dire "les gens de l'Eglise"). Celui qui nous a ordonné de nous préparer à partir, convoyait une camionnette qui emmenait les Sœurs Benebikira de Byimana ; pour des raisons que j'ignore on n'est pas venu nous embarquer. Y aurait-il eu divergences au sein du F.P.R., car même si le sort des évêques était déjà scellé, il n'en était pas de même pour tous les prêtres qui étaient avec eux et dont certains étaient tutsi. Finalement, les militaires tireront sur le groupe sans distinction.

J'étais donc à Byimana paroisse. En effectuant un flash-back, je me suis rendu compte que la tension était montée chez le militaires ce dimanche-là. Nous subissions une perquisition presque toutes les heures, et chaque fois la hargne était plus visible. Spécialement dans l'après-midi de ce dimanche, deux militaires ont failli même nous tuer; ils ont prétendu que ce qui les retenait, c'est que leur armé ne tue pas les prêtres, ce que nous avons cru à l'instant, sans savoir ce qui se tramait, et sans savoir à ce moment-là, que tous prêtres du diocèse de Byumba qui étaient sur place en avril 1994, avaient été exterminés sans en laisser échapper un seul. Les militaires qui nous ont malmenés cet après-midi, cherchaient à justifier leur colère par les accusations devenues habituelles selon lesquelles l'Eglise n'a pas protégé les Tutsi (et pourtant à Kabgayi, le personnel et les infrastructures du diocèse ont pu sauver plus ou moins 30.000 personnes) ; ils ont même accusé l'évêque de Kabgayi (qu'ils confondaient tout le temps avec l'archevêque de Kigali et le traitaient de «cya gikaridinali», c'est-à-dire le gros cardinal) d'avoir chez lui un immense dépôt d'armes. Visiblement ils cherchaient à forger une culpabilité qui justifierait le massacre qui se préparait.

L'assassinat s'est fait comme partout ailleurs où le F.P.R. a tiré sur les gens: on réunit tout le monde soi-disant pour parler sécurité, puis brusquement on ouvre le feu. C'est ce qui s'est passé avec les évêques et le groupe qui était avec eux. Vers 19h, on les a réunis au réfectoire des Frères Joséphites pour parler de leur séjour et de leur sécurité, leur a-t-on dit. Les militaires se sont énervés quand ils ne voyaient pas arriver l'archevêque (qui était à la chapelle) : on est allé le quérir illico presto. Entre-temps, le chef de poste s'est éclipsé avec ses subordonnées qui jusque-là étaient restés assis à l'écart. Puis des militaires enragés ont fait irruption dans la salle en demandant ce que les «femmes» faisaient là: il s'agit des trois demoiselles qui avaient accompagné les ecclésiastiques depuis Kabgayi et qui s'était obstinées à entrer et à rester avec les religieux au réfectoire alors que les militaires avaient voulu les éloigner en leur disant que la réunion ne les concernait pas ; elles ont été séparées du groupe et jetées dans un coin avec violence ; deux sont restées sur place, littéralement pétrifiées et elles ont assisté à toute la scène quand on a tiré sur tout le monde. La troisième fille s'est échappée avec le seul prêtre rescapé du massacre : ils ont réussi à s'échapper par la porte du fond du réfectoire, une autre que celle par laquelle étaient entrés les militaires. Ils ont couru vers la ferme des frères; ils se sont cachés quelques minutes, puis quand on les a retrouvés, on ne leur a rien fait: l'orage était passé.

On a donc tiré sur les évêques et leur groupe vers 19h-20h. Vers minuit, les militaires rassemblèrent les religieux, les religieuses et tous ceux qui étaient chez les frères Joséphites. De force, tout le monde devait aller regarder les corps des victimes. Ceux qui étaient près de la porte comme Sylvestre NDABERETSE, étaient réduits à de véritables passoires. Toutes les victimes étaient allongées et avaient reçu le coup de grâce, une balle dans la tête: RWABILINDA et GAHONZIRE avaient même les yeux crevés. Un seul était resté assis dans son fauteuil et n'avait pas reçu le coup de grâce: l'évêque de Kabgayi avec sa carrure large, a reçu peut-être toute la première rafale et a dû mourir sur le coup.

Avec les ecclésiastiques, sont morts deux jeunes gens qui étaient restés sans rien savoir du danger qui les guettait. Et l'on s'étonne de la présence du Supérieur Général des Frères Joséphites parmi les victimes. Car les frères avaient su ce qui se tramait et lui-même devait le savoir, mais il est resté volontairement, peut-être parce qu'il pensait qu'on allait tuer l'un ou l'autre, et pas tout le monde. Le Frère Balthazar, maître des novices (hutu, burundais par surcroît) avait essayé de sauver quelques prêtres; il avait inventé un stratagème pour les avertir de l'imminence de l'assassinat: il les faisait sortir un à un soi-disant pour leur montrer leurs chambres; mais quand il a vu que celui qu'il venait d'avertir retournait obstinément dans le groupe, il y a renoncé. On l'a lui-même assassiné quelques semaines après à Kinazi, tout comme le Frère Vivens, neveu de Monseigneur KALIBUSHI. La plupart des autres frères Joséphites présents à Gakurazo en cette nuit du massacre, ont, comme par hasard, rejoint l'armée du F.P.R. la semaine qui a suivi.

Le matin du lundi 6 juin, les militaires du FPR accompagnent le seul prêtre rescapé pour nous annoncer la terrible nouvelle, dans la version qui sera désormais officielle: des jeunes écervelés ont commis la bavure, parce qu'ils auraient trouvé leur famille décimée alors que l'Eglise n'a rien fait pour empêcher les tueries.

Nous sommes atterrés et nous pensons que notre tour viendra bientôt. En début d'après-midi, nous prenons notre courage à deux mains pour aller voir les corps des victimes: ils ont été déplacés dans une autre salle et le réfectoire a été lavé; il n'y a plus de traces, sauf l'odeur forte et caractéristique du sang, ainsi que les impacts des balles, des nombreuses balles, dans les murs. Ce sont les Sœurs de Sainte Marthe (de Kabgayi) et celles du Foyer de Charité (Remera-Ruhondo) qui ont lavé les corps et les ont placés côte à côte sur des nattes et des tapis. Tous les visages ont été couverts. Quand nous demandons à ensevelir les corps, l'on nous dit que justement des officiers voulaient arranger cela avec nous. On m'a dit plus tard qu'il y avait trois colonels dans le groupe. Nous faisons une réunion avec eux. Nous leur faisons trois propositions qu'ils rejettent l'une après l'autre. Heureusement d'ailleurs. La première était que chaque évêque devait être enseveli dans sa cathédrale, que ce serait possible certainement pour ceux de Byumba et Kabgayi puisque c'était en zone F.P.R., tandis que l'archevêque de Kigali pouvait être confié à la MINUAR ou à la Croix-Rouge pour être enterré à Kigali. Niet. Heureusement, car on ne sait jamais ce que seraient devenus les corps, tandis que maintenant c'est sûr qu'ils ont été enterrés, ce sont eux qui gisent dans la cathédrale de Kabgayi et ils ont eu une belle messe concélébrée (des photos ont été prises). La deuxième proposition était que ce n'est pas n'importe qui, qui enterre un évêque, que donc l'autorité du F.P.R. pouvait aller chercher l'évêque de Kibungo (zone F.P.R. également) pour venir enterrer ses confrères. Deuxième niet: les «civilians» ne circulaient pas. C'était notre troisième proposition qui allait rencontrer leur agrément: enterrer les évêques dans la cathédrale à Kabgayi, et le reste dans une fosse commune à Gakurazo.

On me donna tout de suite dans la même après-midi, une camionnette (avec un mineur d'âge comme chauffeur) pour aller chercher au 'Philosophicum', le matériel pour creuser les tombes et la fosse commune. J'en profitai pour me rendre compte des dégâts faits à mon établissement et pour prendre au passage ma soutane. Le lendemain très tôt, on creusa les tombes. A la cathédrale, une tombe fut creusée profondément pour l'évêque du lieu; les deux autres arrivèrent à 1 m puisqu'on pensait que pour les deux autres évêques, la sépulture était provisoire, qu'on les transférerait dans leurs cathédrales respectives le plus tôt possible. A Gakurazo, on creuse une longue fosse commune. A Kabgayi comme à Gakurazo, les militaires furent alignés pour aider à creuser.

Les funérailles étaient prévues pour 14h le mardi 7 juin. Nous commencerons la messe avec un retard. Elle est chantée; je la préside: Seuls les cercueils sont sortis de la salle et rangés près de l'autel de fortune sur la 'barza' devant la salle où les autres corps restent allongés. Je fais un sermon qui a failli me coûter cher: il semble qu'on n'a pas attendu la fin de la messe pour tirer quelques personnes à l'écart et leur demander si je ne suis pas interahamwe, car je prenais la défense des évêques assassinés, de l'Eglise calomniée, et je m'en prenais à toute violence. Après la communion, le F.P.R. demande à parler: l'officier qui prend la parole affirme qu'ils sont tous navrés de cet assassinat, mais qu'on cherche avec acharnement les auteurs qui ne sont personne d'autres que de jeunes gens qui ont trouvé leurs familles décimées, et qui ont pensé que les évêques auraient dû empêcher ce malheur; il ajoute qu'un des coupables s'est tiré une balle parce qu'il savait qu'il serait sérieusement puni (sur le lieu-même, personne n'avait entendu aucun coup de fusil depuis la nuit horrible où furent assassinés nos confrères).

Après la messe, l'abbé Jean NSENGIYUMVA s'occupe de l'enterrement à Gakurazo; on lui demande de prendre la précaution de noter dans quel ordre les corps sont rangés, pour pouvoir les reconnaître à l'avenir. Moi je vais à la cathédrale avec d'autres personnes pour enterrer les évêques. Il fait déjà nuit et on termine l'enterrement à la bougie, avec, à l'extérieur de la cathédrale, on concert de rugissement de mitraillettes. Des journalistes anglophones passeront mais feront semblant de n'avoir rien remarqué, sauf un qui posera deux ou trois questions à la dérobée. Encore une fois, à Kabgayi comme à Gakurazo, les militaires aident à combler les fosses.

Quand nous rentrons à Byimana, quelle ne fut pas notre surprise de remarquer qu'on a démoli toutes les portes de la paroisse, que nos affaires ont été volées, et que le reste est dispersé par terre. Pourtant des militaires avaient reçu l'ordre de garder la paroisse. Mais cela n'est rien.

Vers 2h du matin (c'est l'heure des exécutions chez le F.P.R.), un groupe de militaires nous terrorise. Il a pour chef KAMARAMAZA (nom de guerre comme il est de coutume chez le F.P.R.). Deux prêtres les accompagnent (Alexandre NGEZE qui est décédé au Bugesera début juillet, et un deuxième dont je dirai le nom en cas de besoin); visiblement, ces deux-là ne se doutent pas qu'une exécution est dans l'air. On me demande de suivre la troupe. Je passe ma soutane par dessus le pyjama et on me fait une place dans la cabine de la camionnette. On file sur Gakurazo. Le chef «afandi» va en conciliabule à l'intérieur avec ses homologues ou ses supérieurs encore sur les lieux. Quand il revient, il me dit qu'il me ramène à la paroisse. C'est par après que j'ai su avec certitude le danger que j'avais pressenti, que j'ai couru cette nuit-là, et même tout le temps que je suis resté au Rwanda: comment se fait-il que je sois encore en vie, alors que tous les chefs de communautés de Kabgayi ont été tués avec les trois évêques, sauf moi? Comment rester en vie encore après ce que j'ai dit à la messe des funérailles?

C'est le lendemain qu'un journaliste de Radio-Muhabura (du F.P.R.) est venu prendre des notes. On lui a donné tous les noms des victimes, mais il s'obstinait à demander pourquoi on ne dirait pas que le Frère NSINGA est dixième prêtre assassiné! Il semble que les membres du F.P.R. de parenté proche avec NSINGA (ceux de la famille GASABWOYA d'ailleurs aussi) avaient protesté contre son assassinat. On connaît la version qui a été lue à Radio-Muhabura. Ils ont faussé les dates en disant que l'assassinat avait eu lieu «hier», c'est-à-dire le mardi 7 juin; on n'a jamais donné le nom du Frère NSINGA, mais on a donné plutôt...le mien!

Vénuste LINGUYENEZA

 

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NSENGIYUMVA Vincent ?? Gitarama/Centre Gakurazo/Kabgayi 05/06/1994 Lt Gen Fred Ibingira, Brig Gen Innocent Kabandana, Brig Gen Wilson Gumisiriza, major Wilson Ukwishaka, Cpt Dieudonne Rukeba

De l'assassinat des évêques rwandais et d'autres ecclésiastiques à Gakurazo, le dimanche 5 juin 1994

Vénuste LINGUYENEZA 
Waterloo 

2 décembre 1999

Je m'en vais raconter les événements qui ont trait à l'assassinat des évêques Vincent NSENGIYUMVA, archevêque de Kigali, Joseph RUZINDANA, évêque de Byumba et Thaddée NSENGIYUMVA, évêque de Kabgayi et président de la conférence épiscopale, avec 9 prêtres ainsi que le Supérieur Général des Frères Joséphites, Jean Baptiste NSINGA. Les prêtres assassinés sont tous du diocèse de Kabgayi sauf l'Abbé Denis MUTABAZI du diocèse de Nyundo: il avait fui Nyundo où il avait reçu une vilaine blessure d'un coup de lance dans la main (droite si je me rappelle bien) et le malheureux avait cru avoir échappé à la mort. Il s'agit de Monseigneur Jean Marie Vianney RWABILINDA, vicaire général; Monseigneur Innocent GASABWOYA, ancien vicaire général; les Abbés Emmanuel UWIMANA, recteur du petit séminaire, Sylvestre NDABERETSE, économe général, Bernard NTAMUGABUMWE, représentant préfectoral de l'enseignement catholique, François Xavier MULIGO, curé de la cathédrale, avec ses vicaires Alfred KAYIBANDA et Fidèle GAHONZIRE(ce dernier étant en même temps aumônier de l'hôpital). C'est donc pratiquement tout le staff du diocèse de Kabgayi qui a été ainsi décapité.

J'en fais le récit parce que témoin, parce que de fausses ou incomplètes relations circulent, parce qu'on ne demande pas aux témoins ce qui s'est réellement passé (même l'épiscopat rwandais, jusqu'à ce jour, ne m'en a jamais demandé le récit) et parce que, même les études les plus récentes, donnent toujours, des faits, la version du Front Patriotique Rwandais (F.P.R.). Et pourtant beaucoup de témoins sont encore en vie qui pourraient en faire chacun sa relation: le recoupement de ces différents témoignages donnerait un récit le plus complet et le plus fiable possible. On pourrait même retrouver les noms des responsables militaires du site de Kabgayi, qui sont vraisemblablement les responsables de cet assassinat prémédité, faut-il le souligner.

D'entrée de jeu, j'atteste que les évêques savaient plus ou moins ce qui les attendait, mais ils ont refusé de fuir. Ils en avaient discuté avant avec tous les prêtres responsables des communautés de Kabgayi.

Le F.P.R. arrive le jeudi 2 juin 1994. Tout le site de Kabgayi tombe en leurs mains avec la fin de la matinée. Tout Kabgayi, c'est-à-dire jusqu'au garage du diocèse: toutes les propriétés du diocèse avec l'hôpital, les écoles, les ateliers, le grand séminaire de philosophie et les résidences du personnel.

Comme toujours le F.P.R. arrive un peu avant les heures du repas. C'est ainsi qu'ils sont arrivés à l'évêché entre 11h et midi; l'infiltration datait déjà de plusieurs jours, si ce n'est de plusieurs semaines. Ils ont cherché les évêques et spécialement l'archevêque de Kigali; celui -ci fêtait précisément l'anniversaire d'ordination épiscopale, puisqu'il a été ordonné le 2 juin 1974; on avait donc préparé un bon repas de circonstance, mais ceux qui s'en sont régalés n'étaient pas invités!

Les soldats du F.P.R. ont regroupé, devant la cathédrale, les trois évêques avec Mgr Gasabwoya, Mgr Rwabilinda, l'Abbé Muligo, le Frère Nsinga et plus tard l'Abbé Uwimana. On va garder tout le groupe là sous le soleil jusque vers 15h quand on les descend sur la route devant l'école des infirmières. Aux alentours de 19h, les militaires les remontent à l'évêché pour qu'ils prennent quelques effets personnels. Les soldats en profitent pour ramasser tous les prêtres qui se trouvaient à Kabgayi (à l'exception de ceux qui se trouvaient encore au Philosophicum). Trois jeunes filles tiennent à accompagner et à rester avec le groupe, bien que les soldats feront tout pour les éloigner. Ils leur proposaient par exemple, d'aller se mettre à l'abri, mais elles refusaient. Vers 3 h du matin du vendredi, on conduisit tout le groupe en voiture à Ruhango à une quinzaine de kilomètres; on les garda chez un particulier près de la maison communale. Dans la pièce d'à coté, d'autres prisonniers étaient ligotés à la manière F.P.R. qui va les passer par les armes tôt dans la matinée. Les évêques vont rester là avec les prêtres jusqu'au matin du dimanche 5 juin.

Le dimanche 5 juin dans la matinée, on conduit tout le groupe au noviciat des Frères Joséphites. Le curé de Byimana a la surprise de les voir là quand il va célébrer la messe dominicale pour les frères, les religieuses et les fidèles réfugiés là-bas: le Frère Vivens était venu lui demander de faire la messe parce qu'il n'y avait pas de prêtre et il concélébrera avec le groupe qui venait de Ruhango. Ce sera leur dernière messe puisqu'ils seront assassinés dans la soirée du même jour vers 19h. Est-ce une coïncidence que c'était la Fête-Dieu, appelée aussi Fête du Précieux Sang?

Il faut dire qu'entre-temps les militaires devaient attendre des ordres d'en-haut. Tout comme ils avaient voulu rassembler en un même lieu tous les responsables des communautés de Kabgayi. C'est ainsi que là où j'étais à Byimana, avec quatre autres confrères (le préfet des études de philosophât et les prêtres de la paroisse de Byimana), et avec la secrétaire de l'évêché, on est venu vendredi 3 juin au matin, nous dire que bientôt un véhicule viendrait nous emmener rejoindre les autres "banyakiliziya" (néologisme arrivé au Rwanda avec le F.P.R. pour dire "les gens de l'Eglise"). Celui qui nous a ordonné de nous préparer à partir, convoyait une camionnette qui emmenait les Sœurs Benebikira de Byimana ; pour des raisons que j'ignore on n'est pas venu nous embarquer. Y aurait-il eu divergences au sein du F.P.R., car même si le sort des évêques était déjà scellé, il n'en était pas de même pour tous les prêtres qui étaient avec eux et dont certains étaient tutsi. Finalement, les militaires tireront sur le groupe sans distinction.

J'étais donc à Byimana paroisse. En effectuant un flash-back, je me suis rendu compte que la tension était montée chez le militaires ce dimanche-là. Nous subissions une perquisition presque toutes les heures, et chaque fois la hargne était plus visible. Spécialement dans l'après-midi de ce dimanche, deux militaires ont failli même nous tuer; ils ont prétendu que ce qui les retenait, c'est que leur armé ne tue pas les prêtres, ce que nous avons cru à l'instant, sans savoir ce qui se tramait, et sans savoir à ce moment-là, que tous prêtres du diocèse de Byumba qui étaient sur place en avril 1994, avaient été exterminés sans en laisser échapper un seul. Les militaires qui nous ont malmenés cet après-midi, cherchaient à justifier leur colère par les accusations devenues habituelles selon lesquelles l'Eglise n'a pas protégé les Tutsi (et pourtant à Kabgayi, le personnel et les infrastructures du diocèse ont pu sauver plus ou moins 30.000 personnes) ; ils ont même accusé l'évêque de Kabgayi (qu'ils confondaient tout le temps avec l'archevêque de Kigali et le traitaient de «cya gikaridinali», c'est-à-dire le gros cardinal) d'avoir chez lui un immense dépôt d'armes. Visiblement ils cherchaient à forger une culpabilité qui justifierait le massacre qui se préparait.

L'assassinat s'est fait comme partout ailleurs où le F.P.R. a tiré sur les gens: on réunit tout le monde soi-disant pour parler sécurité, puis brusquement on ouvre le feu. C'est ce qui s'est passé avec les évêques et le groupe qui était avec eux. Vers 19h, on les a réunis au réfectoire des Frères Joséphites pour parler de leur séjour et de leur sécurité, leur a-t-on dit. Les militaires se sont énervés quand ils ne voyaient pas arriver l'archevêque (qui était à la chapelle) : on est allé le quérir illico presto. Entre-temps, le chef de poste s'est éclipsé avec ses subordonnées qui jusque-là étaient restés assis à l'écart. Puis des militaires enragés ont fait irruption dans la salle en demandant ce que les «femmes» faisaient là: il s'agit des trois demoiselles qui avaient accompagné les ecclésiastiques depuis Kabgayi et qui s'était obstinées à entrer et à rester avec les religieux au réfectoire alors que les militaires avaient voulu les éloigner en leur disant que la réunion ne les concernait pas ; elles ont été séparées du groupe et jetées dans un coin avec violence ; deux sont restées sur place, littéralement pétrifiées et elles ont assisté à toute la scène quand on a tiré sur tout le monde. La troisième fille s'est échappée avec le seul prêtre rescapé du massacre : ils ont réussi à s'échapper par la porte du fond du réfectoire, une autre que celle par laquelle étaient entrés les militaires. Ils ont couru vers la ferme des frères; ils se sont cachés quelques minutes, puis quand on les a retrouvés, on ne leur a rien fait: l'orage était passé.

On a donc tiré sur les évêques et leur groupe vers 19h-20h. Vers minuit, les militaires rassemblèrent les religieux, les religieuses et tous ceux qui étaient chez les frères Joséphites. De force, tout le monde devait aller regarder les corps des victimes. Ceux qui étaient près de la porte comme Sylvestre NDABERETSE, étaient réduits à de véritables passoires. Toutes les victimes étaient allongées et avaient reçu le coup de grâce, une balle dans la tête: RWABILINDA et GAHONZIRE avaient même les yeux crevés. Un seul était resté assis dans son fauteuil et n'avait pas reçu le coup de grâce: l'évêque de Kabgayi avec sa carrure large, a reçu peut-être toute la première rafale et a dû mourir sur le coup.

Avec les ecclésiastiques, sont morts deux jeunes gens qui étaient restés sans rien savoir du danger qui les guettait. Et l'on s'étonne de la présence du Supérieur Général des Frères Joséphites parmi les victimes. Car les frères avaient su ce qui se tramait et lui-même devait le savoir, mais il est resté volontairement, peut-être parce qu'il pensait qu'on allait tuer l'un ou l'autre, et pas tout le monde. Le Frère Balthazar, maître des novices (hutu, burundais par surcroît) avait essayé de sauver quelques prêtres; il avait inventé un stratagème pour les avertir de l'imminence de l'assassinat: il les faisait sortir un à un soi-disant pour leur montrer leurs chambres; mais quand il a vu que celui qu'il venait d'avertir retournait obstinément dans le groupe, il y a renoncé. On l'a lui-même assassiné quelques semaines après à Kinazi, tout comme le Frère Vivens, neveu de Monseigneur KALIBUSHI. La plupart des autres frères Joséphites présents à Gakurazo en cette nuit du massacre, ont, comme par hasard, rejoint l'armée du F.P.R. la semaine qui a suivi.

Le matin du lundi 6 juin, les militaires du FPR accompagnent le seul prêtre rescapé pour nous annoncer la terrible nouvelle, dans la version qui sera désormais officielle: des jeunes écervelés ont commis la bavure, parce qu'ils auraient trouvé leur famille décimée alors que l'Eglise n'a rien fait pour empêcher les tueries.

Nous sommes atterrés et nous pensons que notre tour viendra bientôt. En début d'après-midi, nous prenons notre courage à deux mains pour aller voir les corps des victimes: ils ont été déplacés dans une autre salle et le réfectoire a été lavé; il n'y a plus de traces, sauf l'odeur forte et caractéristique du sang, ainsi que les impacts des balles, des nombreuses balles, dans les murs. Ce sont les Sœurs de Sainte Marthe (de Kabgayi) et celles du Foyer de Charité (Remera-Ruhondo) qui ont lavé les corps et les ont placés côte à côte sur des nattes et des tapis. Tous les visages ont été couverts. Quand nous demandons à ensevelir les corps, l'on nous dit que justement des officiers voulaient arranger cela avec nous. On m'a dit plus tard qu'il y avait trois colonels dans le groupe. Nous faisons une réunion avec eux. Nous leur faisons trois propositions qu'ils rejettent l'une après l'autre. Heureusement d'ailleurs. La première était que chaque évêque devait être enseveli dans sa cathédrale, que ce serait possible certainement pour ceux de Byumba et Kabgayi puisque c'était en zone F.P.R., tandis que l'archevêque de Kigali pouvait être confié à la MINUAR ou à la Croix-Rouge pour être enterré à Kigali. Niet. Heureusement, car on ne sait jamais ce que seraient devenus les corps, tandis que maintenant c'est sûr qu'ils ont été enterrés, ce sont eux qui gisent dans la cathédrale de Kabgayi et ils ont eu une belle messe concélébrée (des photos ont été prises). La deuxième proposition était que ce n'est pas n'importe qui, qui enterre un évêque, que donc l'autorité du F.P.R. pouvait aller chercher l'évêque de Kibungo (zone F.P.R. également) pour venir enterrer ses confrères. Deuxième niet: les «civilians» ne circulaient pas. C'était notre troisième proposition qui allait rencontrer leur agrément: enterrer les évêques dans la cathédrale à Kabgayi, et le reste dans une fosse commune à Gakurazo.

On me donna tout de suite dans la même après-midi, une camionnette (avec un mineur d'âge comme chauffeur) pour aller chercher au 'Philosophicum', le matériel pour creuser les tombes et la fosse commune. J'en profitai pour me rendre compte des dégâts faits à mon établissement et pour prendre au passage ma soutane. Le lendemain très tôt, on creusa les tombes. A la cathédrale, une tombe fut creusée profondément pour l'évêque du lieu; les deux autres arrivèrent à 1 m puisqu'on pensait que pour les deux autres évêques, la sépulture était provisoire, qu'on les transférerait dans leurs cathédrales respectives le plus tôt possible. A Gakurazo, on creuse une longue fosse commune. A Kabgayi comme à Gakurazo, les militaires furent alignés pour aider à creuser.

Les funérailles étaient prévues pour 14h le mardi 7 juin. Nous commencerons la messe avec un retard. Elle est chantée; je la préside: Seuls les cercueils sont sortis de la salle et rangés près de l'autel de fortune sur la 'barza' devant la salle où les autres corps restent allongés. Je fais un sermon qui a failli me coûter cher: il semble qu'on n'a pas attendu la fin de la messe pour tirer quelques personnes à l'écart et leur demander si je ne suis pas interahamwe, car je prenais la défense des évêques assassinés, de l'Eglise calomniée, et je m'en prenais à toute violence. Après la communion, le F.P.R. demande à parler: l'officier qui prend la parole affirme qu'ils sont tous navrés de cet assassinat, mais qu'on cherche avec acharnement les auteurs qui ne sont personne d'autres que de jeunes gens qui ont trouvé leurs familles décimées, et qui ont pensé que les évêques auraient dû empêcher ce malheur; il ajoute qu'un des coupables s'est tiré une balle parce qu'il savait qu'il serait sérieusement puni (sur le lieu-même, personne n'avait entendu aucun coup de fusil depuis la nuit horrible où furent assassinés nos confrères).

Après la messe, l'abbé Jean NSENGIYUMVA s'occupe de l'enterrement à Gakurazo; on lui demande de prendre la précaution de noter dans quel ordre les corps sont rangés, pour pouvoir les reconnaître à l'avenir. Moi je vais à la cathédrale avec d'autres personnes pour enterrer les évêques. Il fait déjà nuit et on termine l'enterrement à la bougie, avec, à l'extérieur de la cathédrale, on concert de rugissement de mitraillettes. Des journalistes anglophones passeront mais feront semblant de n'avoir rien remarqué, sauf un qui posera deux ou trois questions à la dérobée. Encore une fois, à Kabgayi comme à Gakurazo, les militaires aident à combler les fosses.

Quand nous rentrons à Byimana, quelle ne fut pas notre surprise de remarquer qu'on a démoli toutes les portes de la paroisse, que nos affaires ont été volées, et que le reste est dispersé par terre. Pourtant des militaires avaient reçu l'ordre de garder la paroisse. Mais cela n'est rien.

Vers 2h du matin (c'est l'heure des exécutions chez le F.P.R.), un groupe de militaires nous terrorise. Il a pour chef KAMARAMAZA (nom de guerre comme il est de coutume chez le F.P.R.). Deux prêtres les accompagnent (Alexandre NGEZE qui est décédé au Bugesera début juillet, et un deuxième dont je dirai le nom en cas de besoin); visiblement, ces deux-là ne se doutent pas qu'une exécution est dans l'air. On me demande de suivre la troupe. Je passe ma soutane par dessus le pyjama et on me fait une place dans la cabine de la camionnette. On file sur Gakurazo. Le chef «afandi» va en conciliabule à l'intérieur avec ses homologues ou ses supérieurs encore sur les lieux. Quand il revient, il me dit qu'il me ramène à la paroisse. C'est par après que j'ai su avec certitude le danger que j'avais pressenti, que j'ai couru cette nuit-là, et même tout le temps que je suis resté au Rwanda: comment se fait-il que je sois encore en vie, alors que tous les chefs de communautés de Kabgayi ont été tués avec les trois évêques, sauf moi? Comment rester en vie encore après ce que j'ai dit à la messe des funérailles?

C'est le lendemain qu'un journaliste de Radio-Muhabura (du F.P.R.) est venu prendre des notes. On lui a donné tous les noms des victimes, mais il s'obstinait à demander pourquoi on ne dirait pas que le Frère NSINGA est dixième prêtre assassiné! Il semble que les membres du F.P.R. de parenté proche avec NSINGA (ceux de la famille GASABWOYA d'ailleurs aussi) avaient protesté contre son assassinat. On connaît la version qui a été lue à Radio-Muhabura. Ils ont faussé les dates en disant que l'assassinat avait eu lieu «hier», c'est-à-dire le mardi 7 juin; on n'a jamais donné le nom du Frère NSINGA, mais on a donné plutôt...le mien!

Vénuste LINGUYENEZA

 

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